Les médias américains couvrent moins de sujets, selon une étude

Les Américains peuvent avoir des informations dans des supports de plus en plus nombreux mais, paradoxalement, ils y trouvent des sujets moins variés relatés plus superficiellement, selon une étude américaine.
Selon le Projet pour l'excellence en journalisme, cette tendance se vérifie à la télévision, dans les journaux et sur Internet. Les médias câblés, par exemple, répètent à l'infini un nombre limité de sujets. En une journée, Google offre aux internautes un menu de 14.000 articles, mais qui couvrent seulement... 24 sujets.
Dans son rapport annuel sur les médias, le "Projet" (un groupe de chercheurs basé à Washington) explique aussi que ces derniers réagissent à la baisse des tirages ou de l'indice d'écoute en réduisant le nombre de journalistes. Toutefois, sur le plan national, ils trouvent nécessaire d'avoir une large couverture des sujets traités par les autres médias.
"On a l'illusion d'avoir plus d'informations", a déclaré Tom Rosenstiel, le responsable du rapport, "mais c'est en réalité beaucoup de répétition".
Les résultats de coupures budgétaires sont visibles, selon le rapport. Ainsi, il y a de moins en moins de journaux dans les grandes villes américaines. Le nombre des journalistes couvrant Philadelphie, par exemple, est passé de 500 en 1980 à environ 220 aujourd'hui.
Outre la circulation, la météo et les sports, la majeure partie des informations des télévisions locales concerne des faits divers, judiciaires en particulier, et des accidents. Les sujets sont rarement couverts de manière approfondie. Sur les radios qui donnent des informations, seul 14% du temps d'antenne est consacré aux reportages de journalistes sur le terrain, selon le rapport.
"La responsabilité incombe de plus en plus au consommateur de rechercher ce à quoi ils (les médias) devraient s'intéresser, plutôt que de rester passif et de dire: 'je regarderai CNN et cela me dira ce que je dois savoir'", a expliqué M. Rosenstiel.
Selon le "Projet", le nombre de consommateurs d'informations sur Internet a semblé se stabiliser en 2005, même si ces mêmes usagers semblent y avoir de plus en plus souvent recours.
Source: AP

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