Le documentaire «Cultes religieux : des enfants oubliés» diffusé sur Club illico – Quand l’emprise religieuse va trop loin

Catégories

Image

Cultes religieux : des enfants oubliés

Au premier abord, ce qui m’a frappée, c’est le titre.

« Cultes religieux : des enfants oubliés »

Des enfants en situation précaire qu’on oublie, qu’on délaisse, c’est un sujet délicat provoquant une immense vague de frustration et de questions : « Comment ça, des enfants oubliés? », « Pourquoi on ne les aide pas? », « Est-ce que ça aurait pu être évité? », « Quoi faire à l’avenir pour sauver ces enfants? »

Sans surprise, j’ai voulu en savoir plus sur le sujet et j’ai aussitôt été happée par les deux épisodes du documentaire réalisé par Patricia Beaulieu.

Dans Cultes religieux : des enfants oubliés diffusé sur Club Illico, Marie-Claude Barrette met en lumière les paroles de ces enfants oubliés, de ceux et celles qui, dès leur naissance ou leur plus jeune âge, ont grandi au sein de cultes religieux.

En voyant et en écoutant ces victimes, je me suis imaginé l’enfer qu’ils ou elles ont vécu. J’ai été bouleversée lorsque j’ai réalisé qu’encore aujourd’hui, à côté de chez moi, des enfants sont aux prises avec ces sectes toxiques et vivront avec des séquelles et des souvenirs traumatisants.

Ça perdure… Dénonçons!

Lorsque je pense à une secte, j’imagine un groupe isolé du reste du monde aux rituels étranges. J’étais surprise de constater qu’il y a encore des cultes actifs, plus proches de moi que je ne le pense.

En voyant le documentaire, j’ai été encore plus étonnée de voir l’ampleur des dégâts causés par ces cultes religieux qui se sont creusé une place immuable dans la société tout en restant intransigeants vis-à-vis certaines lois gouvernementales.

Le plus surprenant dans cette situation, ce sont les enfants – des prisonniers qui n’ont pas leur mot à dire. Pour les dirigeants et dirigeantes, ils sont des cibles parfaites : des êtres qui obéiront et qui, surtout, deviendront l’avenir de la secte.

Marie-Claude Barrette a d’ailleurs interviewé des anciens membres de cultes religieux qui, à l’époque, étaient des enfants sans défense. Il y a notamment Myriam Keyzer qui avait intégré un culte à l’âge de deux ans avec sa famille et François Thériault, l’un des fils de Roch « Moïse » Thériault.

Tout au long du documentaire, les témoignages de nombreuses victimes dressent un portrait assez lourd de cette situation qui persiste sous nos yeux, au Québec. Rapidement, nous comprenons comme spectateur/spectatrice que beaucoup d’enfants ne sont pas sur le radar du gouvernement, souffrent et n’ont pas choisi de faire partie d’une secte.

Entre le gouvernement qui esquive le sujet et les parents qui n’agissent pas, quel sort leur réserve-t-on? Difficile à dire. Le pire, c’est que plusieurs sont au courant de la situation, mais n’ont pas les outils pour agir.

Il y a notamment Agnès Maltais qui avait tenté d’ouvrir le débat sur la jeune femme qui, au nom de sa religion, avait refusé une prise de sang et en était décédée. Les collègues de Mme Maltais avaient rejeté l’offre ce qui a clos le sujet promptement… Allez savoir pourquoi!

Même quand il s’agit de dénoncer, rien n’avance dans le bon sens. S’il y a bien une direction vers laquelle pointe le documentaire, c’est celle-ci : l’urgence de dénoncer afin de venir en aides aux victimes, de jeunes enfants innocents.

Marie-Claude Barrette

Les confessions avec Marie-Claude Barette

Avec un soutien et une écoute incomparables, Marie-Claude Barrette écoutait les confessions des victimes qui sont venues témoigner et savait quelles questions poser. Professionnelle, elle intervenait au bon moment et céder la plupart du temps sa place pour que les témoignages soient le plus naturel possible.

Marie-Claude était à la fois animatrice du documentaire, mais aussi confidente. Les personnes qui témoignaient semblaient détendues malgré quelques souvenirs plus difficiles à raconter. À la fin des discussions, elles avaient l’air plus légères comme si elles avaient été libérées d’un poids sur leurs épaules.

Quitter un culte n’est pas chose facile. Tous ces enfants ont laissé quelque chose derrière eux, trop souvent leur famille. Ils se sont tournés vers un avenir incertain, un monde qu’ils ne connaissaient pas du tout et c’est alors qu’ils ont réussi à se tourner vers un horizon différent et effrayant, certes, mais ô combien plus réconfortant que le culte.

Comme l’a dit Jasmine l’une des personnes interviewées : en quittant une secte, on devient migrant sectaire.

Pour visionner le documentaire, cliquez ici : https://clubillico.videotron.com/accueil/10446852/Cultes-religieux-des-enfants-oublies.
Pour en savoir plus sur Patricia Beaulieu, cliquez ici : https://reals.quebec/patriciabeaulieu.
Pour suivre Marie-Claude Barrette, cliquez ici : https://www.facebook.com/marieclaudebarrettePageOfficielle.
Crédit photo : https://www.tvanouvelles.ca/2020/12/11/des-enfants-abandonnes.

Abonnez-vous ici à l’infolettre de Patrick White : https://patwhite70.substack.com/.