John White (1945-2012) : un an déjà

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Ce matin, je ne sais pas trop de quel John White parler, car il y a des dizaines de John White.

Il y a John le survivor, le courageux John des 17 derniers mois qui a lutté contre le cancer du cerveau sans se plaindre, avec courage et l’espoir d’un miracle. Heureusement, il a eu une bonne qualité de vie malgré les deux opérations et les traitements. Il n’a jamais souffert. John a été un battant jusqu’à la fin.

Il y a John, le petit gars de Val St-Michel qui est devenu prof de philo au cégep de Ste-Foy, après un baccalauréat, une maîtrise et un doctorat. John a enseigné pendant près de 40 ans en philosophie au Cégep de Ste-Foy et ses textes étaient très populaires et facile d’approche pour tous. Ma blonde Nadine, qui est ici, a même conservé ses notes de cours. Son cours a marqué les jeunes. Il a même sauvé des étudiants du suicide, grâce à son message positif. Dans ses cours, John enseignait la philo à travers l’expérience personnelle des étudiants. Ses thèmes préférés étaient : le goût du meilleur, la bonté de l’homme, l’amour, l’amitié. C’était très concret. Son collègue Gérard va en parler dans quelques instants.

Il y a John l’homme religieux, qui a toujours essayé de concilier la vie quotidienne et la religion, comme le dit si bien son bottin des finissants à l’Académie de Québec en 1965. John qui a étudié en latin les textes de Saint Thomas d’Aquin et de St-Augustin, et qui a lu les encycliques du pape depuis le Concile Vatican II. John lisait beaucoup. Il aimait ça. C’est le John qui venait à la messe plusieurs fois par semaine. Le John qui est allé étudier la Bible à l’Institut Hébreu de Jérusalem en 1991. La foi chrétienne était donc à la base de sa vie. C’est ce qui lui a permis d’être serein jusqu’à la fin, de ne pas avoir peur de la mort. Il a eu la chance d’être béni dimanche soir par l’archevêque de Québec, Mgr Lacroix, qui était à l’hôpital l’Enfant-Jésus par hasard.

Il y a John le grand golfeur. Une autre facette de sa personnalité. Il s’était découvert une passion venue il y a 15 ans. Il a joué énormément, 3-4-5 jours semaine, au club de golf de Loretteville et surtout au Club Castor de Valcartier depuis bien des années. Il s’y est créé bien des amitiés grâce à sa facilité à parler aux gens. John a déjà joué 67 ou 68. Ce n’était pas un amateur. Il perfectionnait son swing à chaque saison. Il aimait bien aussi écouter les tournois de golf à la télé américaine. C’était un rituel pour lui.

Il y aussi et surtout John le bon père de famille et le mari aimant, toujours présent pour sa femme Claire et ses enfants. Je n’ai aucun souvenir, et je tiens à le souligner, de l’absence de mon père lors d’une fête de famille, d’un souper important, pour jouer à des sports, pour être avec les siens. Il a toujours été là. Toujours disponible et à l’écoute. Son amour pour Claire a toujours été aussi fort après toutes ces années : 43 ans.

Parlant de sport, il n’y a pas juste le golf. Il y a aussi John le joueur de hockey, qui a même fait le camp d’entraînement des Remparts de Québec dans les années 1960. Il avait du talent, pas juste en philo! Il était pas pire aussi au ballon-balai. C’était le fun de le voir jouer au patro St-Vincent de Paul.

J’ai parlé de bon père de famille, tantôt, en faisant référence à sa fidélité totale à Claire, Caroline, Marianne et moi. Mais John était aussi super attachée à sa famille : ses 9 neuf frères et sœurs, sa mère Laurette et son père Leslie. Pour lui, c’était tellement important. C’était une grosse partie de sa vie et surtout des bons souvenirs : la vie à Val St-Michel, les étés à Shannon, la vie sur la rue Berthelot en Haute-Ville, les visites chez Laurette, les frères et sœurs, les cousins comme Dennis et Raymond. John aimait sa famille. Même chose pour sa belle-famille, les Cantin, depuis qu’il a commencé à fréquenter Claire en 1961, il y a 50 ans. On pense encore au chalet de Val-Bélair de Arthur et Irma et de toutes les fêtes avec les cousins, cousines, les oncles et les tantes chez les Cantin.

C’est important aussi de mentionner l'importance pour John de semer le bien partout. Exemple, Il parlait souvent avec des étrangers (dans les files d'attentes, les employés de magasins, serveuses dans les restos, etc) en racontant une blague ou parler de la pluie et le beau temps. Il croyait à l'importance du contact avec les autres, avec les voisins par exemple. John croyait que l'être humain était bon.

Les voyages maintenant! John était un grand voyageur. Il a commencé en 1976 avec Claire et des amis avec un grand tour de la France et de l’Italie. Il faut se rappeler que bien peu de gens voyageait au Québec dans les années 1970. En 1981-1982, il y a eu un an où on a vécu en Suisse, ce qui nous amené à découvrir les pays autour. Plus tard, John et Claire se sont abonnés à la Floride l’hiver, mais ont aussi visité New York, la Tunisie, l’Angleterre, l’Ecosse, le Portugal, etc. Des beaux voyages. John a aussi visité Israël, la Palestine, la Jordanie et l’Égypte, dans les traces de Jésus.

Le bon gars. John était un vrai bon gars et ce n’est pas un cliché. Il était toujours prêt à aider. Peut-être même un peu bonnasse .

Il y a aussi John le grand-père.On ne peut pas passer sous silence ses petits-enfants. Avant de mourir, John a eu la chance d’être grand-père. Et quel grand-père il est! Il a adoré ses petites-filles Stella et Jasmine comme c’est pas possible. Un amour inconditionnel. Encore une fois, il était au rendez-vous pour Caroline et Jason. Toujours prêt à garder les enfants, à les divertir et s’amuser. John il aimait beaucoup danser avec Stella sur la chanson Love Generation de Bob Sinclair.

Il y a aussi la Suisse : John savait prendre des risques. Imaginez : on est en 1981. Un prof de philo d’un cégep en Suisse, Carlo Robert-Grand-Pierre, fait passer une annonce sur les babillards des 47 cégeps du Québec pour un échange de profs de un an. Et bien John a été le SEUL prof du Québec à répondre à Carlo et à dire oui. Le reste, on le sait. On a vécu à Neuchâtel un an, développé des amitiés incroyables et fait le tour du monde avec les enfants de Carlo et leurs amis. Quelle expérience impérissable. Ca prenait du courage pour aller vivre en Suisse un an avec trois enfants, une femme et un coût de la vie énorme là-bas pour une plus grosse tâche de travail qu’au Québec.

Que laisse John derrière lui ? Une famille unie et des amis qui l’aiment. Il y a toute la bonté qu'il a semé autour de lui. John a aussi lancé un blogue de philosophie l’année passée et son premier livre sera lancé en mars ou avril prochain chez la maison d’édition Libre Expression. Son livre, qui va faire à peu près 100 pages va être un grand best-seller selon moi. Il y traite des raisons pour lesquelles les gens voient plus le négatif que le positif autour d’eux et il propose des pistes de solution pour voir le verre à moitié plein et NON à moitié vide. Ce livre va donner beaucoup d’espoir aux gens et aux jeunes du Québec.

Je dis donc merci à John pour sa vie. Il ne faut pas célébrer la mort de John mais bien sa vie.

John a eu une belle vie.

Vive John!

Un texte de Patrick White, son fils.