Les médias d'information perdent de l'audience aux Etats Unis

Télévisions, radios, journaux, sites d'information en ligne: tous, ou presque, perdent de l'audience, mais la situation de la presse aux Etats-Unis n'est pas désespérée, selon une étude américaine.

Les gens n'ont pas perdu leur intérêt pour l'information, mais la multiplicité des supports entraîne un éparpillement des audiences, constate Tom Rosenstiel, directeur du Projet pour l'excellence en journalisme (PEJ), un institut de recherche indépendant.

Le PEJ a rendu public en début de semaine son quatrième rapport annuel sur l'état des médias et du journalisme aux Etats-Unis. Les moyens d'obtenir de l'information sont de plus en plus nombreux, note M. Rosenstiel: presse écrite traditionnelle, télévisions par câble ou satellite, sites Internet d'information, blogues, téléphones portables, organisateurs personnels...

"Le problème est de capturer une audience qu'on peut convertir en argent pour financer la collecte de l'information", dit-il. Tous les médias enregistrent une baisse d'audience, note le rapport. "Même le nombre de personnes qui se connectent en ligne pour des informations, ou tout autre chose, a cessé de croître. Seule la presse ethnique" et communautaire est en hausse.

"Même la radio publique, qui a vu ses audiences exploser au cours de la dernière décennie, apparaît se stabiliser", tout comme les hebdomadaires traitant de sujets alternatifs, "récemment un secteur de croissance", selon le rapport. Quant aux journaux, leur tirage quotidien a baissé en 2006 de "près de 3 pour cent" en semaine et "près de 4 pour cent" pour les éditions du dimanche. Et les 50 plus importants journaux américains "continuent de souffrir plus encore".

Et si, par ailleurs, "les baladeurs numériques prolifèrent, les informations ne représentent qu'une petite partie de cet univers. Seulement 8 pour cent des possesseurs de baladeurs MP3 écoutent des bulletins d'information, tandis que 18,5 pour cent des propriétaires d'assistants numériques personnels obtiennent des informations avec leur appareil", explique l'étude du PEJ.

D'autre part, "le fait qu'il y ait plus de moyens pour obtenir des informations ne signifie pas généralement qu'un plus grand éventail de sujets soient traités".

En définitive, de nombreux organes de presse, "plutôt que de gérer le déclin", commencent plutôt à revoir leurs ambitions à la baisse et à adapter en conséquence leurs objectifs et contenus. Le PEJ ne pense pas que le "journalisme traditionnel soit devenu, comme certains le suggèrent, hors sujet".

Source: AP

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