Le malade imaginaire au Rideau-Vert : Rions, puisque nous sommes mortels!

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Le malade imaginaire au Rideau-Vert : Rions, puisque nous sommes mortels!

Dès que le rideau s'est levé sur Argan, avec un Luc Guérin impayable, la salle entière s'est esclaffée. Pauvre Argan, ce malade imaginaire, créé par Molière en 1673, qui se retrouve maintenant en milliers d'exemplaires chez nos chers hommes qui ont « une grippe d'homme! » Le metteur en scène, Michel Monty, s'en est donné à cœur joie en dépoussiérant cette comédie culte du XVII ème siècle, pour la transposer à notre époque! Les thèmes : la peur de la mort, la dépendance aux médecins, l'appât du gain, l'amour et la trahison demeurent cependant toujours d'actualité. Et le rire, au Rideau-Vert, est garanti!

Argan, étendu, se croyant à l'article de la mort - tout en étant en excellente santé - toussotte, se plaint, va voir dans son immense chariot de médicaments s'il ne trouverait pas quelque chose pour le soulager... Veuf de sa première épouse, il est maintenant marié à Béline (Émilie Lajoie), une jeune femme superficielle et extravagante, qui le conforte hypocritement dans son besoin de se faire plaindre et câliner... Argan la croyait sincère et aimante, mais découvrira bientôt le pot aux roses, lorsqu'il feint la mort... Sa femme Béline est aux anges de se savoir enfin débarrassée de lui et se révèle ainsi n'être intéressée que par son héritage. La douleur d'Angélique, sa fille (Anne-Marie Binette), est par contre bien réelle. Argan est si dépendant de ses médecins - dont le principal est Dr. Purgon (Didier Lucien) - que sa servante, Toinette (Violette Chauveau), décide de se déguiser elle-même en médecin, pour se moquer de lui...et de la profession. Elle lui donne des conseils médicaux ridicules et bidon... On retrouve ici une satire à l'endroit du trop grand pouvoir qu'on donne aux médecins... Trois cent cinquante ans plus tard, la satire est toujours d'actualité...

Angélique aime Cléante (Maxime Mompérousse), ce qui contrarie d'abord Argan, qui voudrait bien la voir épouser un médecin : Thomas Diafoirus (Frédérick Tremblay), dont le père est également médecin : Docteur Diafoirus (Patrice Coquereau). Ainsi, il se sentirait entre bonnes mains... Tout un ballet de situations rocambolesques et de personnages tous plus loufoques les uns que les autres prend alors place et constitue l'essentiel du deuxième acte. Et c'est seulement au troisième acte, qu'Argan, réalisant le véritable amour que sa fille Angélique lui voue, acceptera alors qu'elle marie Cléante.

On devine ici tout le plaisir qu'a dû avoir l'équipe de production, durant les répétitions... Les personnages sont typés au maximum, les situations, tellement soulignées au crayon gras du rire, qu'on ne peut s'empêcher de retrouver ici son cœur d'enfant... Personnellement, j'ai fait le parallèle avec les émissions jeunesse de notre enfance... J'ai repensé immédiatement à la Ribouldingue et à Dame Plume... Le metteur en scène a aussi introduit des clins d'oeil de notre histoire québécoise en présentant, entre autres, une troupe de troubadours chantant une chanson de la Bolduc.

En un mot, cette comédie fantaisiste, aux accents burlesques, vous offre, sur un plateau d'argent, le rire comme antidote parfait...

Au Théâtre du Rideau-Vert, jusqu'au 29 février.

https://www.rideauvert.qc.ca/