«Le cri de ma mère» de Nathalie Leclerc – Entre le pardon et l’accomplissement de soi

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Nathalie Leclerc - Le cri de ma mère

Le cri de ma mère de Nathalie Leclerc m’a aussitôt séduite par son titre révélateur, mais aussi par son résumé qui, déjà, annonce la couleur de l’histoire. Avant même de le lire, je savais d’emblée que le récit me guiderait dans un périple de montagnes russes émotionnelles – et je ne m’étais pas trompée!

Entre l’errance, l’accomplissement de soi et la résilience, l’auteure nous invite dans un cheminement existentiel qui est à la fois unique et universel. Aussitôt, je me suis reconnue dans cette quête de réponses qui demande du temps et qui, un jour on l’espère, nous apportera un bien-être, un équilibre intérieur.

L’intériorité projetée sur l’extérieur

S’il y a bien une chose qui m’a frappée dans ce roman, c’est l’intériorité de l’auteure et sa façon d’aborder la vie autour d’elle. Tout ce qui l’entoure mérite d’être considéré, commenté, complimenté et parfois déprécié – comme si toute chose était là pour une raison.

C’est dans cette vision du monde que l’auteure se mêle au vivant en cherchant par tous les moyens de rester sereine. Malgré les moments difficiles, elle trouve le courage de poursuivre sa route pour elle et pour ses enfants – ses trois têtes blondes.

De l’oiseau chantant sur le bord de la fenêtre à une femme troublée assise non loin sur la terrasse d’un café, l’auteure observe les environs et nous invite à voir le monde sous son œil bienveillant alors qu’elle décrit des parcelles de notre raison d’être sous une plume poétique agréable à lire.

Le cri de ma mère de Nathalie Leclerc

À la recherche de réponses

Pas à pas, nous suivons le cheminement personnel de l’auteure alors qu'elle poursuit sa quête pour trouver des réponses à ses questions. Avec son déménagement en France, tout a changé et en même temps, tout reste pareil; les enfants vont à l’école et bâtissent de nouvelles amitiés, l’auteure se penche sur l’écriture de son roman tout en tissant des liens avec son entourage et, au fil du récit, elle prend des nouvelles de sa mère vivant au Québec ce qui fait remonter à la surface des souvenirs plaisants et douloureux.

Chevauchant entre des souvenirs avec son père Félix Leclerc et ceux avec sa mère Gaëtane Morin, nous comprenons bien assez tôt que la relation maternelle n’est pas si harmonieuse contrairement à la paternelle. Malgré toutes ses tentatives à essayer de s’accomplir sur le pan personnel, l’auteure se retrouve devant un échec – celui de ne pas avoir une proximité avec sa mère ce qui l’affectera tout le roman durant.

Je vous rassure, ce cercle vicieux finit par être brisé – heureusement – et c’est d’ailleurs ce que, comme lectrice, j’attendais impatiemment : comment l’auteure réussit-elle à faire la paix avec sa mère et, de fait, elle-même?

La résilience et l’acceptation

Au fil de ses rencontres et des liens qu’elle a tissés en France, l’auteure accueille cette nouvelle vie qu’elle a bâti de presque rien. Bientôt, elle se sent chez elle, accueillie et faisant partie d’un tout.

Malheureusement, alors que tout va pour le mieux, la maladie de sa mère met en pause cette vie pour l’obliger à revenir au Québec afin de prendre soin de sa maman et, qui sait, renouer avec elle.

J’ai été très émue de voir comment cette relation qui était si peu harmonieuse par le passé se rebâtit finalement sur les cendres du vécu pour faire renaître une relation entre mère et fille qui donne chaud au cœur.

En fin de compte, l’auteure renoue à la fois avec sa mère et avec elle-même. Elle ne se remet plus en question, avance avec le sourire malgré les épreuves et les difficultés.

Regarder derrière soi alors qu’il faut regarder devant soi

Souvent, j’ai tendance à regarder ce que j’ai accompli afin de juger la personne que je suis. Même si je sais pertinemment que rien n’est coulé dans le béton et que tout peut être reconstruit, je pense que nous avons toutes et tous cette tendance à chercher dans nos souvenirs un réconfort, une fierté ou à seulement ressasser ces merveilleux moments menant vers une nostalgie certaine.

Ce qui compte réellement, c’est de tout faire pour être en paix avec celles et ceux qui nous entourent. Évidemment, vous le savez. Je ne vous apprends rien! C’est facile à dire et parfois beaucoup plus difficile à accomplir, mais une fois qu’on réussit cette tâche, on peut regarder devant soi avec une sérénité qui nous permet de poursuivre nos projets.

Le cri de ma mère de Nathalie Leclerc, c’est un hommage pour Gaëtane Morin, la mère de l’auteure, mais c’est aussi – pour moi – un message de résilience et d’accomplissement de soi. Un accomplissement personnel – celui où, enfin, on accueille le monde pour mieux se concentrer sur l’avenir et taire cette manie de trop regarder au-dessus de notre épaule.

Pour vous procurer un exemplaire, cliquez ici : https://www.leslibraires.ca/livres/le-cri-de-ma-mere-nathalie-leclerc-9….
Pour en savoir plus sur l’auteure, cliquez ici : http://www.lemeac.com/auteurs/691-nathalie-leclerc.html.
Crédit photo : Sylvain Leclair.

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