Les Loco Locass, patriotes de l'année au Québec

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Le président général de la Société Saint-Jean-Baptiste de Montréal, Jean Dorion, a dévoilé en conférence de
presse cet après-midi l'identité des Patriotes de l'année 2007-2008. Il s'agit
des membres du groupe Loco Locass, Batlam, Biz et Chafiik.

Le titre est attribué par le Conseil général de la Société à chaque
année, vers novembre, pour rappeler la victoire remportée par les Patriotes
contre les troupes anglaises à Saint-Denis-sur-Richelieu le 23 novembre 1837.
Le titre, accompagné de la Médaille d'argent Bene Merenti de Patria de la
Société, reconnaît les mérites de personnes qui se sont distinguées dans la
lutte pour la reconnaissance des droits nationaux et des libertés
démocratiques du peuple québécois. Le pionnier indépendantiste Marcel Chaput
fut le premier récipiendaire, en 1975. Lui ont succédé, notamment,
Jean Duceppe, Camille Laurin, Jacques Parizeau, Louis Laberge, Serge Turgeon,
Paul Piché, Luck Mervil et Bernard Landry. Ce dernier, retenu à l'étranger, a
tenu à dire sa joie du choix de ses successeurs par un message vidéo.

On retrouve l'amour du français à la naissance du groupe. Les mots
servent la cause en donnant au militantisme une nouvelle forme. Au départ,
Loco Locass est le nom d'une émission radio animée par Batlam et Biz. A
l'automne 1996, ils font leurs premiers spectacles. Le groupe s'appelle alors
les Loco Loquaces. En 1998, Chafiik se joint à Batlam et Biz et en 1999 le
groupe prend le nom de Loco Locass. Après une première apparition aux
FrancoFolies de Montréal en 1999, il gagne le concours de la relève musicale
Les Francouvertes en février 2000.

Jean Dorion rappelle le mémoire "rappé" présenté par les Loco Locass à la
Commission des Etats généraux sur la langue française. Dans ce "manifestif",
la chanson Malamalangue affirme "le triste constat de l'érosion du français au
Québec. Le diagnostic est sévère, mais lucide. Il s'adresse à tous les
Québécois, ce peuple à la mer..."

Le mémoire présente la pièce Langage-toi, et constate : "en fait, si le
français se dégrade au Québec, nous n'avons que nous-mêmes à blâmer". Les
auteurs fustigent "l'aplatventrisme des éternels colonisés que nous sommes.
Comment affirmer une langue que nous évacuons systématiquement de la
conversation au premier accent anglophone venu ? Comment être fier d'une
langue que nous balbutions à peine à voix basse ? A cette apathie
linguistique, nous proposons comme solution le langagement, c'est-à-dire
l'articulation du langage dans l'action, haut et fort, sur la place publique."

En 2001, les Loco Locass se produisent au Club Soda et remportent deux
trophées MIMI au gala de l'Initiative musicale internationale de Montréal :
meilleur album (Manifestif) et meilleure chanson (Sheila, ch'us là). Sur leur
lancée, ils font un premier voyage en France puis participent au spectacle de
la Fête nationale au parc Maisonneuve. En août, le groupe obtient le Prix de
la Fondation Félix-Leclerc aux FrancoFolies de Montréal. Cette année faste
leur vaut deux Félix et cinq nominations au gala de l'ADISQ : meilleur album
hip-hop (Manifeste) et meilleure sonorisation de spectacle. En 2003, au
concours de la communication interactive Boomerang, le cédérom Interactif In
Vivo remporte le premier prix, catégorie Cédérom éducatif/ divertissement. Et
deux prix au New York Interactive Festival : médaille d'or dans la catégorie
Divertissement grand public et médaille de bronze dans la catégorie Meilleure
conception d'interface.

Les Loco Locass prennent souvent pour cible les politiciens. Leur poésie
rythmée aux mots finement ciselés obtient un immense succès, particulièrement
auprès des jeunes. Jean Dorion tient à souligner que ce succès n'a pas éloigné
les Loco Locass de leur militantisme des premières années : participants
bénévoles et à maints rassemblements indépendantistes, ils sont du premier
spectacle de la Journée nationale des Patriotes en 2003, comme de celui de
2005.

Patriotisme et préoccupations pour les droits et libertés vont de pair :
en 2004, les Loco Locass réunissent des citoyens (dont plusieurs connus du
public) et organisent une conférence de presse pour dénoncer l'incendie
criminel de la bibliothèque d'une école juive de Montréal. En 2005, ils
appuient le mouvement étudiant en grève pour protester contre le gouvernement
du Québec qui convertit en prêts 103 millions de dollars de bourses.

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