L'Énigme Camus : une passion algérienne, à applaudir à la Salle Fred-Barry du TDP

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Camus, une passion algérienne

Du 12 au 29 novembre 2014 à la Salle Fred-Barry, le Théâtre de Fortune présente, en codiffusion avec le Théâtre Denise-Pelletier, L’Énigme Camus : une passion algérienne, texte et mise en scène de Jean-Marie Papapietro. Sous forme de théâtre-documentaire, Jean-Marie Papapietro explore les dernières années d’Albert Camus à travers son regard sur les troubles qui agitent l’Algérie à partir de 1954. La pièce sera défendue par une distribution solide réunissant Roch Aubert, Mohsen El Gharbi, Gaétan Nadeau, Christophe Rapin et Philippe Régnoux.

« J’ai mal à l’Algérie, comme d’autres ont mal aux poumons », disait Camus. La position de Camus sur l’Algérie a été complexe. Aujourd’hui, elle est devenue plus audible, car elle est en rupture avec les idéologies totalitaires qui nous ont fait, et continuent de nous faire tant de mal. Isolé par des polémiques souvent très dures, Camus connaît alors une crise dont on ne mesurera la gravité qu’après sa mort brutale en 1960, deux ans avant l’accession de l’Algérie à son indépendance et la déportation de plus d’un million d’Algériens qui choisirent de rester français.

Sur scène : Cinq comédiens répètent un spectacle dans lequel ils cherchent à explorer le rapport passionnel que Camus a entretenu avec sa terre natale, l’Algérie. Tout commence avec l’accident qui lui coûte la vie, le 4 janvier 1960, et la découverte d’un manuscrit inachevé, publié beaucoup plus tard sous le titre Le premier homme. À partir de là, et à travers une série d’échanges contradictoires et souvent véhéments, est posée la question de l’engagement de Camus pendant la guerre d’Algérie. Tour à tour, le journaliste, le dramaturge, le romancier et tout simplement le témoin de son temps sont convoqués à la barre du tribunal de l’Histoire pour s’expliquer et se faire entendre.

Selon Jean-Marie Papapietro, « cette forme de théâtre qui place le spectateur en position d’arbitre répond au besoin largement répandu de questionner le passé pour essayer de mieux comprendre notre présent ». « Ayant passé moi-même, ajoute-t-il, toute mon enfance et mon adolescence en Algérie française, j’ai souhaité revenir à Camus pour mieux comprendre la position d’un artiste et d’un penseur dont l’honnêteté intellectuelle est reconnue par tous. Plus d’un demi-siècle après l’indépendance de l’Algérie, il me semble que la lucidité désespérée de Camus méritait d’être entendue et méditée aujourd’hui, à l’heure où les pires formes d’exclusion, d’intolérance et de fanatisme se manifestent à nouveau, un peu partout dans le monde. C’est dans ce sens que j’ai voulu comprendre la résistance de Camus à la frivolité de tant d’intellectuels qui, pour reprendre son expression, n’ont jamais placé que leurs fauteuils dans le sens de l’histoire. Dans les appendices du Premier homme, dans ses Carnets aussi, Camus n’hésite pas à désigner l’intellectuel et l’artiste qu’il est devenu comme un monstre. Seule la présence silencieuse de sa mère, femme de ménage illettrée, pouvait le ramener à une vérité que les mots ne peuvent dire. De cela aussi nous témoignerons dans notre spectacle. »

L’auteur et metteur en scène : Jean-Marie Papapietro

« Voir une mise en scène de Jean-Marie Papapietro, c’est aller plus loin que les frontières des apparences et savoir accueillir la parole et les vibrations intimes des êtres. Les rendez-vous artistiques auxquels il nous convie sont authentiques, sensibles, puissants » (Brigitte Haentjens, Directrice du Centre National des Arts à Ottawa). Après une longue carrière en France comme professeur et metteur en scène et une collaboration suivie avec la troupe de son frère Philippe en Italie, Jean-Marie Papapietro fonde, en 2000, le Théâtre de Fortune à Montréal. Il choisit alors de monter surtout des textes contemporains : L’amante anglaise de Duras, Match de Th. Bernhard, Le Château de Kafka ou Théo ou le temps neuf de R. Pinget, auteur qui n’avait jamais été joué au Québec et qu’il révèle avec sa mise en scène d’Abel et Bela, dans la savoureuse interprétation de Denis Gravereaux et Gaétan Nadeau. Ses adaptations de La promenade de R. Walser (avec Paul Savoie et Roch Aubert), de Quelques conseils utiles aux élèves huissiers de Lydie Salvayre (avec le regretté Denis Gravereaux) ou d’Histoire de Marie de Brassaï (avec Sophie Clément) ont connu un vif succès auprès du public et de la critique. Plus récemment, son Premier Amour de Beckett (avec Roch Aubert) a été repris dans les Maisons de la culture de Montréal. Ce sera aussi le cas, en 2015, pour son adaptation des Chroniques de la Montagne d’Alexandre Vialatte (avec Gaétan Nadeau), spectacle repris également en tournée en France, sous le titre On n’arrête pas le progrès, il s’arrête tout seul!

Du 12 au 29 novembre 2014 – Salle Fred-Barry du TDP
L’Énigme Camus : une passion algérienne
Texte et mise en scène : Jean-Marie Papapietro