L'oeuvre Lipsynch de Robert Lepage en vedette au Festival Trans-Amériques

Catégories:

L'oeuvre Lipsynch de Robert Lepage en vedette au Festival Trans-Amériques de Montréal en juin 2007. Cette pièce de neuf heures compte neuf interprètes qui ont chacun une histoire différente. La première a lieu à Newcastle en Angleterre le 3 février.

Le FESTIVAL TRANSAMÉRIQUES présente, en grande première nord-américaine, la toute nouvelle création de Robert Lepage et Ex Machina, Lipsynch. Fabuleux soap-opera, qui flirte autant avec la saga romanesque qu’avec la pensée du physicien Stephen Hawking, Lipsynch propose, à travers les infortunes de personnages réunis par le hasard et les probabilités, toute une série de destins croisés, de voies et de vies superposées, rien de moins qu’un état du monde avec ses absences et ses trous noirs. Après Les Sept Branches de la rivière Ota et tant d’autres œuvres monumentales, le magicien Robert Lepage dirige une œuvre autour du thème de la voix humaine qui porte le théâtre à l’acmé de ses possibilités narratives. Cette coproduction du FESTIVAL TRANSAMÉRIQUES investira la Salle Pierre-Mercure, les 1er, 2, 3 et 5, 6, 7 juin.

LA VOIX HUMAINE – Nous gardons trace de la voix de Garbo, de celle de Caruso. Nous réécoutons jusqu’à plus soif la voix des chanteurs qui nous fait vibrer et nous enchante. Pourtant, qu’en est-il de la voix de nos parents, dont il ne nous reste plus que des photos muettes? Celle-ci semble à jamais tombée dans l’abîme du souvenir. Nous sommes tous en quête de ces voix susceptibles de nous nommer. Voilà ce dont parle Lipsynch : des chemins et des accents que l’on prend jusqu’à enfin trouver sa langue propre, du laborieux et difficile accès à sa propre voix / voie, dans un univers où prédomine le faux, où les acteurs sont postsynchronisés, où les sentiments sont masqués, où les destins dévient sans cesse de leur route. Participent au spectacle, des concepteurs et collaborateurs de diverses origines auxquels Robert Lepage reste fidèle, du Torontois polyglotte Rick Miller à la grande soprano américaine Rebecca Blankenship avec qui il a souvent travaillé à l’opéra et au théâtre.

LA SAGA DES ORPHELINS – Dans Lipsynch, neuf histoires s’enchaînent, neuf vies s’entrecroisent et se superposent, les règles de la chronologie sont abolies et s’entre-choquent ainsi les micro-fictions: une jeune Nicaraguayenne que la tension artérielle devrait tenir loin des avions et qui pourtant s’embarque, son enfant dans les bras, un artiste aux origines incertaines qui part étudier le cinéma à L. A. et tourne une histoire romancée autour de sa mère biologique, une chanteuse allemande qui réalise son désir d’être mère, une Québécoise qui souhaite redonner une voix aux images de son père captées alors qu’elle était enfant... Autant de solitudes à la recherche d’un temps perdu.

UNE GÉOMÉTRIE DES MIRACLES – Fruit d’un travail collectif d’écriture, Lipsynch se déploie tel un chatoyant cube de Rubik qui multiplie ses facettes de diverses couleurs, donnant l’impression qu’il ne saurait être reconstitué parfaitement, et qu’il laissera toujours éclore de nouvelles perspectives. Quatre cadres métalliques suffisent à transporter le spectateur d’un tableau à l’autre. Ceux-ci s’orchestrent et se conjuguent en français, en anglais, en allemand, en espagnol et en polonais, constituant ainsi un brassage des langues, un mixage des accents et des pistes, une brillante construction, qui montre bien à quel point l’impur est la règle et le mélange, le trait essentiel de notre temps.

ROBERT LEPAGE ET EX MACHINA – Metteur en scène, scénographe, auteur d’œuvres titanesques, acteur et réalisateur de renommée internationale, Robert Lepage signe et porte à la scène des œuvres qui renversent les codes de réalisation scénique classique. Depuis sa première œuvre – Circulations – en 1984, son nom est devenu synonyme d’inventivité, de brillantes trouvailles scénographiques et technologiques, d’œuvres multilingues et multimédias qui superposent les lieux et les époques dans une quête identitaire. La Trilogie des dragons, Les Plaques tectoniques, le Cycle Shakespeare, Les Sept Branches de la rivière Ota et La Face cachée de la lune, pour nommer que celles-là, sont autant d’œuvres présentées au Festival de théâtre des Amériques (FTA).

Premier Nord-Américain à diriger une pièce de Shakespeare au Royal National Theatre de Londres avec A Midsummer Night’s Dream (1992), il établit par la suite des associations avec, entre autres, le Royal Opera de Londres, l’Opéra Bastille de Paris, le chanteur Peter Gabriel, le Cirque du Soleil et, bientôt, avec le Metropolitan Opera de New York pour la Tétralogie de Wagner. Au cinéma, son premier long-métrage Le Confessionnal, est projeté en 1995 à la Quinzaine des réalisateurs du Festival de Cannes. Il sera suivi de Le Polygraphe (1996), Nô (1998), Possible Worlds (2000) et enfin, La Face cachée de la lune (2003).

Fervent de la création collective et du «work in progress», Robert Lepage privilégie l’improvisation, les découvertes intuitives et l’interdisciplinarité. Grâce à son approche unique et à un travail qui transcende les frontières, il est aujourd’hui l’un des artistes parmi les plus sollicités au monde.

Vaste entreprise de théâtralisation de la voix humaine, Lipsynch s’inscrit dans une recherche que la compagnie Ex Machina poursuit depuis une dizaine d’années, en parallèle à l’exploration des technologies de l’image, et qui concerne l’univers sonore et la musicalité.

Lipsynch

Mise en scène : Robert Lepage; Texte : Carlos Belda, Rebecca Blankenship, Lise Castonguay, John Cobb, Nuria Garcia, Marie Gignac, Sarah Kemp, Robert Lepage, Rick Miller, Hans Piesbergen; Distribution : Frédérike Bédard, Carlos Belda, Rebecca Blankenship, Lise Castonguay, John Cobb, Nuria Garcia, Sarah Kemp, Rick Miller, Hans Piesbergen; Assistance à la mise en scène : Félix Dagenais; Scénographie : Jean Hazel; Lumières : Étienne Boucher; Conception sonore : Jean-Sébastien Côté; Costumes : Yasmina Giguère; Accessoires : Virginie Leclerc; Réalisation des images : Jacques Collin; Direction de production et de tournée : Louise Roussel; Direction technique : Paul Bourque

Production : EX MACHINA (QUÉBEC)
Coproduction : CABILDO INSULAR DE TENERIFE, FESTIVAL TRANSAMÉRIQUES

1er, 2, 3, 5, 6, 7 juin 2007 à Salle Pierre-Mercure // Centre Pierre-Péladeau (Montréal)

Partager

Facebook icon
Twitter icon
Google icon

Ajouter un commentaire