Live report: Esie à Paris la nuit‏

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Muntz Termunch bosse sur une série de live reports, en mode gonzo, qui pourront offrir une vision de la nuit et la culture parisienne.

Voici le premier qui concerne une chanteuse japonaise nomée Esie de nombreuses photos sur son site myspace www.myspace.com/a_xs (page deux des photos)

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ESIE GODDESS IN THE DARKNESS

Y'avait quelque chose qui foirait, on avait dépassée la zone de fret
ses hangars miteux et ses engins couverts de poussière de ciment. Sous
les arcades du pont devant nous, le soleil pénétrait la seine comme une
boule de geisha. On s'est bientôt retrouvé au milieu d'une bande de types
qui semblaient tous homosexuels. Une demie heure qu'on avait passé le
Bateau Phare et la Dame de Canton. Péniches pleines de vie, de couleurs et
aux allures mystérieuses.

On à quand même fini par trouver cette putain de péniche. Oubliés les
efforts et engueulades pour trouver le chemin. Trônant comme une déesse
dans les ténèbres, ESIE, domine la salle. Un portable pour tout
orchestre, elle va se livrer à une prestation déchirante de rage et
d'émotion. Ceux qui se sont arrêtés à son envoutante beauté et sa
tenue minimaliste en seront pour leur frais. La dame a des choses à dire,
et elle les dits sans fards. En rupture totale avec l'image de la femme
Japonaise soumise et effacée, l'ancien modèle va s'engager dans une
lutte avec ses démons et ceux de toute une société au format bien trop
policé. Pas de temps morts. La musique éléctro hardcore balance des
vibrations qui, mêlées à la voix déchirée, au bord de la rupture,
d'Esie prennent l'auditoire comme un shibari. Un regard autour d'elle, un
demi sourire, avant de repartir de plus belle. Elle à quelque chose de
Nina Hagen et de Kellis ( i hate u so much) dans la voix. Les morceaux se
succèdent sans que jamais l'intensité ne baisse. Au contraire elle se
libère peu a peu, se laisse posséder par les morceaux qu'elle
interprété comme des exutoires..

Même des titres comme le très intimiste et « Bjorkien » « -i
will not sing in the rain » deviennent oppressants. La Belle devient
bête, se contorsionne et se livre encore un peu plus sur « -under my
skin ». les influences indus se retrouvent dans la voix comme dans les
rythmes. Elle réussit a faire oublier ce qui entoure la scène, elle fait
oublier sa beauté, elle n'est plus qu'un instrument vibrant de tout son
être.

Comme possédée elle va pousser la prestation à une violence
paroxysmique. Quelles blessures ont bien pu provoquer une telle rage? Le
dernier morceau s'arrête. Elle sourit comme si elle venait de se
réveiller. Douce et terriblement sensuelle. 20 ans et tellement femme.
Un dernier « -merci Paris » et rideau.

Quelqu'un a eut la bonne idée d'apporter des litres de saké. J'en ai
bien besoin. Il est tiède âpre mais savoureux. Et surtout , il fait effet
très vite.

Un type avec un masque de zombie hindou et des lunettes de soleil traverse
la salle et d'un bond s'installe sur scène. Il saute en l'air comme un
tennisman, droit dans son costume sortit des eighties et sa chemise
fuschia du plus bel effet. Le beat bien que répétitif est bon, d'après
ce que j'ai pu comprendre la chanson doit s'appeler « -sucez-vous. ».
un grand morceau de poésie, la provoc presque marrante, mais depuis le
Cabaret Voltaire, et probablement depuis les bouffons de Calligula, on en
avait fait le tour et, malgré l'énergie déployée, le truc manque du
piquant que le gars avait voulu lui donner.

Et puis petit à petit, le son kraftwerkien modernisé comme seul un
membre de la french touch peux le faire commence à faire son effet. Effet
paradoxal s'il en est quand on sait que la DJ nippone TOMOMIX est aux
commandes pour mixer. Intéressant de voir cette adorable fille en kimono
jaune bombarder la salle d'un beat dont l'entrainante agressivité est
tout sauf kawai. À mi chemin entre le monde parallèle et le
soixante-sixième degré, XERAX impose son style, style déroutant, voir
même parfois énervant, mais qui n'en demeurent pas moins efficace. Les
têtes commencent a osciller les pieds à battre le parquet de la péniche
boer 2. Ce fantomas electro passe à la vitesse supérieure, essayant
d'entrainer un public qui le regarde comme il regarderait Ravi Shankar ou
un pigeon rose. Paris boboland, ville sclérosée par la convention, ou
la bonne table est celle au milieu du résto, celle ou tout le monde peux
vous voir samedi soir. Le contenu de l'assiette devenant aussi superficiel
que les conversations prés de la machine à café. Qu'importe le duo
poursuivra son combat. Et somme toute avec panache.²

On aurait pas du boire autant de saké. On a encore du se gourer de trajet
et on viens de passer la zone de fret, au loin des silhouettes revêtues
de cuir et aux moustaches luisantes sous la lune nous regardent
bizarrement.

www.myspace.com/esiemusic

www.myspace.com/xerak1

www.myspace.com/tomomix_kawaiibbqcrew

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