L'Agence France-Presse de nouveau en grève

Le litige entre la direction et des syndicats sur le traitement des rémunérations de cadres dirigeants n'est toujours pas réglé.
À leur tour , les bureaux de province de l'Agence France-Presse (AFP) ont voté, mardi 1er février, un arrêt de travail sur le fil français, prévu jeudi 3 février, de midi à minuit, à l'appel des syndicats CGT, SUD, CFDT, CFTC et SNPEP-FO. Le personnel des régions s'est prononcé pour cette grève par 62 voix pour, 6 contre, 17 abstentions et 12 blancs.
Lundi 31 janvier, au siège de la place de la Bourse, à Paris, lors d'une assemblée générale, le personnel parisien avait voté pour la grève par 98 voix pour, 18 contre et 27 abstentions. Force ouvrière (journalistes), le Syndicat national des journalistes (SNJ), le Syndicat autonome des journalistes et des métiers de la presse-UNSA (SAJ-UNSA) ainsi que la Société des journalistes n'ont pas appelé à la grève. Lundi, lors de l'assemblée générale, Patrick Filleux, du SAJ-UNSA, a "appelé au dialogue social opposé à une stratégie de l'affrontement".
Pourquoi le fil français ? "Parce que les clients de l'étranger ne sont pas partie prenante du conflit, explique Jean-Marc Vantillard, de la CGT. En revanche, la presse française et l'Etat sont représentés au conseil d'administration de l'AFP."
Que veulent les grévistes ? Selon un communiqué publié lundi 31 janvier, ils "exigent la communication immédiate à l'expert du comité d'entreprise des documents, prévus dans les minutes de discussion d'octobre 2004, sur les sursalaires versés à la direction, le rétablissement du circuit ordinaire pour le traitement des salaires et des notes de frais des directeurs". Ils demandent également "l'ouverture dans les plus brefs délais de négociations sur une augmentation générale des salaires", ainsi que le respect des minutes de discussion signées en octobre 2004.
Pour comprendre cette nouvelle turbulence à l'agence, il faut revenir à l'automne 2004 et à "l'affaire" dite des bonus. Le 29 septembre, le personnel avait alors voté une motion de défiance contre l'attribution de sursalaires, pouvant atteindre 35 000 € , à des membres de la hiérarchie. Trois arrêts de travail avaient été observés. Le 12 octobre, direction et syndicats avaient signé des minutes de discussion concernant la suppression de tels bonus à l'avenir. L'accord portait également sur la titularisation, entre octobre 2004 et janvier 2005, de 30 journalistes en contrat à durée déterminée (Le Monde du 14 octobre 2004).
Quatre mois plus tard, le 25 janvier, lors d'une assemblée générale rassemblant environ 200 salariés, une nouvelle motion de défiance présentée par l'intersyndicale (CGT-SNJ-FO-SUD-CFDT-CFTC soutenue par la Société des journalistes de l'AFP) a été votée contre la direction à l'unanimité. Le texte évoquait "une volonté d'opacité accrue sur les salaires de la haute hiérarchie", indiquant notamment que "le personnel de l'AFP a constaté que le PDG -Bertrand Eveno- a décidé de sortir les directeurs du circuit ordinaire de traitement des rémunérations à l'agence". Ce qui ne peut être interprété "que comme une volonté du PDG de maintenir les mêmes pratiques condamnées par le personnel à l'automne (...)" (Le Monde du 27 janvier).
La motion de défiance a été transmise à M. Eveno lors d'un comité d'entreprise, jeudi 27 janvier. Selon les syndicats, le PDG est resté sur ses positions.
Lundi 31 janvier, M. Eveno est venu s'adresser au personnel réuni en assemblée générale. Selon le PDG, la décision de confier la gestion des salaires des directeurs à la responsable du service de la paye correspond à "une décision technique qui n'a jamais été une décision politique". Il a en outre déclaré : "Je ne suis pas là pour cacher ma copie. J'affirme devant l'assemblée générale (...) que je ne suis pas la sorte de personnage qui refuse de rendre des comptes. J'accepte la transparence et je l'accepterai jusqu'au dernier détail." Concernant la communication à l'expert du comité d'entreprise, il a déclaré : "l'ensemble de ces documents a été transmis ou sera transmis au cabinet d'expert". Il a également affirmé : "Je vous donnerai toute l'information."
Les syndicats qui ont appelé à la grève prévoient une nouvelle assemblée générale, la semaine prochaine.
Source: Le Monde

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