L'activité de Reuters a crû au troisième trimestre malgré la crise du crédit

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L'agence de presse internationale Reuters, spécialisée dans la finance, a fait état jeudi d'une hausse de 2,3% de son chiffre d'affaires au troisième trimestre, à 646 millions de livres (929 millions d'euros), en dépit des turbulences récentes des marchés financiers.

Hors effets de changes, cessions et acquisitions, la croissance du chiffre d'affaires est ressortie à 7,6% sur le trimestre, a précisé le groupe dans un communiqué. Les effets de changes ont en effet pesé sur le chiffre d'affaires courant à hauteur de 33 millions de livres.

Depuis le début de l'année, les changes ont eu un impact négatif cumulé de 119 millions de livres (171 millions d'euros) sur le chiffre d'affaires du groupe, qui dit être surtout pénalisé par la faiblesse du dollar par rapport à la livre sterling, et dans un deuxième temps par celle de l'euro, du yen et des autres monnaies qui se sont également dépréciées face à la devise britannique.

Les services spécialisés pour les salles de marché (logiciels de transactions, bases de données et information financière) ont reculé de 2%, mais progressé de 3% hors effets de changes.

Les services aux entreprises ont progressé de 5% (11% hors effets de change), à 109 millions de livres, et les services dédiés aux professionnels de la gestion d'actifs ont bondi de 19% à 92 millions de livres (23% en données sous-jacentes).

L'activité médias (agence de presse, photo et vidéo, publicité et vente d'information au grand public) a augmenté quant à elle de 5% (11% hors effets de change) à 43 millions de livres, dont 35 millions pour la seule partie agence de presse.

Par ailleurs, Reuters a indiqué avoir fait de "bons progrès" dans son processus de rapprochement avec le canadien Thomson Corporation. Le Britannique avait accepté en mai d'être racheté Thomson, qui est l'un de ses principaux concurrents dans l'information financière, pour un montant de 8,7 milliards de livres en numéraire et en actions.

La hausse de l'activité "démontre que notre performance n'a pas été affectée par les turbulences sur le marché du crédit, sans aucune perturbation liée à l'accord avec Thomson", a déclaré dans le communiqué le directeur général du groupe, Tom Glocer.

Il a affirmé que les changements conduits ces dernières années, marqués par d'importantes réductions des coûts et des effectifs du groupe, avaient placé Reuters "en meilleure position pour résister aux effets d'un retournement du marché".

Il a assuré par ailleurs que le groupe de médias "faisait de bons progrès dans son projet d'intégration" avec Thomson, et que les deux alliés tablaient sur un feu vert des autorités de la concurrence à leur fusion "au cours du premier trimestre 2008".

Les investisseurs ont bien accueilli ces annonces. L'action du groupe progressait de 1,57%, à 648,50 pence, dans un marché londonien en hausse de 1,22%.

ANALYSE:

Reuters Group fait état d'une hausse de 7,6% de son chiffre d'affaires sur base récurrente au troisième trimestre, conforme aux attentes en dépit de la crise de liquidité globale provoquée par les difficultés du marché des prêts hypothécaires à risque aux Etats-Unis.

* CHIFFRE D'AFFAIRES : Le chiffre d'affaires trimestriel du groupe britannique d'informations, en cours de rachat par le canadien Thomson est ressorti à 646 millions de livres sterling (927 millions d'euros).

Il enregistre une progression de 7,6% (hors changements de périmètre et à changes constants) après une hausse de 6,4% au premier semestre.

Le chiffre d'affaires total a progressé de 2,3% sur le trimestre après prise en compte des effets de changes.

Six analystes interrogés par Reuters tablaient en moyenne sur un chiffre d'affaires trimestriel de 645 millions de livres, leurs estimations s'échelonnant de 640 à 649 millions.

Le groupe précise que sa croissance a été soutenue dans toutes les régions en dépit des turbulences traversées par les marchés.

La croissance du C.A. récurrent a atteint 10% en Asie sur juillet-septembre et 7% dans les zones Amériques et Europe-Moyen-Orient-Afrique (EMEA).

* COMMENTAIRE D'ANALYSTE : "Le groupe n'a pas encore été affecté négativement par les turbulences sur les marchés du crédit. Mais ses facturations s'effectuant en grande partie sous forme d'abonnements, nous pensons que les conséquences sur son chiffre d'affaires prendront du temps à se matérialiser", écrit Numis Securities dans une note de recherche alors que des analystes s'étaient inquiétés de l'impact des turbulences sur les marchés financiers sur l'activité au troisième trimestre.

* BOURSE : L'action Reuters progresse de 2,11% à 652 pence à 12h20 GMT alors qu'elle s'échangeait à 646 pence juste avant la publication.

* PERSPECTIVES : Le directeur général de Reuters Tom Glocer a déclaré que les perspectives de ventes du groupe pour le quatrième trimestre "étaient aussi bonnes qu'elles ne l'ont jamais été" alors que les volumes d'activité sur les marchés sont très élevés et qu'il n'y a guère de signes d'une réduction des dépenses.

"Nous sommes en passe de réaliser le genre d'exercice dont j'avais parlé lors des résultats semestriels, en juillet", a-t-il ajouté lors d'une téléconférence avec des journalistes.

Il a souligné que les récentes réductions d'effectifs dans les divisions hypothécaires et de titrisation des banques américaines n'avaient pas vraiment affecté l'activité de Reuters.

"S'il n'y a pas d'effet de contagion sous la forme d'une récession, tout ira bien pour nous", a-t-il poursuivi.

"Si les très grands établissements commencent à supprimer des positions de trading dans les différents segments de marché, cela pourrait nous affecter", a-t-il prévenu.

"Mais au cours des neuf premiers mois de l'année, nous avons installé 2.000 positions nouvelles dans les marchés du crédit et il faut voir aussi le bon côté des choses", a-t-il dit.

* RACHAT PAR THOMSON : Tom Glocer a déclaré que les travaux en interne en vue de l'intégration avec Thomson Corp. avançaient bien et qu'un feu vert des autorités de la concurrence sur le projet était attendu au premier trimestre 2008.

Il s'est déclaré confiant que le rachat pourrait être réalisé sans que des cessions d'actifs ne soient exigées par les autorités réglementaires.

La Commission européenne a ouvert une enquête approfondie sur le projet au début du mois et a désormais jusqu'au 25 février pour se prononcer plus en détail sur le dossier.

Les deux sociétés ont également dit que le département de la Justice américain ferait connaître sa décision d'ici au 15 janvier.

La fusion, une opération en titres et en cash de 8,8 milliards de livres (12,9 milliards d'euros), créerait le leader mondial des données et nouvelles destinées aux marchés financiers.

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