La grande première du film «Trou story» de Richard Desjardins et Robert Monderie s'est déroulée à Rouyn-Noranda

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C’était dimanche, la première du film tant attendu «Trou Story» de Richard Desjardins et de Robert Monderie. Présenté au Festival de cinéma international en Abitibi-Témiscamingue, devant une population divisée – aux dires même du chanteur-cinéaste – le film risque plutôt d’alimenter le débat de l’industrie minière que de véritablement changer les choses.

C’est la voix de Richard Desjardins qui nous transporte au cœur de l’histoire des mines du Québec et de l’Ontario, tout au long de Trou Story. Pas celle du chanteur mais celle du cinéaste dénonciateur, du curieux impliqué et du citoyen engagé.

“Le monde des mines me reste encore plutôt inconnu”, avoue-t-il d’entrée de jeu. C’est sans doute la raison pour laquelle Robert Monderie et lui ont choisi de dresser un portrait global et très historique de l’industrie minière dans leur nouveau film.

« Les minières doivent accepter et reconnaître leur responsabilité environnementale», a expliqué Robert Monderie lors du point de presse suivant la projection.

« On n’attend pas de miracle. Ce qui est important, c’est que le film soit diffusé. Après cela, c’est à la population de faire le reste. On n’est pas des politiciens ni des ministres des ressources naturelles», a ajouté Richard Desjardins.

«Trou story» regorge d’images d’archives, de dates et de photographie mettant en images, de façon plus claire et linéaire, l’univers des mines au Québec. «Les mines ne parlent pas beaucoup, surtout de leur histoire», raconte le narrateur en guise d’introduction.

Ce que les cinéastes demandent ? La restauration complète, entre autres et une révision radicale des droits aux mines. «Tu fais un trou, tu devrais être capable de le remplir après… !», s’est exclamé Robert Monderie. « Malheureusement, ce n’est pas le cas.» Souhaitent-ils la nationalisation? Non, «mais l’implication de l’État, oui !», répondent-ils.

S’ils ont essayé d’être discrets tout au long du tournage de ce documentaire, l’équipe avoue qu’on leur a demandé de pouvoir visionner celui-ci avant sa sortie officielle, ce qu’ils ont refusé aux compagnies inquiètes de ce qui allait se trouver dans leur «Trou story». Pour ce qui est des élus et de la population, ils affirment que «ce n’est pas toujours aussi difficile que l’on pense de les faire parler, même en Abitibi.» Pour ce qui est du haut gouvernement, ce fut par contre plus difficile.

Lorsqu’on leur demande ce qui les a surpris ou choqués en réalisant leur film, Desjardins parle entre autres de la diminution de pouvoir des syndicats. «Ici, c’est encore colonial!», affirme-t-il en parlant de son Abitibi. «On a tenté qu’il y ait un débat sur les mines à ciel ouvert mais cela n’a pas encore eu lieu. » Dans ce domaine, selon lui, la révolution tranquille n’a pas eu lieu.

Alors que les industries minières ne semblent pas tout à fait d’accord avec l’image dépeinte dans «Trou story» - on dit que l’industrie a bien changé, que les conditions de travail ne sont plus les mêmes qu’autrefois… - Desjardins et Moderie persistent à croire et à déclarer haut et fort que «malgré les discours que tout a changé, l’histoire se perpétue.» Une histoire très bien racontée dans un film qu’on aurait peut-être aimé légèrement plus enflammé.

« Trou story» sortira en salle le 4 novembre à travers le Québec, notamment à Montréal, Québec et Sherbrooke.

Pour vivre l’expérience interactive visitez : http://troustory.onf.ca/#/troustory

(Photo: Maxime Desnoyers)