L’AFP lance un service de vidéo internationale, comme Reuters TV et APTV

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Avec des documents textes, photos, sons, vidéos, graphiques fixes et animés, l’Agence France-Presse (AFP) est présente auprès de milliers de clients dans le monde. Mais pour rester une grande agence mondiale, sa présence sur le marché international de la vidéo se révélait incontournable. D’où le lancement, avec une dizaine d’années de retard sur Associated Press et Reuters, d’un service d’actualité vidéo en français et en anglais. Le nouveau bébé, l’AFPTV, compte diffuser ses images trois cent soixante-cinq jours dans l’année, avec une moyenne de cent cinquante sujets internationaux par mois et quatre cents pour la France. « Le développement résolu d’AFPTV vient compléter une gamme de produits très riche » indique le PDG de l’AFP, Pierre Louette, pour qui « la vidéo est au coeur du multimédia et le multimédia au centre du dispositif de développement de l’agence ».

AFPTV entend se positionner comme un service « complémentaire ». « L’idée n’est pas de se doter d’une couverture totalement exhaustive », explique Pierre Louette. Mais d’avoir des « priorités éditoriales », « d’aller là où, parfois, les autres ne vont pas, de faire la différence par la recherche d’angles ». D’où l’idée de proposer, pour AFPTV, trois catégories de sujets, d’une minute trente à deux minutes, d’actualité, d’investigation et de « faits de société et art de vivre ». Ce nouveau service international complète l’offre vidéo créée en 2001 sur la France et qui compte désormais sept bureaux de province et un bureau parisien. Contrairement à la stratégie déployée à l’international, la couverture française est axée sur les dominantes de l’actualité. A aussi été lancé, début janvier, un « mini-journal » en images à destination de portails Internet, des téléphones mobiles ou de chaînes régionales et thématiques.

Ce nouveau service n’a pas rencontré de barrage à l’agence. Cependant, rappelle le syndicaliste et journaliste de l’AFP Patrick Kamenka, « la CGT lutte depuis dix ans pour que l’agence se dote de moyens et d’un projet pareil ». Mais relève-t-il, « le lancement de ce service crée très peu d’emplois nouveaux. On enlève des effectifs d’un endroit pour les remettre ailleurs. En termes technocratiques cela s’appelle des allocations de ressources. Et c’est cela qui nous fait souci », dit-il.

Quarante journalistes travaillent pour le service vidéo. En 2006, sur un chiffre d’affaires total de l’agence de 260 millions d’euros, le service vidéo en a réalisé trois millions. Pour le PDG de l’entreprise, « l’objectif est d’arriver assez vite à un chiffre d’affaires de cinq millions ». Une manière de soulager les finances de l’AFP à la veille de 2008 qui, estime Patrick Kamenka, « paraît être l’année de tous les dangers » : « Parce qu’il va falloir, en plus de l’endettement, rembourser un prêt de l’État de quinze millions d’euros, et aussi se réapproprier le siège actuellement en crédit-bail . » Pour lui, « malgré de nouveaux projets, un chiffre d’affaires que la direction affiche en croissance, l’agence est, au-delà du lancement bénéfique du service AFPTV, en situation de bug financier très important ».

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