Habiter : les œuvres d’Isabelle Hayeur, au Musée national des beaux-arts à Québec

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Une exposition d’art actuel qui présente les photographies de l’artiste Isabelle Hayeur. Au Musée national des beaux-arts du Québec, du 4 octobre 2007 au 6 janvier 2008

Le Musée national des beaux-arts du Québec héberge cet automne, dans la salle 1, quelques-unes des plus importantes réalisations photographiques d’Isabelle Hayeur, une artiste montréalaise reconnue principalement pour ses images numériques de grand format. Mise en circulation par Oakville Galleries, l’exposition réunit un ensemble d’œuvres qui abordent le phénomène du développement des banlieues et ses conséquences sur la nature. Présentées sous forme de séries – Maisons modèles, Excavations et Destinations –, les créations de l’artiste expriment une inquiétude face à la manière dont l’homme occupe le territoire naturel et se situent dans la perspective d’une critique environnementale. Le visiteur appréciera à coup sûr ces panoramas surprenants qui, grâce aux procédés numériques, permettent de faire cohabiter dans un même univers des échelles, des points de vue et des lieux qui ne pourraient pas se retrouver dans le viseur d’un seul et même objectif.

Le Musée national des beaux-arts du Québec accueille – après l’Ontario, la Nouvelle-Écosse et l’Alberta – les œuvres de cette artiste du Québec dont le rayonnement s’étend non seulement au Canada, mais aussi en Europe, aux États-Unis, en Amérique latine et au Japon.

Serge Bérard, commissaire de l’exposition, explique que chaque œuvre photographique de l’artiste est un amalgame d’images qui sont liées entre elles par traitement infographique pour former une représentation convaincante du réel. Elle force à un ajustement constant du regard afin de percevoir tour à tour le paysage dans son ensemble alors qu’on se laisse prendre par l’illusion et le fragment lorsqu’on comprend que l’image est composée de documents photographiques hétérogènes. Il faut prendre plaisir à regarder une œuvre d’Isabelle Hayeur comme on prend plaisir à faire un puzzle : en considérant de près chaque pièce individuellement, puis en cherchant son rôle dans la reconstitution de l’image. Cette reconstitution n’est possible qu’en refaisant le cheminement mental qui a mené à la production de l’œuvre. Il faut mettre ensemble des éléments qui se présentent selon des échelles et des points de vue différents. Il faut comprendre que des lieux géographiques disparates avec leur histoire particulière – qui traverse parfois des décennies, parfois des millions d’années – ont une destinée commune. Une telle représentation n’est possible qu’en abandonnant la règle de l’unité de temps, de lieu et d’action de la représentation classique.

Autour de l’exposition

Visite commentée

Visite commentée de l’exposition en compagnie de l’artiste et de Serge Bérard, commissaire de l’exposition.

Le dimanche 7 octobre, 14 h. Gratuit avec le billet d’entrée à l’exposition

Conférence

Isabelle Hayeur et la création de paysages

La conférencière invite à une réflexion sur le paysage comme reflet de l’identité culturelle d’un lieu et sur notre manière de créer et d’investir celui-ci. Comment voir le paysage différemment et dépasser la question du beau pour s’attarder aux aspects sensibles des paysages qui nous servent de cadre de vie au quotidien? Par Chantal Prud’Homme, architecte paysagiste consultante.

Le mercredi 31 octobre, à 19 h 30. Gratuit

Concert

Erreur de type 27

Au programme, des pièces musicales des xxe et xxie siècles ayant une résonance intime avec la production d’Isabelle Hayeur. Les œuvres de l’artiste seront projetées sur écran pendant le concert. Direction musicale : Katia Makdissi-Warren. Direction artistique : Gisèle Ricard.

