Les activités estivales de la Fonderie Darling, c’est parti !

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Fonderie Darling

C’est hier, lors de la soirée bénéfice annuelle de la Fonderie Darling, que Quartier Éphémère célébrait 20 ans de noces en compagnie d’artistes et de la communauté, sous le thème de la Porcelaine, qui représente la fragilité, la finesse et la résistance d’un organisme qui a su, au fil du temps, créer son identité, affirmer le rôle de l’art dans un quartier en pleine mouvance et générer un public de plus en plus nombreux.

« Certains se souviendront du petit Quartier Éphémère aux coins des rues Prince et de la Commune, inauguré un soir d’Halloween, dans une zone de la ville totalement délaissée et habitée par des fonderies, des forges, des silos et entrepôts industriels à l’abandon. Quel terrain de jeu formidable pour l’organisme et les artistes ! Panique au Faubourg, Silophone, Plan Large… sont autant de projets inspirants et poétiques imaginés par Quartier Éphémère qui continue de se consacrer à la création, à la production et à la diffusion d’œuvres d’art. » se souvient Caroline Andrieux, directrice et fondatrice de Quartier Éphémère et de la Fonderie Darling.

En 2002, Quartier Éphémère s’installe dans un ancien bâtiment industriel du quartier Griffintown et le transforme en centre d’arts visuels alternatif et novateur, la Fonderie Darling. Depuis 12 ans, des expositions, des ateliers de création accessibles pour des artistes montréalais, des programmes de résidences internationales, des activités éducatives et pédagogiques y sont proposés.

La Fonderie Darling inaugurait à cette occasion la programmation de sa saison estivale 2014.

PROGRAMMATION ESTIVALE

Les visiteurs pourront ainsi découvrir jusqu’au 24 août deux nouvelles expositions à l’intérieur de la Fonderie Darling et, sur la Place Publique jusqu’au 20 octobre, une nouvelle installation et des activités estivales.

Dans la grande salle, une installation qui mixte vidéos et éléments plastiques Autour des crimes et des rêves de l’artiste de renommée internationale, Dora Garcia (Espagne), pour la première fois exposée en Amérique du Nord. Le commissariat de cette exposition est assuré par Chantal Pontbriand.

Dans la petite salle, une exposition de peintures grand format de Christina Zurfluh (Suisse), inspirées de l’industrie textile.

À l’extérieur, dans la rue Ottawa, la Fonderie Darling ouvre, pour la huitième année consécutive, sa Place publique en y accueillant jusqu’au 20 octobre 2014, l’artiste Jean-Paul Ganem, «le peintre de paysages» dont le travail marie subtilement art et écologie. Après avoir présenté en 2008 à la Fonderie Darling, Ombre de villes, il nous propose sa nouvelle composition, Variations, métamorphosant ce tronçon de rue en un grand champ fleuri.

De juin à septembre 2014, des soirées-performances et quatre ateliers collectifs « Points de vue » animeront la Place publique. Proposés par Urban Occupations Urbaines, pouf ! art + architecture, et Collectif 636, ces événements questionneront l'œuvre de Jean-Paul Ganem, le passé industriel de la Fonderie Darling et son présent en tant que centre d’arts visuels.

Enfin, des artistes en résidence internationale à la Fonderie Darling proposent le fruit de leurs recherches, lors de rencontres publiques dans leur atelier. Entrée libre.

Jeudi 29 mai à 18h avec Barbara Perea, commissaire d’exposition, critique d’art, professeur mexicaine et spécialiste des arts électroniques et numériques qui a étudié l’œuvre des artistes Steina et Woody Vasulka.

Jeudi 19 juin à 18h avec Tris Vonna-Michell et Capucine Vanderbrouck

L’artiste britannique Tris Vonna-Michell, qui fait partie des finalistes du prestigieux prix Turner d'art contemporain, met en scène des installations et des structures narratives, en faisant usage de performances, de spoken word, de trames sonores et de photographies.

L’Alsacienne Capucine Vandebrouck dont le travail sculptural se construit de manière empirique, fonde ses recherches sur l'expérience, l'observation et le hasard. Elle désire rendre sensible l'espace plutôt que l'occuper, un mouvement engendrant un autre, une idée générant une nouvelle.

En savoir plus sur…

DORA GARCÍA AUTOUR DES CRIMES ET DES RÊVES

JUSQU’AU 24 AOÛT 2014 – Grande salle de la Fonderie Darling

Commissaire : Chantal Pontbriand, PONTBRIAND W.O.R.K.S. (We Others and myself Research Knowledge Systems)

L'exposition Autour des crimes et des rêves a comme toile de fond une série de conversations de groupe à l'hôpital psychiatrique Montperrin, à Aix-en-Provence, au printemps 2013, où Dora García proposa de lire Finnegans Wake de James Joyce et 65 rêves de Franz Kafka de Félix Guattari, prétexte pour parler du réel et du non-réel devant la caméra. Le film Désordre (2013), qui est issu de ce projet, sera montré, de même que Hôtel Wolfers (2007) et The Joycean Society (2013), films précédents auxquels il fait écho. Ainsi se referme le cercle tracé depuis Hôtel Wolfers où, comme dans un rêve, circulent Beckett, Kafka, Joyce, Walser, exemplaires de cette « littérature mineure » que théorisa Deleuze.

