La cinquième symphonie de Beethoven au Festival de Lanaudière: de la fougue à revendre!

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Après une absence de 2 ans, le Festival de musique classique de Lanaudière a ouvert sa saison en grande pompe avec l'illustre Cinquième symphonie de Beethoven. La veille, Maestro Ken Nagano nous avait fait l'heureuse surprise de venir diriger l'OSM, avec la quatrième symphonie de Mahler. En cette chaude soirée du 17 juillet, Maestro Jacques Lacombe était pour la première fois au pupitre du Festival de Lanaudière pour diriger l'OSM, avec la Cinquième symphonie de Beethoven. Ce fut une soirée magique, remplie d'énergie, de fougue et de plaisir partagé.

L'amphithéâtre Fernand-Lindsay était plein à craquer pour cette ouverture du festival 2021 et la fébrilité des mélomanes et du Maestro était palpable.

Le concert s'est ouvert avec l'ouverture Léonore, no. 3, opus 72 B, de Beethoven. Cette ouverture de l'unique opéra de Beethoven, Fidelio, a été jouée pour la première fois à Vienne, en 1805. Elle fut révisée puis rejouée quelques mois plus tard, au cours d'un concert mémorable, d'une durée de 4 heures, où plusieurs créations avaient été interprétées pour la première fois. Cette longue ouverture (près de 15 minutes) est conçue comme un mouvement symphonique dramatique de forme sonate. Quelques instruments annoncent d'abord le thème à venir, qui est ensuite repris dans toute sa splendeur par l'orchestre au complet. On a d'abord les clarinettes et les bassons qui introduisent le thème de l'aria de « Florestan emprisonné » du deuxième acte de l’opéra. Le premier thème de la section principale est annoncé par les violons et violoncelles, puis repris par l'orchestre tout entier. Ensuite, une brève fanfare de cors annonce le deuxième thème. Nous reconnaissons la signature de Beethoven dans l'énergie, la vigueur et la fougue de cette pièce magnifique.

La deuxième pièce, Métamorphoses, de Richard Strauss, est une œuvre de chambre très longue et de grande envergure: elle dure près d'une demi-heure et est composée de 23 parties de cordes indépendantes : dix violons, cinq altos, cinq violoncelles et trois contrebasses. L'idée de la création de cette pièce origine d'un drame survenu au père de Strauss. En 1943, Munich, la ville natale de Strauss, est bombardée par un raid aérien qui détruit l'opéra où son père travaillait comme corniste depuis 50 ans. Ce fut la plus grande catastrophe de la vie de Strauss, qui exprima son chagrin à travers cette œuvre triste et sensible. Tout au long de Métamorphoses, Strauss entrelace les thèmes et tisse avec brio une toile polyphonique complexe. Pour ma part, je n'ai pas trop aimé cette très longue œuvre, qui m'a paru répétitive, mélancolique et sans éclat. Cependant, elle permettait de reprendre notre souffle entre deux œuvres très rythmées et fougueuses, soient deux Beethoven.

La troisième pièce, celle que tout le monde attendait avec impatience, est la cinquième symphonie de Beethoven. Elle a été jouée avec tant de fougue, de talent et de précision! On voyait que chaque musicien donnait sa pleine mesure, avec précision et passion. Comme avait l'habitude de dire le critique Lawrence Gilman, « Les chefs-d’œuvre sont capables de se renouveler à l’infini ». Ainsi, peu importe le nombre de fois qu'on a entendu cette œuvre, elle exerce toujours un pouvoir incroyable et indéfinissable sur tous ceux qui l'entendent. On ne s'en lasse jamais. L'interprétation que j'en ai entendue, en ce 17 juillet, était tout simplement magistrale, pleine de vie, d'ardeur et de passion. Maestro Lacombe et les musiciens l'ont exécutée à merveille, laissant dans le cœur de chacun des spectateurs présents un souvenir impérissable. Tous les spectateurs se sont levés d'un bond pour applaudir à tout rompre l'orchestre et son maestro.

Cette soirée restera longtemps gravée dans nos mémoires.

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