Les chroniqueurs de la métropole tirent à boulets rouges sur Québec

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À 250 km de distance, il semble que tout ce que les agences de presse nationales ont rapporté de la ville de Québec, depuis deux ans, concerne l'opération Scorpion et l'affaire CHOI FM. Ces événements récents ont grandement entaché la réputation de la Vieille Capitale et les effets se font sentir régulièrement dans les propos de chroniqueurs bien-pensants de la métropole.

Pourquoi ne pas commencer par le mois pire, c'est-à-dire l'un des chroniqueurs les plus connus et probablement le plus équilibré dans sa critique, j'ai nommé Richard Martineau. L'an dernier, celui-ci avait décrié dans sa chronique hebdo du journal Voir la propension des Québécois à se faire laver le cerveau par des animateurs de radio fachos. Il en avait rajouté lors d'une émission des Francs Tireurs dénigrant le côté fake et quétaine du Vieux Québec. Or très récemment, Richard Martineau a tourné une autre émission des Francs Tireurs exclusivement consacrée à l'affaire CHOI. À en juger par les nombreux commentaires acerbes reçus sur son blogue, il a mis le doigt sur le bobo! (L'émission en question sera diffusée à Télé-Québec, le mercredi 15 septembre, à 20 h.)

Je crois que Martineau a au moins le mérite de ne pas associer tous les résidants de la région à ce courant de pensée. Malheureusement, il est désormais de bon ton chez beaucoup de Montréalais de chier sur la ville de Québec sans apporter aucune nuance, après y avoir séjourné à peine 24 heures. Pour en avoir le coeur net, vous pouvez vous taper
Quebec City Blues, une chronique assassine écrite par un anglophone frustré qui n'a manifestement rien pigé et dont voici un bref extrait:

Conversely, Quebec City has bucked the diversity trend, remaining overwhelmingly culturally and ethnically homogenous. It's partly a result of the provincial bureaucracy's longstanding policy of refusing to hire minorities, which must have taken some resolve in the face of countless task forces and studies condemning the racist hiring practices. Even Quebec City's former hockey team, the NHL Nordiques, celebrated the city's white heritage, bearing a name that my dictionary defines as, "Of or relating to a human physical type exemplified by the tall, narrow-headed, light-skinned, blond-haired peoples of Scandinavia."

Associer les Nordiques à la race aryenne, faut le faire! Deux membres de la communauté anglophone de Québec ont d'ailleurs remis ce chroniqueur à sa place dans le courrier des lecteurs de la semaine suivante, ainsi que votre humble serviteur dans le Mirror du 16 septembre. Par ailleurs, le célèbre drag queen Mado Lamotte, frustré de ne pas assez s'y faire cruiser, a décidé que la ville de Québec était platissime, à en juger par une envolée comme celle-ci, tirée du ICI du 9 septembre:

(...) je le dis et le redis, ostie que c'est plate Québec. J'ai rien à foutre d'une ville qui bande sur Elvis, qui encense des cons comme Jeff Fillion et Robert Gillet, qui s'habille à la mode d'il y a 10 ans [...] Y'a rien qui pourrait me faire apprécier une ville comme ça. Pas même la poutine de chez Ashton.

Ces quelques exemples prouvent que « l'odeur de purin » décriée par le marie L'Allier ne recouvre plus seulement la ville de Québec, mais est en train de se répandre à la grandeur de la province. Les excès de rectitude politique font que certains journaleux montréalais —à l'exception de Martineau— commencent à ressembler aux animateurs radios qu'il s'acharnent à dénoncer. La cause de tout cela? À l'aube de son 400e anniversaire, la ville de Québec est en pleine crise d'identité, mais cette crise reflète l'état d'esprit d'une province qui ne sait pas où elle s'en va, d'un pays qui n'en est pas un...

Pierre-E. Paradis

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