La Manif d’art 5 : une Biennale tout en catastrophe

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Pour sa 5e édition, La Biennale de Québec promet de nous en mettre plein la vue. Pour ce faire, les œuvres d’une cinquantaine d’artistes locaux et internationaux seront présentées dans des lieux intérieurs et extérieurs de la Capitale. Cette nouvelle mouture de la Manif d’art, présentée du 1er mai au 13 juin, s’inscrit dans la thématique hétéroclite et actuelle de la catastrophe.

Les organisateurs ont retenu Place Québec (880, avenue Honoré-Mercier) comme lieu central pour présenter les œuvres sélectionnées. Contrairement aux éditions précédentes, qui nous avaient habitué à fréquenter surtout le quartier Saint-Roch, celle-ci tente le coup du pont Haute-Ville/Basse-Ville pour le déploiement de ses activités.

Il va sans dire que le thème «Catastrophe ? Quelle catastrophe!» a de quoi susciter des réactions équivoques. D’emblée, disons que la proposition de la commissaire de cette Manif d’art 5, madame Sylvie Fortin, chef éditrice du magazine américain Arts Papers, est audacieuse. Le sujet en art n’a-t-il pas été pressé comme un citron depuis le 11 septembre 2001 ? Il faut dire que la catastrophe est dans l’ère du temps. Pensons seulement aux menaces des changements climatiques, au terrorisme tous azimuts, aux guerres en Irak, en Afghanistan et tutti quanti. Des sujets d’actualité qui façonnent notre imaginaire... Voyons ce que la catastrophe a su inspirer à cette pléthore d’artistes triés sur le volet par la commissaire invitée.

Ce que l’on retire de cette présentation de programmation 2010 ? Quelque chose de riche et de diversifié, mais bien peu d’artistes d’ici, sinon les duos de Québec Doyon-Rivest et Cooke-Sasseville, des habitués de la Manif d’art. On aurait aimé retrouver dans cette programmation, entre autres, Jean-Robert Drouillard, un sculpteur de Québec. Pensons récemment à ses déboires catastrophiques avec la ville de Québec, fortement médiatisés, au sujet d’œuvres «controversées» sélectionnées au préalable par un comité ad hoc, dans le cadre d’un projet d’intégration d’arts de la Ville dans l’arrondissement Vanier. Le sculpteur, bien connu de Québec, s’est, par la suite, vu refuser ses œuvres, non pas une, mais deux fois par les élus municipaux de Québec…

Pour en revenir à cette programmation, notons la présence de Myriam Yates, de Lennoxville, qui nous proposera une installation vidéo à Place Québec. Elle aborde le sujet de la désuétude architecturale à partir d’images croquées à l’Hippodrome de Montréal. Belle proposition en perspective. Sinon, l’artiste New-Yorkais Luca Buvoli nous invite à L’Œil de poisson, situé dans le complexe Méduse, pour apprécier sa sculpture installée dans la Grande galerie et qui évoque l’accident d’une voiture qui termine sa course dans la fenêtre. Avec «Instant Before Incident (Marinetti’s Drive, 1908)», Buvoli entend ainsi rendre hommage aux artistes futuristes italiens du début XXe siècle, amoureux de la vitesse et de la machine. Un incontournable.

Pour en savoir plus sur la programmation complète et le coût du laissez-passer, visitez le site www.manifdart.org

Michaël Lachance, collaborateur pour patwhite.com à Québec (lachance.michael@videotron.ca)

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