Le Théâtre français du CNA accueille Genèse no 2 du 21 au 24 mai 2008

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Antonina Velikanova est internée pour schizophrénie dans un hôpital psychiatrique des environs de Moscou. Un jour, elle se surprend à comprendre d’une manière totalement neuve la phrase de Shakespeare : « Le monde entier est un théâtre, et tous, hommes et femmes, n’en sont que les acteurs. »

Elle entre alors en contact avec l’un des auteurs dramatiques les plus en vue de Moscou, Ivan Viripaev, pour lui soumettre une pièce qu’elle a écrite, où Dieu, alias son médecin, et la femme de Loth, Antonina Velikanova elle-même, s’entretiennent de grandes questions fondamentales : la réalité de la… réalité, celle de Dieu, la mort… Ivan Viripaev décide de ne rien changer à ce texte tout à fait déroutant, ne s’autorisant que deux choses : l’introduction de courts couplets comiques et l’adjonction des lettres que lui avait adressées Antonina Velikanova.

Le résultat de cette rencontre « en écriture » est un texte drôle et hautement poétique où une nouvelle image de la création du monde est évoquée, offrant une vision morcelée de ce dernier, la réalité devenant plus désastreuse que la fiction, avec, au coeur de ce chaos, la question de Dieu.

L’électrisante équipe qui nous avait étonnés, charmés et renversés avec Oxygène en février 2007 – spectacle que le Festival TransAmériques de Montréal présente d’ailleurs du 27 au 31 mai prochains) est de retour au CNA, poussant encore plus loin leur théâtre des corps vivants et de la parole en liberté. Galin Stoev, metteur en scène bulgare installé à Bruxelles, retrouve Ivan Viripaev, jeune auteur russe, pour une pièce qui questionne avec une redoutable habileté la religion et le besoin de croyance, la perte de repères et les errements de notre époque. Alors que l’auteur propose un matériau hybride qui, tel un organisme vivant, se métamorphose sous nos yeux et nous entraîne dans une spirale de manipulation du sens, presque au bord du gouffre de nos incertitudes existentielles, le metteur en scène saisit ce texte, qui combine à la fois les styles dramatique, documentaire, épistolaire et poétique, avec une puissante originalité, et y intègre une partition musicale subtile et incandescente.

« Pour nous, le vrai spectacle ne se déroule pas sur scène mais dans l’esprit et le corps du spectateur. (…) Le mode d’adresse – direct, détaché de l’approche psychologique – cherche à établir une continuité entre la scène et la salle. Les comédiens ne doivent pas jouer le mais du personnage, comme un musicien se sert de son instrument pour faire entendre le thème musical. »

Galin Stoev
Ivan Viripaev est le jeune auteur dramatique qui, aujourd’hui, bouleverse le plus le paysage de la Russie. Comédien et metteur en scène, diplômé de l’École de Théâtre d’Irkoutsk, il est né en Sibérie en 1974. Galin Stoev, de son côté, naît à Varna en Bulgarie, en 1969, et entame sa carrière de metteur en scène en 1991 après des études à l’Académie Nationale des Arts du Théâtre et du Cinéma à Sofia. Au centre des expériences déterminantes de ces deux artistes, figure leur rencontre elle-même, l’amitié qui les lie et le théâtre décapant qui les propulse.

« A chaque nouvelle création de Galin Stoev, un réflexe s'impose : remettre les données théâtrales de notre disque dur
à zéro. Avec Oxygène, du jeune Russe Ivan Viripaev, et sa réjouissante lecture des dix commandements,
le Bulgare bousculait déjà nos repères. Pas de personnages, mais des acteurs porteurs d'un texte sacré,
poétique et surréaliste. Pas de narration linéaire, mais un montage éclaté, déstructuré.
Pas de décor, mais la simplicité d'adresses au public, faussement improvisées.
Exégèse très particulière de la Bible, Genèse n°2, du même Viripaev, remet ça. En plus délirant. »
- Catherine Makereel, Le Soir

« Dans la mise en scène de Galin Stoev, un Bulgare de 38 ans installé en Belgique, il n'y a rien de pesant. Trois bons comédiens jouent Genèse n°2 : trois "cosmonautes" de la scène, délestés de toute pesanteur, enjoués et sérieux. Parfois, ils chantent. Trois musiciens les accompagnent. Tout cela est juste, humain. » - Brigitte Salino, Le Monde « C'est passionnant, l'écriture est forte, les interprètes hyperdoués. C'est remarquable. Une équipe de jeunes que l'on connaît encore mal, mais tous éclatants de talent. L'auteur tresse des fils très différents en un ruban complexe qui nous renvoie de manière très concise du théâtre aux étoiles, comme de vie à mort, raison et folie.

C'est superbe et très intelligemment traduit scéniquement par Stoev et ses amis comédiens et musiciens. La scénographie, les lumières, les costumes, la vidéo, tout est ingénieux, harmonieux. »
- Armelle Héliot, Le Figaro
La traduction française du texte de Genèse no 2 est publiée aux éditions Solitaires Intempestifs.
LE TEXTE EN-JEUX : Galin Stoev dirige le Laboratoire du Théâtre français
Depuis 2002, le Théâtre français provoque des rencontres en organisant des ateliers de maître annuels qui permettent à des artistes d’envergure internationale de partager leur démarche et leurs questionnements avec des professionnels du théâtre de partout au pays. Du 14 au 25 mai 2008, le Théâtre français fait d’une pierre deux coups avec la venue de Galin Stoev à Ottawa. Pendant que le grand public aura droit à Genèse no 2, quatorze professionnels du théâtre originaires de Vancouver à Moncton seront plongés dans un atelier conçu par Galin Stoev, qui a accepté d’assumer la direction de la huitième édition du Laboratoire du Théâtre français. Sa prémisse : « Que se passerait-il si l’acteur ne jouait pas le personnage? Que se passerait-il s’il jouait du personnage, tout comme le musicien joue de son instrument? Dans ce cas-là, le plus important, ne serait ni le musicien, ni l’instrument, mais la musique née de la relation subtile qui se construit entre le musicien et son instrument. »

GENÈSE NO 2
D’ANTONINA VELIKANOVA et IVAN VIRIPAEV
Traduction de TANIA MOGUILEVSKAIA et GILLES MOREL
Mise en scène de GALIN STOEV, assisté de CHARLOTTE DAVID
Avec CÉLINE BOLOMEY, VINCENT LÉCUYER, ANTOINE OPPENHEIM et les musiciens
MARINE HORBACZEWSKI (violoncelle), MARITSA NEY (violon) et MÉLANIE TOURNAY (accordéon)
Décor et lumières de SASKIA LOUKAARD, assistée de KATRIJN BAETEN Musique originale de SACHA CARLSON
Une création du Théâtre de la Place (Liège) – Centre dramatique de la communauté française, Centre européen de création théâtrale et chorégraphique, en coproduction avec la Compagnie Fingerprint (Bruxelles)
Avec l’aide de la Communauté française – Service Théâtre
et du Commissariat général aux Relations internationales
Du 21 au 24 mai 2008 à 20 h
au Studio du CNA
53, rue Elgin, Ottawa (ON)

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