L'interdiction d'un rave provoque une émeute en France

Des affrontements se sont poursuivis toute la nuit de samedi à dimanche dans le centre-ville historique de Rennes en France entre les forces de l'ordre et des centaines de jeunes qui protestaient contre l'interdiction par la préfecture d'une rave-party en marge du festival rock des Transmusicales.
A l'issue de ces heurts, 31 manifestants ont été interpellés et deux personnes ont été légèrement blessées parmi les forces de l'ordre, a indiqué dimanche la préfecture, qui ne signale parmi les manifestants que des évacuations sanitaires liées au froid et l'alcoolisation "massive".
Après des échanges réguliers de gaz lacrymogène et de projectiles divers dans plusieurs endroits du centre-ville au courant de la nuit, les derniers "teufeurs" récalcitrants ont été évacués au moyen d'un canon à eau au petit matin aux abords de la place Sainte-Anne, le quartier festif de la capitale bretonne, au coeur de la vieille ville.
Dimanche, plusieurs rues rennaises, jonchées de poubelles brûlées et de débris, présentaient un visage fortement dégradé. Une dizaine de vitrines ont été brisées, des pavés ont été descellés pour servir de projectile et au moins quatre véhicules privés ont été dégradés.
Plusieurs centaines de "teufeurs" s'étaient rassemblés samedi après-midi à l'appel du "Collectif contre les violences policières" et de "Korn'g Heol", collectif de sound-systems techno de Bretagne et de l'ouest de la France.
Au cri de "On veut un terrain!", les manifestants dénonçaient l'interdiction par la préfecture d'une rave qui attire annuellement plusieurs milliers de "teufeurs" en marge du festival des Transmusicales de Rennes. Le rassemblement, qui devait drainer plusieurs milliers d'amateurs de techno, a été interdit mardi par le préfet de région Bernadette Malgorn, ses services estimant que "la sécurité des personnes ne pourrait être assurée".
Lors d'une conférence de presse tenue dimanche, Mme Malgorn a rejeté la responsabilité des événements de la nuit sur les organisateurs qui d'après elle n'auraient pas apporté le "minimum d'engagement" pour accueillir "entre 10 000 et 15 000" ravers. "On aurait eu plusieurs milliers de ravers qui se seraient concentrés sur l'agglomération rennaise, ce qui aurait été encore plus difficile à gérer".
La polémique a rebondi dimanche en cours de journée avec le maire (PS) de la ville, Edmond Hervé, qui avait accepté de mettre un terrain à disposition des organisateurs. Il a déclaré que "l'interdiction de la rave-party a été une erreur, nous en avons subi les conséquences".

Partager

Facebook icon
Twitter icon
Instagram icon