Le vrai visage de Mesrine?

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12 août 2010 - 17:00
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«L’Instinct de mort», de Jean-François Richet, est le premier film du diptyque consacré au gangster français Jacques Mesrine. Près de deux ans après sa sortie européenne, le film prendra enfin l’affiche au Québec demain, le 13 août.

Écrit par le scénariste césarisé d'«Un prophète», Abdel Raouf Dafri, Mesrine s’est fait attendre pendant près de deux ans avant d’arriver sur les écrans nord-américains. Après la première mondiale du film au Festival de Toronto en 2008 et plus d'un an et demi après le sacre de Vincent Cassel et du réalisateur Jean-François Richet ( «Assaut sur le Central 13», «Ma 6-t va crack-er» ) aux Césars, le premier volet qui précède à «L’Ennemi public n°1» envahira les écrans vendredi le 13 août alors que la suite est attendue le 27 août.

«L’Instinct de mort» présente au public le portait le plus exact possible du bandit que l’on surnommait «l’homme aux milles visages». Sans tomber dans l’apologie de la délinquance, Vincent Cassel interprète avec justesse Jacques Mesrine. «Il n’était pas question d’en faire un modèle ou un héros, mais de montrer le personnage dans toute sa complexité, explique le producteur Thomas Langmann.

Cassel, qui a du prendre 22 kilos pour le rôle, rend bien l’arrogance et le sadisme du personnage, si bien qu’on comprend l’homme qui est devant nous sans toutefois approuver ses gestes. Ne dit-on pas que les meilleurs méchants sont ceux dont on comprend les failles ?

Cassel est excellent dans la personnification du bandit, si bien qu’il faut quelques instants au début du film pour le reconnaître. Il réussit à faire passer le spectateur à travers toute une gamme d’émotions et met la barre hautes pour les acteurs qui l’entourent. «C’était lui, ou je ne faisais pas le film, explique Richet. Il s’est approprié le rôle physiquement, il était complètement habité, il était Jacques Mesrine».

En plus de Cassel, se joignent à la distribution Cécile de France avec laquelle il forme une réincarnation de «Bonnie and Clyde», Gérard Depardieu, Gilles Lellouche, Roy Dupuis (dans le rôle de Jean-Paul Mercier, criminel dont les vols servaient en partie à financer le FLQ), Gilles Lellouche, Elena Anaya, Deano Clavet, Christine Beaulieu et Gilbert Sicotte.

Le caractère romanesque du personnage qui voulait consciemment devenir une légende est fascinant. Bien qu’on tente toujours aujourd’hui de départir la réalité de la légende, en résulte malgré tout un des plus grands gangsters français, dont le mythe reste intact. L’ambigüité de l’homme et les multiples perceptions qu’on en garde font de Jacques Mesrine l’antihéros parfait pour le cinéma.

Dans le premier volet du biopic, l’action se déroule des années 60 à Paris jusqu’au années 70 où il sévira dans la province de Québec. Le film retrace le parcours criminel hors norme de celui qui marque encore l’imaginaire par ces actes spectaculaires, de ces braquages coups sur coups jusqu’à ces évasions de prison.

Richet reste donc impartial face à celui dont le nom était pour certains synonyme de tueur sans vergogne et de crapule, et pour d’autres symbole d’affranchissement face à l’autorité. «Ceux qui l’apprécient disent qu’il était une sorte de Robin des Bois, ceux qui le condamnent pensent que c’est un assassin. Il n’est ni l’un ni l’autre. Il a construit sa légende et réussit à manipuler les médias autant qu’ils l’ont manipulé», a déclaré le réalisateur.

«L'instinct de Mort» jette donc les bases sur lesquelles vont s’établir la mythologie entourant le criminel. Des petits crimes sordides et sans envergure aux premiers coups spectaculaires, Richet et Cassel nous entraînent dans une ascension désespérée absolument fascinante et pleine de rage et de fureur de vivre.

«Si «L’Instinct de Mort» raconte l’histoire d’un jeune qui se cherche puis qui se trouve, «L’Ennemi public n°1» raconte celle d’un homme qui sait où ses choix de vie l’emmènent et qui y va malgré tout. Le premier est un film noir. Le second en revanche est un thriller psychologique, la paranoïa d’un type qui sait intuitivement comment tout cela va finir», raconte celui qui porte le film à bout de bras, Vincent Cassel.

Pour visionner la bande-annonce : http://dai.ly/bdghAb

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