Iroquoiens : une exposition réalisée par Pointe-à-Callière présentée à Mexico‏

Pointe-à-Callière présente au Mexique Iroqués, visión arqueolόgica de una antigua cultura de Quebec ou Iroquoiens : vision archéologique d’une culture ancienne du Québec, une exposition consacrée aux Iroquoiens, dont la population a habité les rives du Saint-Laurent jusqu’au 16e siècle. Quelque 100 artefacts provenant de sites archéologiques du Québec, de l’Ontario et de l’État de New York, en Amérique du Nord, font revivre ce peuple d’horticulteurs qui a introduit la culture du maïs dans la vallée du Saint-Laurent. L'exposition est présentée au Muséo Del Templo Mayor du 12 octobre 2015 au 28 février 2016 sous l’égide du Conseil national pour la culture et les arts (CONACULTA) et de l’Institut national d'anthropologie et d'histoire du Mexique (INAH).

Un lancement significatif

Cette exposition, inaugurée le lundi 12 octobre en présence du premier ministre du Québec, monsieur Philippe Couillard, et de nombreux dignitaires du gouvernement du Mexique, s’inscrit dans le cadre d’un fructueux partenariat entre les deux musées. Le Musée a notamment pu compter sur l’excellente collaboration du Conseil national pour la culture et les arts et l’Institut national d'anthropologie et d'histoire du Mexique pour cette présentation.

« C'est un immense plaisir pour Pointe-à-Callière de partager cette exposition avec nos collègues mexicains. Les liens entre les deux musées sont étroits et il est d'autant plus pertinent de la présenter au Muséo Del Templo Mayor qui nous a généreusement prêté cet été quelque 165 pièces aztèques rares et superbes pour notre exposition Les Aztèques, peuple du Soleil qui connaît un grand succès depuis son ouverture en mai dernier et qui aura attiré, au terme de son parcours le 25 octobre prochain, quelque 150 000 visiteurs à Montréal », de dire Andrew Molson, président du conseil de la Société du Musée d’archéologie et d’histoire de Montréal, Pointe-à-Callière.

Pour la directrice générale de Pointe-à-Callière, Francine Lelièvre : « Nous sommes ravis de cet échange, car il existe des liens intéressants entre nos deux institutions : en Amérique du Nord, seules deux villes rendent accessibles au public les vestiges de leur lieu de fondation : Mexico, par ceux du Muséo Del Templo Mayor érigé par les Aztèques, et Montréal, par ceux du fort de Ville-Marie établi en 1642 sur la pointe à Callière. De plus, tant chez les Aztèques que chez les Iroquoiens, la culture du maïs a été très importante pour leur société. Nous sommes convaincus que cette exposition va raffermir ces liens et susciter beaucoup d’intérêt auprès des Mexicains en faisant connaître la fascinante richesse culturelle des Iroquoiens de la vallée du Saint-Laurent ».

Le maïs : cultivé par les Aztèques et les Iroquoiens

Domestiqué et cultivé depuis des millénaires (environ 5 500 ans) dans les régions subtropicales d'Amérique centrale, puis au Mexique avec les Aztèques, le maïs a mis beaucoup de temps avant de se répandre vers le nord du continent et d’atteindre la latitude limite à laquelle il peut pousser. C’est aux Iroquoiens que nous devons son introduction et sa culture dans la vallée du Saint-Laurent. Au cours des deux ou trois siècles suivants, tous les groupes iroquoiens du nord vont se mettre à le cultiver, ainsi que la courge et les haricots, près de leurs habitations. Démographie, système de parenté, relations entre les groupes, et bien d’autres éléments se trouveront à jamais modifiés par l’introduction de cette plante. Le maïs est la plante qui a changé le visage d’un continent.

La présence des Iroquoiens sur le territoire

L'origine des peuples amérindiens remonte loin dans le passé, à plus d'une dizaine de millénaires, lorsque des groupes venus d’Asie commencent à peupler le continent américain à la suite de la dernière grande glaciation. En ces temps anciens de nomadisme, on campe l’été sur les bords du fleuve pour faire provision de poissons en vue du rude hiver, et l’on se disperse pour chasser le gros gibier le froid venu. À partir de l’an 500, ce campement estival se prolonge. On se met à entretenir des petits fruits et du chanvre, on construit des maisons logeant plusieurs familles. Mais au retour du froid, il faut repartir... Vers l’an 800, le maïs fait cependant son entrée dans le Sud-ouest ontarien au Canada. Cette fois, les réserves automnales sont si bonnes qu’on décide de risquer l’hiver sur place. Ainsi commence la grande aventure du sédentarisme.

L’étrange destin d’un peuple méconnu

Lorsque Jacques Cartier, parti de France, arrive en 1534, les Iroquoiens du Saint-Laurent sont déjà établis sur leurs terres depuis plusieurs siècles (selon certaines estimations, ils sont près de 10 000). Cartier va abondamment en parler dans ses récits. Étrangement, lorsque Samuel de Champlain arrive, 60 ans plus tard, il cherche en vain le long du fleuve les nombreux villages observés et décrits par son prédécesseur entre 1534 et 1543. Qu’est-il advenu de cette population horticole ? Quelles traces a-t-elle laissées? L’exposition livre les hypothèses les plus récentes apportées par les chercheurs sur cet épisode important de l’histoire amérindienne. Parmi celles-ci, et davantage que la détérioration des conditions climatiques ou les épidémies, se profile celle des guerres entre divers groupes amérindiens. Plus fréquentes, plus importantes, plus violentes, plus inquiétantes pour les vaincus au cours du 16e siècle, elles pourraient être à l’origine de la dispersion des Iroquoiens du Saint-Laurent.

Découvrir la vie des Iroquoiens

Constituée d’objets datant des 15e et 16e siècles, l’exposition présente des artefacts qui sont autant d’éclats de voix qui font résonner le temps et l’espace d’où ils furent mis au jour. La femme occupe une place bien particulière dans l’univers domestique des Iroquoiens. Dans cette société, une maison-longue (les premiers exemples apparaissent vers les années 800 à 900, dans le Sud-ouest ontarien, au Canada) abrite plusieurs familles d’un même lignage maternel (matrilinéarité). Quelques générations de femmes et de filles s’y côtoient, accompagnées de leurs époux et de leurs frères. À leur mariage, les hommes rejoignent la maison-longue de leur épouse. Sur le plan domestique, l’ampleur des tâches que la femme accomplit quotidiennement est impressionnante : préparation des semences, confection de la farine de maïs, semailles, entretien et récolte des champs, fabrication des divers outils nécessaires à ces besognes, récolte et transport du bois de chauffage, de l’eau, fabrication des cordes, des filets, des nattes, des paniers, des vases de céramique, sans compter ses rôles de bouchère, cuisinière, couturière et, bien entendu, d’épouse et de mère. La femme est au cœur de la grande forge quotidienne.