«Le Dragon Bleu» de Robert Lepage présenté mardi à Châlons en France

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La nouvelle oeuvre théâtrale du touche-à-tout québécois, "Le Dragon bleu", sera créée mardi à Châlons-en-Champagne. C'est La Comète, scène nationale de Châlons-en-Champagne (à deux heures de Paris), qui accueille ce nouveau spectacle du 22 au 24 avril.

Acclamé dans le monde entier, Robert Lepage, 50 ans, homme de théâtre visuel, d'image animée, de multimédia, d'opéra et de rock, joue lui-même dans sa pièce, en compagnie de Marie Michaud. Le spectacle tournera ensuite dans le monde

http://cultureetloisirs.france2.fr/scene/actualite/42279099-fr.php

Le texte de l'AFP:

"Le Dragon Bleu", nouvel opus théâtral et visuel de Robert Lepage
Par Benoit FAUCHET

PARIS, 21 avr 2008 (AFP) - Auteur, metteur en scène et acteur, le Canadien Robert Lepage est l'inventeur d'un théâtre visuel et technologique capable de susciter des images d'une grande poésie: il tentera à nouveau de le prouver avec "Le Dragon Bleu", créé mardi à Châlons-en-Champagne (est de la France).

La scène nationale La Comète accueillera jusqu'à jeudi les trois premières représentations mondiales de ce nouveau spectacle sans doute promis à une grande tournée, comme en a l'habitude ce Québécois de 50 ans, acclamé de l'Amérique du Nord à l'Asie en passant par l'Europe et notamment la France.

"Le Dragon Bleu" est la suite de "La Trilogie des dragons", créée en 1985 pour ses deux premiers volets, deux ans plus tard dans son intégralité et qui a contribué à imposer Robert Lepage sur la scène internationale.

Deux décennies plus tard, le regard sur l'Empire du milieu ne se limite pas aux miroirs tendus pas les "chinatowns" du Canada. Le personnage Pierre Lamontagne -- joué par l'auteur -- se retrouve comme galeriste à Shanghaï, où il côtoie l'avant-garde des arts plastiques.

"La Chine est beaucoup plus incarnée dans +Le Dragon Bleu+ et dépeinte selon un point de vue contemporain. De plus, +La Trilogie des dragons+ avait un aspect très expérimental. Cette fois, la manière est plus cinématographique", explique à l'AFP Robert Lepage.

Si l'artiste canadien se garde bien de "faire du cinéma au théâtre", son univers pluridisciplinaire et mouvant, mêlant le théâtre à la vidéo, aux technologies multimédia et aux effets spéciaux de lumières, d'images et de sons assume ses liens avec les codes du septième art et de la télévision.

"Aujourd'hui, avec les vidéo-clips, on raconte aux jeunes des histoires de façon déconstruite, et les gens connaissent les règles narratives du cinéma, donc pourquoi ne pas essayer d'intégrer ça à notre travail ? Très souvent, le public, surtout le plus jeune, arrive à la fin de la pièce avant que nous y soyons nous-mêmes rendus. Il faut donc créer un langage théâtral où l'on peut au moins suivre le public", fait valoir Robert Lepage.

"Il y a un nouveau public qui est en phase avec notre travail. On en est très fier car on se dit que même si l'expérience n'est pas toujours réussie du point de vue du contenu, la forme aura aidé à amener au théâtre un public qui n'y serait jamais allé", ajoute l'artiste.

A la Caserne Dalhousie, à Québec, qui sert de laboratoire à sa compagnie Ex Machina, Robert Lepage aime mener de front différents projets, souvent sur plusieurs années pour leur permettre de "se décanter".

Le Québécois multiplie les formats et les disciplines (solos, formes légères comme "Le Dragon Bleu", fresque épique telle "Lipsynch", après une tournée du chanteur Peter Gabriel et le spectacle du Cirque du Soleil à Las Vegas) mais a "un peu abandonné le cinéma" après avoir réalisé plusieurs films.

"Le cinéma est une réalité très difficile au Canada maintenant. Il faut répondre aux règles de l'industrie, il n'y a plus vraiment d'argent pour les films d'auteur", explique-t-il.
En revanche, l'art lyrique occupe une place de choix dans son agenda, ce qui devrait aller crescendo puisque Robert Lepage présentera à partir de 2010-2011 une nouvelle "Tétralogie" de Wagner au Metropolitan Opera de New York.

"Cela fait déjà au moins deux ans qu'on est en recherche pour ce +Ring+: il fallait trouver le concept qui allait tenir le coup sur quatre productions et pendant seize heures", s'amuse l'homme de théâtre.

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