L'exposition « Fabergé, joaillier des Tsars » en exclusivité canadienne au MBAM‏

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Le Musée des beaux‐arts de Montréal (MBAM) présente, en exclusivité canadienne, la plus prestigieuse collection Fabergé à l’extérieur de la Russie en provenance du Musée des beaux‐arts de Richmond, à l’occasion de l’exposition Fabergé, joaillier des Tsars, qui se tiendra du 14  juin au 5 octobre 2014. Le nom de Carl Fabergé (1846‐1920), joaillier russe à l’origine des objets précieux destinés aux tsars Alexandre III et Nicolas II, est devenu synonyme de raffinement artisanal dans la  joaillerie de luxe. Celui de sa Maison est aussi associé aux derniers jours de la famille impériale russe et à un chapitre tragique du début du XXe siècle. Parmi les 240 objets de cette exceptionnelle collection présentée au Musée figurent 4 des plus fameux œufs de Pâques impériaux sur les 42 œufs restants commandés par les Romanov.  L’exposition présentera en outre un riche appareil documentaire sur l’histoire des traditions de la Russie orthodoxe, les techniques de la Maison Fabergé et ses faussaires et enfin, la chute du régime tsariste qui entrainera celle du joailler. Les cadres émaillés, les bijoux en or  incrustés de pierres précieuses, le bestiaire miniature en pierre dure, les vases de fleurs en cristal de roche, l’argenterie et les icônes illustrent dans cette exposition l’art de vivre raffinés au temps des tsars.    

Dr. Géza von Habsburg, directeur de la conservation de la compagnie Fabergé basée à Londres indique : « Avec ses 5 oeufs impériaux, la collection du Musée de Richmond en Virginie est la plus importante dans  son genre en dehors de Russie. Ses œufs, dont 4 ont fait le déplacement à Montréal, sont parmi les chefs  d'œuvres absolus crées par Fabergé, qui est, d'après des connaisseurs, le plus célèbre orfèvre du monde.  Parmi les chefs d'œuvres du musée se trouve un petit portrait en pierres dures d'un marin du yacht  impérial "Tsarnitsa", un cadre rarissime en forme de colonne avec le portrait de Nicolas II et un autre en forme d'étoile avec un portrait de la Grande Duchesse Tatiana, deuxième fille du denier tsar, qui pourrait  bien être le seul triste vestige du meurtre de toute la famille impériale à Ekatarinburg en 1918. Aucune de ces pièces n'a jamais quitté le sol américain.» Nathalie Bondil, directrice et conservatrice en chef du MBAM, ajoute : « Cette première importante exposition sur Fabergé au Canada offre une opportunité de découvrir l’excellence des arts décoratifs de  la Maison Fabergé dont le destin est tragiquement lié à l’histoire et à la chute de la Maison impériale russe en 1917. La force de symbole et le savoir‐faire du joailler n’a cessé de fasciner, depuis les princesses dollars hier jusqu’aux nouveaux tsars d’aujourd’hui qui le collectionnent. En invitant le designer Hubert Le Gall et en articulant le parcours thématique et poétique autour des quatre œufs impériaux emblématiques, nous avons imaginé un parcours au carrefour de la petite histoire des arts  décoratifs, ses artisans et ses techniques, avec la grande histoire de la Russie impériale, des traditions  orthodoxes médiévales jusqu’à l’avènement et la chute des Romanov.  »  
Alex Nyerges, directeur général du Virginia Museum of Fine Arts (VMFA), conclue : « Nous sommes enchantés de présenter notre collection d’envergure internationale au Musée des beaux‐arts de Montréal. C’est l’une de nos nombreuses collaborations avec le MBAM – incluant les expositions avant‐ gardistes sur le travail de Louis Comfort Tiffany et de Tom Wesselmann. Nous partageons les mêmes  valeurs  essentielles, plus particulièrement l’importance d’amener à nos villes et nos communautés respectives un art international remarquable. » 
 
Un parcours de l’exposition articulé autour des œufs impériaux  

Véritables prouesses d’art et d’artisanat, exécutés dans des métaux nobles et sertis de pierres précieuses, les œufs impériaux de Fabergé marquent l’imaginaire du grand public. Sublimement  ouvragés et décelant une surprise à l’intérieur de chacun, ils ont été créés dans leur grande majorité pour les tsars de Russie, qui en faisaient cadeau à leurs proches à l’occasion de Pâques. Quarante‐deux subsistent seulement.    Diane Charbonneau, conservatrice du design au MBAM, souligne : « L’exposition débute avec la mise en  contexte de ces œufs précieux – cadeaux de famille et symboles personnels d’affection –  au sein de la  tradition de la pâque orthodoxe. Le parcours se prolonge sous la thématique de la culture traditionnelle  de Russie impériale. Certains objets marquent un retour aux sources d’ordre typologique, (traditionnel  kovsh ou récipient à boire) ; esthétique avec le recours à l’émail cloisonné polychrome ; iconographique  avec le folklore russe ou d’illustres personnages historiques, comme Catherine la Grande. »    

