La poésie à l'honneur au CNA d'Ottawa

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Dans le cadre de sa série Les Spectacles-midi, ces lectures accompagnées de musique à l’heure du lunch, le Théâtre français du Centre national des Arts (CNA) propose cette saison, après Victor Hugo, les épistolières, Arthur Rimbaud et le Bestiaire, une traversée des oeuvres de quatre grands poètes québécois de l’après-guerre, ceux habituellement reliés à ce que l’on a appelé L’Âge de la parole : Roland Giguère (1929-2003), Gaston Miron (1928-1996), Anne Hébert (1916-2000) et Paul-Marie Lapointe (né en 1929).

Car c’est dans la foulée de la Seconde Guerre mondiale et, plus intensément encore, à partir de la Révolution tranquille de 1960 que la poésie s’est déployée au Québec avec une puissance inouïe (au sens premier du terme), se fondant sur une exigence envers la parole elle-même et une éclatante libération des images. La prise de parole de cette génération retentit encore dans la poésie qui s’écrit aujourd’hui et, surtout, dans la façon que le Québec se conçoit lui-même et perçoit le monde.

Présentée en amont de la Scène Québec, la série Les Spectacles-midi débute les 10 et 11 octobre avec la présentation d’une lecture des poèmes de Roland Giguère (tirés principalement des recueils L’Âge de la parole et Forêt vierge folle), le tout accompagné de transcriptions pour piano et violoncelle d’œuvres de Franz Schubert (1797-1828). Pour cette première lecture avec musique, le comédien Pierre Simpson, dirigé par Claire Faubert, sera entouré du pianiste Jean Desmarais et du violoncelliste Paul Marleyn.

Le poète et artiste peintre Roland Giguère (mai 1929-août 2003)

Né à Montréal le 4 mai 1929, Roland Giguère – qui situe lui-même sa vraie naissance vers l’âge de dix-sept ans, au moment où il découvre le poète français Paul Éluard – a étudié la typographie, la gravure et la lithographie à l’École des arts graphiques de Montréal. En 1949, il fonde les Éditions Erta, d’où naissent plusieurs dizaines de beaux ouvrages faits de mots et d’images. Il publie la même année ses premiers poèmes. De 1954 à 1963, il séjourne à Paris où il participe aux activités du groupe Phases et du mouvement surréaliste – il y rencontre André Breton – tout en poursuivant ses études à l’école Estienne et à l’atelier Friedlaender. Il collabore aussi à différentes revues telles Edda (Bruxelles), Odradek (Liège), La Barre du jour, Possibles, Liberté (Montréal) et Estuaire (Québec). De 1970 à 1975, il anime un atelier de recherche graphique à l’Université Laval et, durant cette période, assure la vice-présidence de l’Association des graveurs du Québec. Ses peintures et ses gravures ont fait l’objet de plusieurs expositions au Canada et à l’étranger.

La publication, en 1965, d’une rétrospective de ses poèmes, L’Âge de la parole (1949-1960), marque une étape majeure dans la poésie québécoise, cristallisant les mouvements sourds puis l’effervescence qui animent la société d’alors. En 1966, Roland Giguère reçoit, pour L’Âge de la parole, le Prix France-Canada, le Prix de poésie des Concours littéraires du Québec et le Grand Prix littéraire de la Ville de Montréal. En 1974, il refuse le Prix du Gouverneur général qui lui est décerné pour La Main au feu. Il obtient le Prix Paul-Émile Borduas pour l’ensemble de son œuvre picturale en 1982, la Médaille de l’Académie des lettres du Québec en 1995 et le prix Athanase-David pour sa poésie en 1999. Il est ainsi, avec Fernand Dumont, le seul Québécois récipiendaire de deux prix du Québec dans des disciplines différentes.

Le 27 août 2003 à Montréal lors de la « cérémonie de la parole » en mémoire de Roland Giguère, Jean Royer, alors président de l’Académie des lettres du Québec, souligne la force de ce « poète du paysage intérieur » : « La poésie de Giguère est habitée d’images fortes, comme si la métaphore devenait elle-même la vie. Ou comme si la vie devait être ce rêve d’un monde habitable. La poésie de Giguère, c’est celle des poèmes, des notes et des dessins de Forêt vierge folle, ce livre unique, souverain, dans l’esprit du surréalisme, qui était pour lui, rappelons-le, un sens de la révolte, “pour débusquer le subconscient, l’instinct, le rêve”. »

L’Âge de la parole : Roland Giguère

Textes : Roland Giguère / Interprétation : Pierre Simpson / Mise en lecture : Claire Faubert / Musique : Franz Schubert / Piano et choix musicaux : Jean Desmarais / Violoncelle : Paul Marleyn / Coordination artistique : Paul Lefebvre / Régie : Dalelle Mensour / Une présentation du Théâtre français du Centre national des Arts en collaboration avec l’Orchestre du Centre national des Arts et la Quatrième Salle

Le mardi 10 et le mercredi 11 octobre 2006 de midi à 13 h

À la Quatrième Salle du CNA

53, rue Elgin, Ottawa

Abonnement aux quatre spectacles-midi : 54 $ (adulte), 32 $ (étudiant)

En vente au Bureau des abonnements du CNA

Billets à l’unité : 16 $ (adulte), 8 $ (étudiant)

En vente à la Billetterie du CNA, chez Ticketmaster au (613) 755-1111

ou via le réseau Internet au www.nac-cna.ca http://www.nac-cna.ca/

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