La crise spirituelle du Québec, signé Paul-Émile Roy

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« Il est difficile de saisir la nature de la crise spirituelle que traverse actuellement le Québec ». Ainsi débute le tout dernier livre de Paul-Émile Roy, auteur qui s’interroge sur le sort qui est fait à la culture et à la spiritualité, notamment au Québec.

À première vue et à la lecture des premiers chapitres, cette publication semble être basée sur des faits historiques, relatant les grandes époques et s’intéressant à la reconnaissance de notre passé. Citant plusieurs grands auteurs, Monsieur Roy pousse le lecteur à s’interroger sur les raisons qui font que les québécois renient leur passé spirituel et ne reconnaissent plus l’Église pour ce qu’elle a fait de bien. Ce côté historique et factuel, sans préjugé, est intéressant et porte à réflexion.

L’auteur tente également d’amener le lecteur à réfléchir sur le monde dans lequel nous vivons. « On parle maintenant de la culture du sport, de la culture des médias, de la culture de l’industrie, de la culture de n’importe quoi, écrit-il, c’est-à-dire qu’il n’y a plus de culture. » D’accord ou non avec cette affirmation, le lecteur intéressé à réfléchir sur notre société ne peut que se questionner et lui aussi se dire que « Les gouvernants ne gouvernent pas, ils sont des gestionnaires ».

Par contre, au fil de la lecture, on découvre une manière de penser qui n’est pas tout à fait en lien avec ce que vivent les gens aujourd’hui et qui discrédite plusieurs acquis sociaux chèrement gagnés par certains groupes de la population. C’est ainsi que l’auteur affirme que « la question du mariage des homosexuels, par exemple, qui mettait en question la famille et le mariage traditionnels, aurait dû faire l’objet d’un long débat public dans toute la société et d’un référendum. » Il poursuit sur sa lancée en parlant de cette révolution qui « semble prendre à la légère les acquis de la civilisation, et repose sur une réduction de l’être humain ». Paul-Émile Roy cite ensuite Jean-Marie Domenach, un intellectuel français catholique, en parlant d’un malaise dans les relations hommes-femmes : « Peur de la femme devant l’homme, qui se dissimule sous le sourire propitiatoire; peur de l’homme devant la femme, qui se traduit par l’homosexualité et l’obsession érotique. » L’auteur fait montre de conservatisme religieux et prend à parti de grands scientifiques et penseurs comme Einstein, en mettant à son profit leurs propos.

Ce livre balance entre constats terre à terre, comme lorsque Monsieur Roy dit que « la société est devenue un immense marché qui ne considère l’homme que comme un client », et pensée d’une époque dépassée, lorsqu’il se dit convaincu que « la femme se situe, plus que l’homme, du côté de l’éducation de l’humanité et de la civilisation. […] Le féminisme porte la femme à compétitionner avec l’homme sur le plan de la domination, de la gestion, de la fonctionnalité. […] On s’apercevra que la femme a autre chose à apporter à l’humanité. » Ainsi le rôle de la femme se réduirait à rappeler à l’homme qu’il n’est pas une mécanique et que ce n’est pas pour rien, selon Paul-Émile Roy, que la liturgie assimile la Vierge à la Sagesse divine. Toujours selon l’auteur, « l’amour courtois est une invention du christianisme qui vise le raffinement des mœurs et le respect de la femme. » Certaines de nos grands-mères n’auraient probablement pas été d’accord avec cette affirmation.

C’est sur une note d’espoir d’évangélisation prochaine que l’auteur conclu « La crise spirituelle du Québec ». Ce livre aux tendances moralisatrices et conservatrices, qui aurait pu être une bonne piste de réflexion, en fera râler plus d’un, et acquiescer d’autres.