Dimanche 18 novembre, 14 h. Coût : 15 $

ISABELLE HAYEUR

« Par le biais des techniques de transformation de l'image, je manipule mes prises de vues… j'appréhende le monde en le recomposant pour en rapporter des images qui le saisiront dans toute sa complexité. »

« Depuis la fin des années 90, je sonde les territoires que je rencontre pour comprendre comment nos sociétés actuelles investissent et façonnent leurs environnements. Je suis particulièrement intéressée par la question environnementale et par le devenir des lieux et des cultures à l'ère de la mondialisation. »

Née à Montréal en 1969, Isabelle Hayeur détient un baccalauréat et une maîtrise en arts plastiques de l'Université du Québec à Montréal. Depuis la fin des années 90, elle se consacre aux arts visuels à temps plein. Artiste de l'image, elle est reconnue principalement pour ses montages numériques de grand format, mais également pour ses installations in situ, ses œuvres d'art public, ses vidéos et quelques œuvres d'art Internet. Son travail se situe essentiellement dans la perspective d'une critique écologique et urbanistique. Son approche est directement liée au spectacle de l'urbanisation et se nourrit des discours entourant la question environnementale, comme les problématiques d'aménagement du territoire.

De prime abord axée sur la vidéo, Isabelle Hayeur fait ses débuts avec Perte de signal, un collectif dédié à la création en arts médiatiques dont elle fut l'une des fondatrices. De 1998 à 2000, sa pratique en photographie s’intensifie et l’artiste commence à exposer régulièrement. Depuis ce temps, ses œuvres ont été diffusées largement à travers le Canada, l’Europe, les États-Unis, le Mexique, l’Argentine et le Japon. Son travail fut, entre autres, présenté au Musée d'art contemporain de Montréal, au Massachusetts Museum of Contemporary Art, au Museum of Contemporary Photography (Chicago), au Casino Luxembourg - Forum d'art contemporain (Luxembourg), au Neuer Berliner Kuntsverein (Berlin), à la Southern Alberta Art Gallery (Lethbridge), aux Oakville Galleries (Ontario), au Agnes Etherington Art Center (Kingston), au Prefix Institute of Contemporary Art (Toronto), à VOX image contemporaine (Montréal) et aux Rencontres de la photographie à Arles (France). Elle a également multiplié les résidences d’artistes à travers le monde. En 2001, elle réalisa sa première œuvre in situ, forme d'expression artistique qu’elle affectionne particulièrement. L’année suivante, elle se joint à Fresh Air, un collectif féminin réunissant des artistes intéressées par l’art in situ. Dans le cadre du festival de photographie Contact, le groupe organisa une exposition dans une ruelle de Toronto en investissant une série de garages monoplaces. En 2004, pour la 6e MIVAÉM de Champ libre, elle conçoit une installation vidéo dans un incinérateur à déchets désaffecté. Plusieurs autres projets in situ ont vu le jour depuis. En 2005-2006, elle réalise deux œuvres d'art public à Montréal, dont un triptyque photographique s'intégrant au réseau piétonnier souterrain de la ville. Depuis 2006, suite à une résidence au Wall House No. 2, de l'architecte John Hejduk, Isabelle Hayeur travaille à une commande d'œuvres photographiques pour Noorderlicht Photography, à Groningen, en Hollande.

Le catalogue

Publié par le Musée national des beaux-arts du Québec et Oakville Galleries à l’occasion de l’exposition Habiter : les œuvres d’Isabelle Hayeur, le catalogue comprend une préface de Line Ouellet, directrice des expositions et des publications scientifiques au MNBAQ, et des textes de Serge Bérard, commissaire de l’exposition. Disponible à la Boutique du Musée au coût de 35 $, l’ouvrage compte 48 pages et de nombreuses illustrations.

Les crédits

Direction du projet : Line Ouellet, des expositions et des publications scientifiques au MNBAQ. Commissariat : Serge Bérard. Coordination : Nathalie de Blois, conservatrice de l’art actuel de 2000 à ce jour. Coordination technique : André Sylvain. Design et graphisme : Marie-France Grondin.

Renseignements (grand public) :

Musée national des beaux-arts du Québec

Parc des Champs-de-Bataille, Québec

418 643-2150 ou 1 866 220-2150 / www.mnba.qc.ca

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