Karina Gauvin et les Violons du Roy : impeccable!

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Le 25 juillet dernier, par un après-midi splendide, le Festival de Lanaudière nous présentait un superbe programme, soit Karina Gauvin et les Violons du Roy en Majesté, dirigés par Nicolas Ellis. La réputation de la célèbre soprano ainsi que celle des Violons du Roy n'est plus à faire, et leur prestation conjointe magnifique a encore été à la hauteur de leur talent.

Le programme était composé de trois parties : tout d'abord, la Symphonie no 39 en sol mineur de Haydn, suivie d'extraits de l'opéra Armide, de Gluck, chantés par Karina Gauvin, et finalement, la Symphonie no. 25 en sol mineur, K 183 de Mozart, suivie de 2 arias de l'opéra La Clemenza di Tito, de Mozart, chantés par Mme. Gauvin.

Mozart a toujours été un grand admirateur de Haydn. La Symphonie no 39 en sol mineur de Haydn, dite « La mer troublée », a été composée en 1767-1768 et participe au mouvement Sturm und Drang (Tempête et Passion) qui débute à ce moment-là en Allemagne et se poursuit à Vienne au niveau musical. Cette période, qui dure une dizaine d'années, rompt avec la période du Romantisme, et utilise, pour ce faire, des tonalités mineures, afin de mieux exprimer les sentiments. La tonalité en mode mineur permet d'exprimer la passion ou la douleur en opposition au grand nombre de symphonies ou concertos adoptant un mode majeur joyeux et solennel. Cette symphonie en 4 mouvements se caractérise par des silences subits, par un travail contrapuntique ainsi que par des changements de tonalité et de nuances. Les Violons du Roy rendent très bien toutes ces nuances et l'amplitude de la sonorité, qui varie tout au long des mouvements. Alors que le troisième mouvement, le Menuet, possède un charme bucolique rehaussé par la prédominance des hautbois et des cors, le Finale affiche une énergie féroce et un dynamisme implacable, qui fait penser à l'impossibilité de dompter la nature ...

On retiendra de Gluck qu'il a cherché à intégrer le chœur, la danse et le drame dans un tout unifié, plutôt que d'isoler les parties du chant et celles de l'orchestre. Armide est l'un des derniers opéras de Gluck. Karina Gauvin chante avec beaucoup d'émotion et de passion deux scènes de cet opéra tragique et passionné.

Mozart compose sa Symphonie no 25 en sol mineur quelques années seulement après celle de Haydn. Bien que n'ayant pas participé au mouvement Sturm und Drang, tout indique qu'il s'en est fortement inspiré... En effet, en plus d'utiliser le mode mineur (très peu courant à l'époque), et de faire fi de l’élégance et de la grâce de l’esprit rococo- alors en vogue- il exprime au contraire, dans sa symphonie, le pathétisme, la passion, l'amertume et l'agitation fébrile. Les 4 mouvements sont bien différents l'un de l'autre. Alors que la symphonie commence avec un thème échevelé et orageux joué sur de trépidants rythmes syncopés, le deuxième mouvement, en mode majeur, est empreint d'émotion et d'un sentiment de résignation. Le Menuetto est plus obscur et sérieux que les Menuets auxquels Mozart nous a habitués. Le dernier mouvement retrouve la férocité du premier et conclut vigoureusement la symphonie.

Enfin, Karina Gauvin vient clore ce superbe après-midi de musique classique et d'opéra en interprétant deux Extraits de La Clemenza di Tito, K. 621.

Toute l'assistance s'est levée d'un bond et a offert une longue ovation debout à la Soprano Karina Gauvin – que nous étions si contents de retrouver – ainsi qu'aux musiciens des Violons du Roy. Mme. Gauvin en était très émue et nous a alors offert, en remerciements, un autre air léger et amusant d'opéra.

Une deuxième longue ovation debout est venue clore ce magnifique concert.

http://www.violonsduroy.com/fr

http://karinagauvin.com/