Sylvain Cordier, conservateur des arts décoratifs anciens au MBAM, poursuit : « Nous évoquons ensuite  le processus de fabrication et de commercialisation des objets Fabergé : le rôle des différents ateliers, la  variété de styles et de matériaux précieux et semi‐précieux mis en valeur, le goût de la clientèle, incluant même des fauxbergé. L’ultime section de l’exposition s’intéresse à l’histoire des derniers  Romanov depuis le couronnement de Nicolas II en 1896, la place des œuvres Fabergé dans le quotidien de la famille impériale jusqu’à leur massacre par les révolutionnaires, en 1917. »   

Pour accompagner les quatre œufs de paques impériaux, le MBAM a le plaisir de présenter l’impressionnant kovsch aux chevaliers, chef d’œuvre d’argenterie ou l’objet se mue en une fracassante chevauchée médiévale commémorant  le culte des origines de la nation russe. L’exposition donne l’occasion de comprendre l’extraordinaire dextérité des artisans de la maison dans le travail des  matériaux précieux, semi‐précieux et de l’email. Elle montre une riche sélection d’objets en cristal de roche taillé (notamment un exceptionnel globe terrestre en miniature) en pierres dures (néphrite, bowénite, lapis-lazuli), dont les exemples les plus frappants sont la charmante ménagerie multicolore  réunissant des oiseaux et de petits chiens, mais aussi le solennelle figure en miniature d’un marin du  yacht princier la Zarnitsa, en agate, lapis‐lazuli et aventurine.    

L’exposition donne en outre toute la mesure du talent de Fabergé pour les décors en email, un aspect majeur de sa  production : émaux cloisonnés dans la tradition des décors russes pour les décors de coupes et  d’objets du folklore slave, ou émaux guillochés, dans une tradition plus occidentale pour l’ornementation de boites à cigarettes, cadres de photographies, pommeaux de cannes.    

Enfin, elle illustre la relation particulière entre la famille Romanov et la Maison Fabergé en montrant combien, outre les traditionnels œufs impériaux, les petits objets d’art sortis des ateliers de  Saint‐ Pétersbourg accompagnèrent la vie officielle (notamment à travers la remise des cadeaux officiels) et la vie intime des  princes de la famille. Un objet exceptionnel à cet égard est sans doute le cadre de photographie en étoile à six branches, en email guilloché blanc et jaune, renfermant le portrait de l’une  des filles du tsar, la grande duchesse Tatiana. Commandé par le Nicolas II et son épouse en 1896, il fut  retrouvé parmi les biens de la famille dans la maison ou le tsar et les siens périrent assassinés en juillet 1818.   

Carl Fabergé, l’histoire tragique d’un joaillier hors pair  

Issu d’une famille huguenote ayant fui la France de Louis XIV pour la Russie, homme à l’imagination foisonnante, au talent protéiforme et à l’instinct aiguisé d’entrepreneur, Carl Fabergé (1846‐1920)  devient joaillier et orfèvre de la cour impériale de Russie, créant à son intention une multitude de bijoux et d’objets exquis, dont la légendaire série des opulents et ingénieux œufs impériaux. Sa réputation  internationale lui attire bientôt la clientèle des familles royales, des nobles, des magnats et de l’élite  artistique de Paris, Moscou, Saint‐Pétersbourg et Londres.   

Pour comprendre l’aura de luxe et de raffinement qui entoure ces objets, il faut connaître l’éternelle  quête de perfection et les astucieuses stratégies commerciales de Fabergé. À l’ombre des élégants salons de la Maison, ceux de Moscou et de Saint‐Pétersbourg, des centaines d’orfèvres, émailleurs, sculpteurs  de pierres et lapidaires recrutés parmi les plus talentueux du pays s’affairaient en effet à créer des œuvres inédites d’une grande complexité, presque impossibles à imiter.  

