Le trio Pilc-Moutin-Hoenig fait sa loi

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C’est au Gesù que le trio Pilc-Moutin-Hoenig s’est présenté, vendredi soir dernier, sous les coups de 22h30. Posés, les musiciens ont pris place sur cette petite scène intimiste, prêts à entreprendre un long voyage des plus imprévisibles. Tous trois pros de leur instrument (et comment!), Jean-Michel Pilc au piano, François Moutin à la contrebasse et Ari Hoenig à la batterie n’ont cessé d’impressionner par leur exécution, bien sûr, mais plus encore par leur écoute mutuelle qui a donné lieu à de grands moments, même de très grands moments musicaux.

Mis à part quelques courts thèmes par-ci, par-là, on aurait dit que rien n’était prévu pour ce concert. Fort à gager que les trois collègues ont misé sur leur spontanéité, leur expérience et leur écoute (on ne le dira jamais assez, elle était admirable), pour laisser parler une musique visiblement guidée par une seule personne tellement elle était conforme à chacun. Le pianiste d’origine parisienne a ébloui avec son jeu qui, vraiment, semblait à l’épreuve de tout. Vitesses et nuances se sont incarnées, sous toutes formes, dans ces doigts munis d’une technique des plus enviables. Du côté du contrebassiste, lui aussi parisien d’origine, il a fourni une basse toujours très solide sur laquelle tous pouvaient s’amuser dans leurs improvisations. Puis, l’Américain Ari Hoenig est demeuré fidèle à lui-même, si envoûtant qu’on avait peine à décrocher notre regard de ce batteur exceptionnel. On distinguait les mélodies à travers ses percussions tellement elles étaient précises et parfaitement exécutées. Parmi cette musique au développement continuel, on aura partiellement reconnu de très belles versions des standards Well, You Needn’t et Giant Steps.

C’est donc un concert de très haut niveau que nous aurons servi ces trois musiciens d’exception. Au cours de ses courtes interventions au micro, Jean-Michel Pilc aura entre autres eu le temps de nous annoncer la sortie future d’un disque du trio. Il ne reste donc plus qu’à attendre impatiemment car oui, ce disque promet s’il est à l’image du magnifique spectacle de vendredi soir.

Bonne fin de festival à tous,

Maude McConnell-Legault

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