Jimmy Beaulieu invité au festival de BD d'Angoulême, sous le signe de la Finlande

Angoulême va vivre à partir de jeudi au rythme des dessins et des bulles, et notre ami bédéiste Jimmy Beaulieu y sera invité officiellement, et ce jusqu’à dimanche où le lauréat du 33e Festival international de la bande dessinée, récompensé pour l’ensemble de son oeuvre, remplacera Georges Wolinski, sacré en 2005 et devenu selon la tradition le président du festival.
Si tout a commencé par des balbutiements en 1972, le festival a pris son véritable essor en décernant des trophées, les fameux Alph’Art. Deux ans plus tard, l’instauration d’un prix hors norme pour l’oeuvre d’un auteur renommé voyait André Franquin couronné. Depuis, le menu de la capitale européenne de la BD s’est étoffé.
Ainsi, bien que se perpétuent les rencontres internationales, très prisées avec cette année les Américains Mike Mignola, Den Katchor et le Français Enki Bilal, lauréat en 1987, de grandes expositions draineront le public attendu -plus de 200.000- à l’espace Wolinski où chacune de ses oeuvres sera commentée.
Il en sera de même pour l’exploration ludique de l’oeuvre de Jules Verne qui influença des générations d’auteurs.
L’espace Zapping BD reçoit les jeunes créateurs qui font expertiser leurs planches par des professionnels et sont informés sur les facettes du métier (lettrage, maquette, scénario). Par ailleurs, les jeunes sont privilégiés. Doués, vingt sélectionnés participent au concours «jeunes talents».
La nouveauté cette année est que l’un des trois pré-lauréats doit obligatoirement être ressortissant de l’un des pays de l’Union européenne autre que la France. Les heureux élus reçoivent une bourse de 1.500 euros, et le premier d’entre eux enfin se verra attribuer le prix Jeune Talent. De plus, six pages de ses travaux seront publiées dans le magazine «Bang!».
Innovation encore, les Finlandais, très mal connus en France -seules quelques bandes dessinées ont été traduites- seront en nombre. Ainsi, l’exposition de 45 planches, la présence d’une quinzaine d’auteurs dont Matti Hagelberg, Katja Tukiainen (qui exposent aussi à l’Institut finlandais à Paris), ainsi que les prometteurs Ville Ranta et Marko Turunen, permettront de mieux connaître cette production nordique.
Présent également depuis 2005, le concert de dessins qui consiste à mettre en musique et au pied levé les dessins d’auteurs qui créent en direct. Dans le même temps, un abondant espace mangas, sans cesse en progression, promet animations et rencontres. Sans oublier l’Afrique, terre d’éclosion des récits, qui revient, pour la deuxième fois avec planches, débats et réflexion.
Par ailleurs, Yves Poinot, le patron du festival, ne se fait aucun souci. Il déclare même que «le festival est un lieu de passage incontournable pour les auteurs, leur côte au même titre que le tirage croissant de leurs albums en est un révélateur». A partir de jeudi, dix prix seront décernés. Pour le meilleur album, le dessin, le scénario, le premier album, le prix de la série, du patrimoine de la BD, celui du meilleur album pour le public, ceux de la jeunesse (7-8 ans et 9-12 ans) et enfin celui de la BD alternative et fanzine.
Et comme chaque année, le prix Goscinny a déjà été décerné à l’Italien Gipi pour son album «Notes pour une histoire de guerre», publié en janvier 2005 par Actes Sud junior. Il récompense le meilleur scénariste de l’année.
Avec plus de 2.200 titres sur un an, le déferlement des mangas et de collections nouvelles faisant progresser le nombre de titres de 25%, le 9e art visiblement se porte bien.
Source: AP

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