Les Bienheureux : Être (bien)heureux en 12 étapes ou la quête d’un bonheur inaccessible

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Du 19 au 23 janvier, Pirata Théâtre dressera un portrait de société aussi déroutant que le monde qui nous entoure. Un groupe d’anonymes expérimentera les promesses infinies du monde des « bienheureux » lors d’une réunion où la fierté à afficher n’est pas le nombre de jours de sobriété mais l’état d’euphorie dans lequel chacun s’est maintenu. Dans un meeting où la dépendance mérite des feux d’artifice, où les mentors sont des YouTubeurs et où les témoignages oscillent entre vérité et fiction, 15 interprètes préformeront la marche à suivre pour être heureux et se donneront en exemple comme on se donne en spectacle.

Sur fond de selfies vidéo et de tutoriels virtuels, Michelle Parent tente de donner corps au concept ou de «(bien)heureux». Quelle est donc cette utopie du bonheur à laquelle nous appartenons tous et que nous contribuons à alimenter? Que signifie vraiment cette quête éperdue et à quoi avons-nous renoncé pour elle ? Loin d’un reality show ou d’un documentaire sur la dépendance, la pièce nous confrontera aux valeurs du bonheur-performance que l’on consomme sans modération, parce qu’«aujourd’hui, on n’a plus le droit d’être malheureux. Le malheur n’est pas quelque chose de normal ».

Cinq acteurs professionnels et onze non-acteurs recevant les services du Centre de réadaptation en dépendance de Montréal – Institut universitaire (CRDM-IU) ont été impliqués dans ce projet. Pour la metteur en scène, travailler avec des personnes souvent exclues de cette mascarade du bonheur et qui lui ont cherché des substituts jusqu’à l’extrême permet de transformer l’ordinaire en quelque chose d’extraordinaire et d’artistique : «Je veux faire advenir des rencontres qu’on ne fait jamais dans la vie parce qu’on appartient chacun à un groupe différent. »

Les Bienheureux pourrait être le deuxième opus de La Consolation (2013), un laboratoire public qui liait consolation et consommation de masse. Cette fois, avec la complicité du dramaturge Olivier Sylvestre, Michelle Parent a guidé un groupe de non-acteurs dans des exercices et explorations sur le bonheur (improvisations, vox pop, etc.), sans leur révéler le thème du spectacle afin qu’ils réagissent le plus spontanément possible. Elle s’est ensuite inspirée de leur regard et de leurs réflexions personnelles pour nourrir les interprètes professionnels, amorçant un processus d’allers-retours constants qui a finalement donné naissance à la pièce.

Depuis 2009, Pirata Théâtre marque l’imaginaire des spectateurs avec ses créations singulières. D’une théâtralité éclatée, elles donnent une place à des non-acteurs souvent issus de milieux marginaux, qui vivent en périphérie de la société active et de la majorité silencieuse. Fruit d’une recherche interdisciplinaire et multidimensionnelle, l’écriture des corps, du rythme, de la parole et du geste cherche à inventer un langage original qui n’a de cesse de déplacer les frontières entre les arts et la vie pour explorer les fissures de notre tissu social, les rites et les paradoxes de notre rapport au monde.

Texte OLIVIER SYLVESTRE ET LES INTERPRÈTES
Mise en scène MICHELLE PARENT
Assistance OLIVIER SYLVESTRE
Interprétation ONZE PERSONNES RECEVANT LES SERVICES DU CENTRE EN RÉADAPTATION EN DÉPENDANCE DE MONTRÉAL - INSTITUT UNIVERSITAIRE (CRDM-IU), JULIE DE LAFRENIÈRE, CÉDRIC ÉGAIN, XAVIER MALO, VÉRONIQUE PASCAL ET ANNIE VALIN
Accessoires et scénographie JULIE-ANGE BRETON
Conseil en mouvement, chorégraphie et interprétation MARIE-ÈVE ARCHAMBEAULT
Echantillonnage vidéo et projections SAMUEL THÉRIAULT
Une production de PIRATA THÉÂTRE

Marraine ANNIE RANGER

Remerciements

La création de ce spectacle aura été rendue possible grâce à la contribution financière de la Fondation du Centre de réadaptation en dépendance de Montréal, qui a fait confiance à Pirata Théâtre depuis plus de deux ans dans les ateliers de théâtre données aux usagers du CRDM.