Les sorties de disque de la semaine

Voici une sélection de disques sortis cette semaine:
Red Hot Chili Peppers: "Stadium Arcadium" (Warner). Le quatuor composé du chanteur Anthony Kiedis, du bassiste Michael "Flea" Balzary, du guitariste John Frusciante et du batteur Chad Smith fait un joli retour avec 28 chansons réparties sur un double album, leur neuvième production. Toutes les chansons ont été enregistrées avec le producteur Rick Rubin dans la même maison de Hollywood Hills où avait été réalisé l'album "Blood, Sugar, Sex, Magik" sorti en 1991, l'un de leurs plus gros succès à ce jour. La recette fonctionne encore, même si ce double CD est inégal, ce qui est d'ailleurs souvent le cas dans ce genre d'exercice. Il contient des titres efficaces, des tubes en puissance tel le premier single "Dani California" ou encore "Stadium Arcadium", "Hump de Bump" et "21st Century".
On retrouve avec plaisir les solos inspirés du guitariste John Frusciante. Les fans apprécieront ce retour aux sources. Ceux, moins férus qui avaient craqué sur le très commercial "By The Way" paru en 2002, seront séduits par le savoir-faire mélodique des Américains qui maîtrisent parfaitement l'art du refrain entêtant. Une formule qui a déjà permis aux Red Hot Chili Peppers de vendre au total plus de 50 millions d'albums. "Stadium Arcadium" est également disponible en édition limitée dans un boîtier noir réunissant les 28 chansons sur deux CD et un DVD incluant la vidéo de "Dani California", des images du "making of" de cette vidéo ainsi qu'une interview du groupe d'une heure, un livret de 28 pages et la pochette originale réalisée par le groupe.
Neil Young: "Living With War" (Warner). Neil Young a enregistré ce nouvel opus en quatre jours avec Rick Rosas (basse) et Chad Cromwell (batterie) avec lesquels il avait déjà enregistré les albums "Eldorado" et "Freedom" en 1989 qui avaient relancé sa carrière après un passage à vide dans les années 80. On y retrouve aussi une chorale gospel de cent voix. L'album est une très violente diatribe contre George W. Bush. "Let's Impeach the President" (destituons le Président), dit-il dans le premier single. Sur "Looking for a Leader", il souhaite que le prochain président soit une personnalité qui n'a rien à voir avec le système actuel. Il aimerait que ce soit une femme ou un Noir, plutôt jeunes. Neil Young repart en tournée cet été avec Crosby Stills et Nash. Ils promettent que les textes des chansons interprétées apparaîtront sur des écrans géants de chaque côté de la scène.
Dirty Pretty Things: "Waterloo To Anywhere" (Mercury). Après le premier opus des Babyshambles, emmené par Pete Doherty, passé quasiment inaperçu, voici celui de "l'autre moitié" de feu The Libertines, dirigé par Carl Barât. La déception est à la hauteur des espérances. Douze titres pour trente petites minutes seulement! Le groupe alterne des mélodies curieuses, voire boiteuses, sur des riffs de guitares nerveux et des textes touchants de Carl Barât comme ceux de "If You Love A Woman", "Bang Bang Your're Dead" ou "Doctors And Dealers".
Ariane Moffatt: "Le coeur dans la tête" (Labels). Elle fait partie de la nouvelle génération d'artistes québécois respectueux de la tradition qui n'hésitent pas pour autant à saupoudrer leurs chansons de rock et d'électronique s'inspirant pour ça bien souvent des sonorités anglophones. Le public a adhéré dès son premier album, "Aquanaute" (2002), vendu à plus de 100.000 exemplaires, ce qui est un excellent résultat au Canada. Un peu comme ce fut le cas en France, les professionnels l'ont plébiscitée. Elle a été récompensée par trois Félix (l'équivalent de nos Victoires de la Musique): révélation de l'année, album pop-rock de l'année et réalisation musicale de l'année. Matthieu Chedid a été l'un des tout premiers artistes français à apprécier le talent de la Québécoise qui a réenregistré, remixé (tout en gardant sa voix de départ) "La bonne étoile", une chanson extraite de "Qui de nous deux". On retrouve d'ailleurs M à la guitare sur deux titres du disque, dont "Le coeur dans la tête". Dans le très poétique "Se perdre", la chanteuse évoque des moments de confusion où elle aimerait être "un oiseau au fond de l'eau" ou "un poisson sur une branche". D'une chanson à l'autre, les ambiances musicales sont variées. On passe de l'électronique au reggae-dub, en passant par le swing, le jazz, parfois même par le rap. Un bon disque authentique, hétéroclite et plein d'originalité qui pourrait côtoyer en France ceux de Camille, Keren Ann ou d'Emilie Simon. Ariane Moffatt a beaucoup de talent. Le public avait pu s'en apercevoir à l'Olympia à Paris, en février dernier lorsqu'elle assurait la première partie d'Alain Souchon. Elle sera en résidence à l'Européen à Paris du 16 mai au 3 juin.
An Pierlé: "White Velvet" (Pias). Déjà remarquée après le très réussi "Helium Sunset" paru en 2003, la chanteuse belge originaire d'Anvers confirme avec un troisième opus qui s'inscrit dans la tradition pop-rock anglo-saxonne tout en s'égarant sur des chemins plus expérimentaux. On passe de ballades pop et sensuelles comme "I Love You" à des exercices de style plus difficiles d'accès tels "Not The End" qui rappelle un peu les ambiance si chères à Kate Bush. On retrouve l'artiste à la voix cristalline en duo sur "Closing Time" avec son compagnon Koen Gisen.
Sont aussi sortis cette semaine:

- Jolie Holland: "Springtime Can Kill You" (Pias). Deux ans après "Escondida" l'Américaine revient avec un troisième opus folk-rock qu'elle présentera à la Maroquinerie à Paris le 27 mai.

- Guillemots: "From The Cliffs" (Fantastic Plastic Records/Naïve). C'est le premier opus du groupe basé à Londres. La BBC l'a déjà placé dans son Top 5 des groupes à suivre en 2006. "Trains to Brazil" est le premier single. Guillemots se produira en concert le 12 juin à La Boule Noire à Paris.
Scott Walker: "The Drift" (Naïve). L'auteur de la bande originale de "Pola X" de Leos Carax présente son troisième album solo en trente ans. Il utilise des instruments traditionnels (guitares, cordes, basse, batterie, électronique) et d'autres beaucoup moins (des quartiers de viande transformés en percussions par exemple). La voix rauque reste au centre d'un disque pour le moins iconoclaste, étrange.
Les moines bouddhistes: "Sakya Tashi Ling" (Universal Music). Enregistré au sein du monastère pendant 10 heures de chant consécutives, ce disque réunit des "mantras" bouddhistes et des sonorités "pop" et contemporaines. L'album a été tout d'abord commercialisé en Espagne par le label Vale Music. Le premier single, "My Spirit Flies To You", a été classé N1 pendant plusieurs semaines.
Aussi: Padam: "T'es Belle" (Pias), Corinne Hermes: "Vrai" (EMI), Saule: "Vous êtes ici" (V2)
Source:AP

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