Le J. Lacan Wallpaper (2013), un papier peint installé sur l'un des murs de la Fonderie Darling, marque le point aveugle de l’espace intérieur, les hiéroglyphes lacaniens de l’inconscient rasant ici les murs. Les fenêtres de la galerie sont couvertes de signes décrivant des idées liées à tout ce qui se déploie dans cet univers singulier (Mad Marginal Charts, 2014). Ainsi, crimes et rêves se côtoient et nous hantent de toutes parts, révélant la complexité et la richesse de l'imaginaire.

Dora García vit et travaille à Barcelone. Son travail, par nature conceptuel, se compose de textes, photographies, performances et installations dans des lieux spécifiques. Depuis le début des années 90, Dora García développe un travail qui modifie les relations traditionnelles entre l’artiste, l’œuvre et le spectateur.

CHRISTINA ZURFLUH BARRÉ

JUSQU’AU 24 AOÛT 2014 – Petite salle de la Fonderie Darling

Les images de Christina Zurfluh suscitent une image nouvelle et différente de la peinture. Son approche n’est pas conventionnelle, comme le prouve son jeu intense avec les couleurs, les colour fields disposés en rayures et superposés en couches de couleurs, les traces de pas et les mouchetures blanches dont elle parsème avec aisance picturale nombre de ses œuvres, par ailleurs barbouillées de noir.

Le titre choisi pour l’exposition, « Barré », provient d’un terme de l’industrie textile pour les « bandes défectueuses » sur les tissus synthétiques. Un titre qui associe les « défaillances » d’imperfections apparentes à la fragilité délibérée des surfaces d’images savamment disposées de Zurfluh. Le concept ouvert de peinture qu’elle met en œuvre et son rapport tactile au matériau brouillent naturellement les frontières classiques entre la peinture, l’installation et la sculpture.

Dans l’espace d’exposition rectangulaire étroit de la Fonderie Darling, ses toiles, disposées selon un rythme sériel, trouvent un reflet sur les colonnes de la pièce et prennent naturellement les proportions de sculptures. Les zones de couleur horizontalement séparées en deux parties, évoquant parfois les teintes criardes du Pop Art, se contredisent et se complètent mutuellement en même temps. En contrepartie, deux des grandes œuvres « Divisées » de Zurfluh sont placées aux extrémités de l’espace d’exposition, dont les colour fields verticaux créent des transitions qui séparent tout en unissant.
Texte de Alexandra Reininghaus

Christina Zurfluh est née à Zug en Suisse. Elle a étudié à l'Université des arts appliqués de Vienne de 1989 à l'obtention de son diplôme, en 1994. Elle a présenté son oeuvre dans différentes galeries, telles que la Galerie Mezzanin-Vienne, la New-Galerie Graz, la Galerie Mathias Güntner-Hambourg, la Galerie Brigitte Weiss, la galerie Anna Wenger-Zurich, Kunstraum-Kreuzlingen.

JEAN-PAUL GANEM

VARIATIONS

JUSQU’AU 20 OCTOBRE 2014 - Place publique de la Fonderie Darling http://jpganem.com

En 2008, Jean-Paul Ganem présentait sur le site extérieur de la Fonderie Darling, Ombre de villes. Il nous propose sa nouvelle composition, Variations, en métamorphosant la rue Ottawa en un espace bucolique, pour souligner l’importance des espaces verts dans le paysage urbain.

A la croisée de l’architecture paysagiste et de l’art contemporain et aussi influencé par les mouvements de guérilla jardinière, Jean-Paul Ganem intervient dans les milieux ruraux et urbains depuis plus de vingt ans. Peintre au début de sa carrière, l’artiste a peu à peu troqué ses pinceaux pour utiliser les plantes (céréales, fleurs, arbustes) et provoquer une réflexion sur le paysage ou sur l’action de l’homme sur le paysage. Jean-Paul Ganem travaille d’abord en concertation avec les agriculteurs pour créer des « compositions agricoles », puis se tourne peu à peu vers les milieux urbains.

En 2000, Jean-Paul Ganem a réhabilité la section la plus ancienne d’un site d’enfouissement de déchets dans le quartier Saint-Michel à Montréal, avec Le jardin des capteurs; en 2012, il présente Le grain de l’histoire au Château de Rambouillet en France; et en 2013, il a été l’un des six artistes invités par l’Abbaye de Jumièges en France dans le cadre de son exposition d’art contemporain environnemental À ciel ouvert.

La Fonderie Darling reçoit le soutien du Conseil des arts et des lettres du Québec, du Conseil des arts du Canada, le Conseil des Arts de Montréal.

Fonderie Darling | Direction artistique, Caroline Andrieux
745 rue Ottawa, Montréal, Québec H3C 1R8
514.392.1554 | fonderiedarling.org

Du mercredi au dimanche, de midi à 19h | Entrée 5$
Le jeudi, de midi à 22h | Entrée libre