Entre les mains des artisans de Fabergé, même les objets les plus usuels acquéraient ainsi une qualité esthétique inégalée. Et pour atteindre un tel niveau d’excellence, nul effort – financier, matériel ou humain – n’était épargné. Aucun événement digne d’être célébré par la famille impériale ne pouvait  donc se passer d’un bibelot, d’une bonbonnière ou d’un étui à cigarettes émaillé Fabergé, ce qui a fait de  la riche et puissante famille Romanov l’un des plus grands ambassadeurs de la marque.   
En 1917, la Révolution russe met brusquement fin au règne des Romanov, tout comme à la Maison  Fabergé. Les bolchéviques saisissent alors les ateliers et leurs richesses : la production cesse. Fabergé et  sa famille s’enfuient du pays. En 1951, une décision de justice prive la famille du droit de produire et de  commercialiser des objets sous la marque Fabergé.     
Icône du luxe et d’un savoir‐faire, le prestige de la Maison de cesse pourtant de grandir au XXe siècle avec notamment l’ouverture en novembre 2013 d’un important Musée Fabergé à Saint‐Pétersbourg dans le  palais Chouvalov par un magnat russe qui a racheté la collection Forbes entre autres.    

Une scénographie signée Hubert Le Gall 

Né en 1961, Hubert Le Gall est un designer français, créateur et sculpteur d'art contemporain, de notoriété internationale. Passionné par l'art décoratif, il crée aussi des meubles, des tapis, des luminaires  et autres objets décoratifs, en pièce unique ou en série limitée. Son mobilier est hybride : ni vraiment œuvre d'art ni objet strictement utilitaire, il tient des deux registres à la fois. Jouant sur les contrastes, Le  Gall marie avec habileté des matériaux divers : résine, bois, bronze.    De nombreuses pièces ont été achetées par le Musée des Arts Décoratifs de Lille Roubaix et le MBAM,  notamment sa  Commode « Anthémis » (1999). Récemment, il a été invité par la Maison Odiot, à Paris, et a créé les intérieurs pour Christian Dior. Il a signé de nombreuses scénographies d'expositions dont  Mélancolie (2005), Design ‐ Contre Design (2007) et Monet (2010) aux Galeries nationales du Grand  Palais ainsi que Masculin‐Masculin au Musée d’Orsay (2013).   

Le MBAM avait déjà invité Hubert Le Gall pour les scénographies de ses expositions dédiées à Édouard  Vuillard (2003) puis à Tiffany (2008‐2009). Pour cette exposition, la scénographie d’Hubert Legall est  placée sous la direction de Sandra Gagné, chef de la production des expositions du MBAM.   

Une recherche scientifique sous la direction du Dr. Géza von Habsburg  

Référence incontournable et de notoriété mondiale dans l’étude de Fabergé, le Dr. Géza von Habsburg a dirigé l’étude et l’importante publication scientifique qui accompagne la collection de Richmond.  D’origine hongroise, il est directeur de la conservation de la compagnie Fabergé basée à Londres, auteur  de nombreux ouvrages sur le joaillier.   

Fabergé revealed at the Virginia Museum of Fine Arts est un important catalogue qui présente la collection exhaustive de Richmond sur 422 pages avec quelques 600 photographies. Outre les notices  d’œuvres de Fabergé, des faux et autres arts décoratifs russes contemporains, les essais de spécialistes  apportent de nouvelles informations sur Fabergé, ses techniques et ses créations. Coédité en 2011 par le  Virginia Museum of Fine Arts et Skira Rizzoli Publications, New York, en anglais. 

À l’occasion de cette exposition, le MBAM publie en collaboration avec le magazine français L’Objet d’Art  un hors‐série sur l’exposition avec les principales œuvres de la collection et une entrevue du Dr. Geza  von Habsburg. Il inclue aussi une histoire de la Maison Fabergé, avec tous les œufs impériaux illustrés,  ainsi  que  l’actualité  et  la  symbolique  de  Fabergé  aujourd’hui.  Composé  de  96  pages  et  de  120  illustrations, il est disponible en français et en anglais.    Des visites guidées gratuites et un audioguide payant en français et en anglais sont aussi proposés au  public dans le cadre de Fabergé, joaillier des Tsars.  

Crédits de l’exposition 

L’exposition est produite par le Virginia Museum of Fine Arts, Richmond, en collaboration avec le MBAM.   À  Montréal,  l’exposition  est  conçue  par  Diane  Charbonneau  et  Sylvain  Cordier  sous  la  direction  de Nathalie Bondil. La collection a été dévoilée au Virginia Museum of Fine Arts en 2011, puis mise en  tournée par son directeur Alex Nyerges au Detroit Institute of Arts et au Peabody Essex Museum de  Salem en 2013, avec le soutien de Robin Nicholson, directeur adjoint à l’art et à l’éducation au VMFA et  de Barry Shifman, Sydney and Frances Lewis Family Curator of Decorative Arts 1890 to the Present.