Les étudiants de LADMMI en spectacle de mi-chemin!

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18 étudiants en 2e année de LADMMI dansent jusqu’à ce soir à la Salle André-Pagé (École nationale de Théâtre du Canada) dans une création de Bande Interdite (Sylvain Poirier, Sonya Stefan et Yves St-Pierre). Issue de l’œuvre de Daniel Léveillé et adaptée par Sophie Corriveau, cette composition est partagée en deux temps, le premier chorégraphié par Sylvain Poirier (Archipel), le deuxième par Daniel Léveillé (Crépuscule des océans).

Décrit comme un « ensemble d’îles en réseau », Archipel met à l’épreuve les étudiants au niveau de l'interprétation et de la technique. Tout débute par une séance techno, où les danseurs nous montrent à travers l’écran de leurs iPod certains passages chorégraphiés dans un lieu de la ville. Un moment personnel qui s’allie à l’air du temps et à la créativité numérique. Une fois cette étape technologique franchie, chaque élève forme son îlot et tente de créer des liens particuliers avec l’autre. S’en suit alors un portrait sur écran des élèves, qui, un à un, s’essaient à titre d’acteurs tout en conversant avec la caméra (version muette pour le public).

Archipel met particulièrement de l’avant l’aspect émotionnel de chaque danseur. Malheureusement, il en a fallu du temps pour que ces jeunes rentrent dans leur personnage. En effet, ce n’est qu’après une quinzaine de minutes que ces derniers ont pris possession de leur rôle. Les sourires du début ont laissé place à la concentration et la mise en situation. Le public a ainsi pu rentrer dans l’histoire et apprécier une technique qui est devenue de plus en plus fluide au fil de la création. Bravo pour cette fin de partie!

En faisant le bilan d’Archipel, on se pose différentes questions relatives à la danse contemporaine et à son apprentissage. La danse contemporaine doit-elle commencer par la danse ou par l’interprétation? Le côté technique est-il est plus important que l’aspect émotionnel? Prenons par exemple la danse classique : le dilemme ne se pose pas. Le maquillage, la distance avec le public, les décors et costumes visent assurément à privilégier l’aspect technique. Mais devant un public d’une cinquantaine de personnes, sans costumes et avec un décor minime, que faut-il privilégier?

Malheureusement, pas le temps d’y penser davantage. Les danseurs reviennent pour interpréter Crépuscule des océans, une chorégraphie représentant « une allégorie de l’océan, puissant et abyssal » qui mise davantage sur le côté technique. Les danseurs, tantôt en solos, tantôt en groupes, viennent sur scène vêtus de maillots noirs aux formes diverses pour réaliser une chorégraphie basée sur certains mouvements de base répétés et déclinés selon les situations.

Malgré la performance intéressante de certains élèves, Crépuscule des océans ne convient pas aux étudiants de deuxième année. Le public retrouve l’allégorie de la mer, mais celle-ci est loin d’être «concentrée à ne pas faire d’erreurs, résistante et ambitieuse, obsessive ». Elle est plutôt indécise, en recherche d’équilibre, en train de regarder les autres vagues qui la composent.
Une chorégraphie d’apprentissage et d’approfondissement des qualités techniques : OUI; une chorégraphie à présenter devant un public : NON (ou du moins, pas maintenant). Dommage de ne pas avoir pu le potentiel technique de ces élèves d’une manière plus agréable à l'oeil.

Dans tous les cas, les espoirs sont là! Un grand bravo à ces 18 étudiants qui malgré leur âge, représentent dès à présent la relève artistique contemporaine. À très bientôt j’espère!

Ce soir à la Salle André-Pagé (École nationale de Théâtre du Canada) – 20 H

Plus de renseignements sur : www.ladmmi.com/fr/

Ne manquez pas non plus le spectacle de LADMMI, Cru d’Automne, qui aura lieu la semaine prochaine du 15 au 18 à la Salle André-Pagé – 20 H.

Plus de renseignements sur : www.ladmmi.com/fr/