Google News: de la pub sur les pages dédiées d'agences de presse partenaires

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L'agrégateur d'informations Google News a annoncé mardi le lancement de publicités sur ses pages dédiées hébergeant les contenus d'agences de presse partenaires, sur la base théorique d'un "partage des revenus publicitaires".

En 2007, le moteur de recherche a signé des accords de partenariat avec quatre agences, l'AFP (Agence France-Presse), l'américaine AP, la britannique Press Association et la canadienne Canadian Press. "Ces accords prévoyaient la rémunération des contenus en ligne des agences de presse, dans le cadre d'accords de licence", a rappelé Pierre Louette, PDG de l'AFP.

Sur son blog, Google News a annoncé également avoir signé un accord de partenariat de même type avec huit des onze agences membres du réseau européen d'agences de presse photo EPA (European Press photo Agency). Le contenu (texte et photo) de ces agences -qui sera lui aussi accompagné de publicité- sera disponible "dans les prochains mois", a indiqué Google News. Il s'agit de l'agence belge Belga, l'espagnole EFE, la portugaise Lusa, la suisse Keystone, l'autrichienne APA, la polonaise PAP, la hongroise MTI, la grecque ANA.

Pour les quatre premières agences partenaires, des liens sponsorisés apparaissent dès à présent sur les pages dédiées hébergeant leur contenu, à côté ou sous l'article, les photos et les cartes.

Le principe "d'un partage des revenus publicitaires" a été retenu, a indiqué Google. Ses modalités d'application n'ont pas été divulguées.

Les autres agrégateurs d'informations (Yahoo! News, MSN, ...) placent depuis longtemps des publicités autour des contenus d'agences de presse.

L'agence d'origine britannique Reuters (Thomson-Reuters) n'entre pas dans ce cadre, car elle exploite un site web propre qui accueille de la publicité.

Aux Etats-Unis, Google a introduit fin février des publicités dans les résultats de son moteur de recherche d'informations Google News. Mais il n'y pas de partage des recettes publicitaires avec les sites d'information car ceux-ci disposent de leurs propres ressources publicitaires, souligne Google.
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Directeur de la stratégie de l'Agence France Presse, Eric Scherer profite de l'annonce d'un accord entre Google et des agences de presse pour rappeler la stratégie de l'AFP en matière de syndication de contenu vis à vis de ces nouveaux médias et de ses clients traditionnels...

JB -Eric Scherer, bonjour. L'AFP fournit depuis déjà 10 ans ses contenus à de nombreux portails et médias électroniques. Quelle est votre stratégie en la matière ? Comment facturez vous ces contenus ?

Eric Scherer
Eric Scherer
ES -Les sites web des médias traditionnels, les nouveaux médias, les portails, les acteurs de la mobilité etc… sont devenus naturellement, depuis l'essor du numérique, des nouveaux débouchés pour les différents contenus de l'AFP. Les produits multimédias, en nette croissance, représentent aujourd'hui entre 10 et 15% de nos revenus commerciaux. Notre stratégie est d'accompagner nos différents clients (médias traditionnels et nouveaux médias) dans leur croissance et leur migration vers l'Internet et le numérique. Nos modèles de facturation sont extrêmement différents d'une famille de clients à une autre. La majeure partie est composée de revenus fixes de licences de contenus qui peuvent parfois s'accompagner de revenus tirés de partage de publicités en ligne.

JB -Comment travaillez vous avec Google ? Pourriez vous accepter un simple partage des revenus publicitaires sur Google News comme vient de l'accepter l'European Press Photo Agency ?

ES -Nous avons un contrat avec Google, qui a mis un terme à un contentieux sur la question du « copyright » de nos contenus sur le Web, et qui rémunère, depuis avril 2007, le travail des journalistes AFP. Il s'agit essentiellement d'une licence de certains contenus en ligne, assorti d'un partage théorique de revenus publicitaires, qui, lui, vient juste d'être mis en oeuvre.

JB -Selon vous peut-on néanmoins anticiper une sorte de "journalisme à la performance" avec un Google rémunérant directement des agences ou des journalistes, au dépend des média historiques ?

ES -L'AFP a depuis longtemps des accords de ce type avec d'autres grands acteurs du web, plus puissants que Google sur les news (NDLR : Yahoo, Orange, ...). Nous avons, par ailleurs, pris soin de vérifier régulièrement avec Google, tout au long de ces deux dernières années, l'évolution du trafic venant de Google News vers nos clients médias traditionnels. Non seulement, ils n'ont pas perdu de trafic, mais ils en ont même quasiment tous gagné. Encore une fois, l'accord trouvé il y a tout juste deux ans entre l'AFP et Google a mis fin à des actions en justice et rémunère le travail d'une énorme rédaction déployée dans le monde entier. Cette rédaction est au service de tous les médias clients, anciens et nouveaux.

Source: http://www.neteco.com/265388-eric-scherer-afp-clients-medias-traditionne...

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