Libération conditionnelle à la mi-octobre pour Bertrand Cantat de Noir Désir

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Le parquet de Toulouse a déclaré jeudi devant un juge d'application des peines qu'il ne s'opposait pas à la libération de Bertrand Cantat, le chanteur du groupe de rock Noir Désir, à condition qu'il ne fasse aucune déclaration sur son affaire pendant un an, a annoncé le procureur de Toulouse. La date fixée sera la mi-octobre, selon l'AFP.

L'artiste est écroué depuis quatre ans. Il a été condamné en mars 2004 à huit ans de prison en Lituanie pour avoir provoqué la mort de sa compagne Marie Trintignant, lors d'une dispute dans une chambre d'hôtel, le 27 juillet 2003 à Vilnius.

Après l'audience qui s'est tenue à huis clos dans la prison de Muret, près de Toulouse, le juge d'application des peines Philippe Laflaquière a mis sa décision en délibéré au 15 octobre.

« Le parquet de Toulouse a décidé au cours de cette audience de ne pas s'opposer à une éventuelle libération conditionnelle, mais nous avons assorti cet accord de deux demandes particulières », a dit à Reuters le procureur Paul Michel.

Le parquet souhaite qu'il se plie à des mesures de contrôle et d'assistance psychologique un an après son éventuelle libération et qu'il s'abstienne "de toute prise de position publique et de toute publication audiovisuelle ou écrite en relation avec les faits".

« Madame le procureur ne s'oppose pas à sa libération, et de même le directeur régional de l'administration pénitentiaire et les psychiatres ont estimé qu'il n'était pas nécessaire de prolonger sa détention », a dit Me Olivier Metzner, avocat du chanteur, aux journalistes.

Il précise que son client est non seulement prêt à se soumettre à une assistance psychologique, mais qu'il demande cette aide de longue date.

La mère de la victime, Nadine Tritignant, qui n'a pas juridiquement la possibilité d'être représentée à l'audience, a écrit au président de la République et au parquet de Toulouse pour s'opposer à la libération de Bertrand Cantat.

Elle estime qu'il s'agirait d'un signal négatif donné en matière de violences faites aux femmes.

Détenu modèle

D'abord écroué à Vilnius, Bertrand Cantat avait été transféré le 30 septembre 2004 à la maison d'arrêt de Muret, au sud de Toulouse, pour y purger le reste de sa peine, conformément à un accord entre les deux pays.

Ecroué sous le matricule 8274 dans l'aile "H" de ce bâtiment réservé aux détenus sans problèmes, considéré depuis comme "détenu modèle", par l'administration pénitentiaire, Bertrand Cantat, arrivé à mi-peine, est éligible depuis quelques semaines au bénéfice d'une mesure de libération conditionnelle.

Olivier Metzner s'est refusé à faire tout pronostic sur la décision du juge tout en précisant : « mon client présente toutes les garanties pour pouvoir bénéficier d'une telle mesure. Il a payé sa dette et de toute façon, il continuera de la payer toute sa vie ».

Marie Trintignant est morte à 41 ans, le 1er août 2003, dans une clinique près de Paris, des suites de coups portés par son ami à Vilnius, où elle tournait un téléfilm sur l'écrivain Colette.

Bertrand Cantat a indemnisé deux des quatre enfants de Marie Trintigant, ainsi que l'assureur de la maison de production du téléfilm que la comédienne tournait au moment de sa mort. Selon Me Metzner, il ne reste aucun litige financier en cours, ce qui est important pour la demande de libération, toujours soumise à l'indemnisation complète des victimes.

Ces indemnisations ont été en partie financées par les recettes des ventes d'un album live compilé avec d'anciens enregistrements et mis au point par les membres du groupe avec Bertrand Cantat, en détention.

L'entourage de Bertrand Cantat a démenti cette semaine des informations de presse qui affirmaient que le chanteur avait déjà signé des engagements pour de nouveaux enregistrements du groupe-phare de la scène française des années 80 et 90.

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