Les Reines, au TNM : immense, majestueuse et... hermétique

Catégories

Début de l'événement

Image

Du 16 novembre au 11 décembre, le TNM présente « Les Reines », pièce de Normand Chaurette, inspirée de Richard III, de Shakespeare, dont il est un fervent admirateur, spécialiste et même traducteur. La mise en scène, sobre et grandiose à la fois, est de Denis Marleau.

Disons-le tout de go : c'est pièce n'est pas à la portée de tous. Pour être comprise et appréciée, elle nécessite assurément une bonne préparation. Il faut déjà être au fait de l'histoire des rois d'Angleterre, à la fin du XV ème siècle ou connaître les pièces Henri VI et Richard III, de Shakespeare, desquelles elle est issue. On peut aussi s'y préparer en lisant l'imposant dossier de presse du TNM. Quoi qu'il en soit, on doit aussi être d'une disposition d'écoute parfaite, car on ne peut se permettre d'échapper aucune réplique, si l'on veut comprendre l'histoire. C'est qu'elle est complexe, cette histoire, et ses racines et ramifications sont profondes et multiples. Cette pièce, au faîte du raffinement, sera appréciée à sa juste valeur par les connaisseurs de l'Histoire et de Shakespeare.

La distribution regroupe les meilleures comédiennes du Québec. Il y a Sophie Cadieux, dans le rôle de Anne Warwick, Céline Bonnier (rôle : Isabelle Warwick), Kathleen Fortin (rôle : La reine Elizabeth), Monique Spaziani (Rôle : La reine Marguerite), Sylvie Léonard (rôle : La duchesse d'York), Marie-Pier Labrecque (rôle : Anne Dexter). Les costumes, aux coiffes flamboyantes, sont de Ginette Noiseux.

L'argument (Paul Lefebvre -textuellement repris du dossier de presse du TNM)

Argument : Londres, le 14 janvier 1483. Une prodigieuse tempête de neige engouffre la ville. Car la mort d’un roi secoue la nature entière et le roi Édouard IV agonise. Dissimulé à nos regards, le frère du roi, le monstrueux Richard, parcourt le palais pour éliminer ceux qui le séparent de la couronne: tout d’abord, son autre frère, George, ainsi que les deux bébés qu’Édouard vient d’avoir avec la reine Élisabeth. Alors que le pouvoir royal s’apprête à basculer, les femmes du château tentent d’assurer leur avenir. Or, ce jour-là, rien n’est certain. Le roi Édouard est-il mort ou non? Les assassins à la solde de Richard ont-ils réussi à noyer George dans un tonneau de vin de malvoisie? Richard a-t-il mis la main sur les Royal Babies? Profitant du flottement général, Élisabeth tente de protéger ses enfants et de transférer vers sa famille les richesses royales pendant qu’elle est encore reine. Isabelle Warwick, l’épouse de George, manœuvre pour que la couronne échoie à son mari et non au terrible Richard, auquel sa sœur, Anne Warwick, s’est perversement associée. Et il y a Marguerite, la terrible veuve du roi précédent, qui profère ses grandioses malédictions pour faire s’effondrer ce royaume qu’elle exècre. Les dominant toutes, la vieille duchesse d’York, mère d’Édouard, de George et de Richard, contemple ce monde crépusculaire, oubliant pourquoi George est muet depuis l’enfance et qui est cette Anne Dexter aux mains coupées. Il y a 30 ans déjà que Normand Chaurette a arraché ces six femmes au Richard III de Shakespeare et aux généalogies de la couronne anglaise pour les déployer dans d’âpres luttes savamment réglées par des protocoles énigmatiques. Exclues d’une histoire dont elles tentent de s’emparer, les reines n’ont que la parole, mais une parole d’une incomparable somptuosité, minutieusement élaborée pour cacher la dureté du monde afin de mieux la révéler. PAUL LEFEBVRE

Crédit photo : Yves Renaud

https://tnm.qc.ca/