Jason Bajada parle de son nouvel album

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Le premier extrait du nouvel album de Jason Bajada, intitulé "Pékin (Les amitiés)", tourne en rotation sur deux radios, nous annonçait-il fièrement hier. On peut d’ores et déjà voir également le vidéoclip. C’est une très bonne nouvelle pour l’auteur montréalais qui lançait son album "Volcano", le 10 février dernier. Un deuxième album pop-rock en français pour l’auteur-compositeur-interprète, un retour attendu après trois ans. C’est le retour du voyageur, de l’amoureux qui chante généreusement et précisément la vie : écorchée, impulsive, exigeante, précieuse, belle et savoureuse.

À travers ces compositions, on se laisse transporter : on voyage et chemine. L’important est qu’on garde le cap : la musique transmet son rythme, on ne baisse pas les bras. Les erreurs, l’amertume, les aléas de la vie d’amour sont comparés à des phénomènes naturels qui se déchaînent parfois, mais laissent au passage quelques baumes. À certains moments, on doit admettre ce qui se brasse à l’intérieur de nous. Avouer les craintes, la naïveté du moment qui nous ravit et nous emporte encore, ailleurs, pour un autre bout de vie réelle. Au son toujours invitant qui fait bouger, valser le corps, l’âme et le cœur. Tout bouge, c’est instinctif. Ce n’est pas raconté, c’est vivant! On est emporté, non pas par une magie, mais plutôt par un ressenti profond, celui qui se vit, qui vit et grandit.

Chaque instrument est là, prend la place qui lui revient, sait parfaitement s’exprimer à son tour et s’effacer en laissant une marque gravée, comme l’amoureux qui profite de la vague des sentiments, se retire ensuite pour analyser, comprendre, apprendre, juste avant le tourment, laissant une mélodie qui rassure et enveloppe. Dans" Des grenades dans les yeux", la mélodie berce jusqu’à ce que les sentiments pètent au son de la guitare électrique en solo. "Je ne termine jamais l’histoire" : on sent la pesanteur, y règne un sentiment de tristesse et d’incapacité. Ou quelquefois ce sont les percussions qui imposent un rythme d’avancement pour ne pas sombrer dans le chagrin. Cette grande route de l’amour se termine par une effervescente envolée de fierté, une musique qui élève le non-dit ou les mots invisibles. "Pour le reste de ma vie" représente ainsi les résultats, l’accomplissement, la continuité.

Nous reste cette vague à l’âme qui nous rend vivants : en chagrin, en refrain, en percussion ou en élévation de notre cher moi. Et quand le souvenir, l’éraflure au cœur ou le sourire béant s’efface un peu, eh bien, on y revient encore et encore pour cheminer, accompagnant les rythmes de la vie. Cette musique est à écouter chaque fois qu’on veut ressentir franchement; les battements du cœur qui s’enivrent de beauté, se calment par le doute et se révoltent un peu de l’erreur et du changement.

Tout dans ces chansons avance avec une force, une marche musicale qui bat la mesure unique perçue au fin fond de l’être. Tout a sa place. On écoute les indices de sentiments amoureux qui réveillent des facettes de nous-mêmes. Se laisser conquérir par la véracité de cette capacité imprévisible d’aimer, tout comme ces sentiments qui s’estompent peu à peu et qui peuvent parfois faire mal si on ne les chante pas en douceur et en franchise.

Les chansons de Bajada nous confirment que l’ensemble des sentiments éprouvés peuvent être révélés; pas juste le miroitant, mais le reste qui se cache et qui pourtant fait partie intégrante du cheminement à deux. Englober la relation amoureuse avec ce qu’elle a de plus beau ou lorsqu’elle dérape la raison. Il y a des révélations franches qu’on n’oublie pas, des incapacités avouées de celui qui voudrait être le héros du début à la fin de l’histoire, mais qui ne possède pas toute la magie de l’amour en lui, bien évidemment… C’est réconfortant d’entendre celui qui a le don de nous inventer une histoire, le temps d’un refrain, le temps d’une parole écoutée qui prend place.

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