«Les Quatre Saisons»: les Grands Ballets canadiens aux quatre vents

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Spectacle de danse «Les Quatre Saisons» aux Grands ballets canadiens

Au même moment où les salles se remplissent au fur et à mesure grâce à l’allègement des mesures sanitaires, les Grands Ballets canadiens continuent leur rentrer culturelle en proposant un programme triple intitulé Les Quatre Saisons.

Alors qu’Édouard Lock et Gaby Baars y présentent en première deux créations destinées au public des Grands Ballets, l’Italien Maura Bigonzetti est de retour avec ses Quatre Saisons pour présenter à nouveau son œuvre commandée par la compagnie montréalaise en 2007. Un programme 100% masculin… spécialement conçu pour notre métropole.

On commence avec un court métrage d’Édouard Lock réalisé en collaboration avec le Centre PHI, solo mettant à l’écran la première danseuse Rachele Buriassi, qui s’en suivra par une interprétation sur scène. Un miroir au sol, l’époustouflante danseuse avale l’espace de ses gestes amples et déliés, répétitifs et hypnotisant, au rythme de bruits et de sons bruts. Créée spécifiquement pour cette danseuse, Édouard Lock y dévoile une réflexion chorégraphique réalisée pendant la pandémie. On y reconnait la signature qui le suit depuis ses débuts à La La La Human Steps et le rendu sur scène vaut le détour. Un petit bémol par contre : la succession de la projection puis de l’interprétation sur scène rend le propos redondant et relativement long, sachant que la soirée se terminera après 22 h.

Après plusieurs applaudissements bien sentis, Gaby Baars présente sa première création de longue durée pour les Grands Ballets, Règle 26 ½. Ayant pour intention de dépeindre les «répétions inévitables du quotidien», on assiste à une série de tableaux d’une grande disparité. Disparité de costumes, de chorégraphies, de musiques : on ne sait plus où donner de la tête et se repérer dans ce labyrinthe aux multiples couleurs. L’introduction, dont les fuseaux de lumière détonnent avec une musique vocale épique ; l’homme au travail draguant cette jeune femme dans un étrange duo de séduction ; ce groupe d’hommes en habits, réalisant une chorégraphie digne du Club Med avec des sons de musique du monde : c’est à ni rien comprendre. Et pourtant, certains passages sont magiques. Les partitions entièrement féminines sont puissantes et les danseuses volent incontestablement la vedette. Dommage.

Passée l’entracte, Maura Bigonzetti présente Les Quatre Saisons en étant accompagné de l’Orchestre des Grands Ballets avec à sa tête Jean-Claude Picard. Vivaldi devient la pièce de résistance et sur scène, 33 danseurs et danseuses célèbrent l’amour sous toutes les coutures. Personnellement, Cantata (2001), œuvre du même chorégraphe présentée il y a plusieurs années par la compagnie montréalaise m’avait transporté. Avec Les Quatre Saisons, l’engouement est moindre et l’énergie sur scène est différente. L’orientation y est davantage classique même si de délicieux moments de folie viennent s’y glisser. L’accord musical et dansé est agréable et le portrait final est à la hauteur de cette soirée particulièrement chargée.

Les Quatre Saisons est présenté jusqu’au 23 octobre 2021 à la Place des arts de Montréal.

Pour plus de renseignements :
https://grandsballets.com/fr/spectacles/detail/les-quatre-saisons

Crédit photo : Robert Etcheverry