FTA - Nearly 902, une création burlesque?

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28 mai 2010 - 00:00
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Jeudi soir 27 mai, c’était le lancement du Festival Transamériques (FTA) avec la présentation de la création Nearly 902. Ce chef-d'œuvre de Merce Cunningham a tout pour faire vibrer les cœurs des amateurs de danse libre. Pourtant, un facteur vient ternir cette pièce, le sourire de certains danseurs…

Merce Cunningham (1919-2009) a laissé un héritage grandiose à l’histoire de la danse. Libération du mouvement, indépendance de toute tutelle narrative ou musicale, il a permis de faire évoluer la mobilité des danseurs tout en permettant au spectateur de laisser libre cours à son imaginaire. Un vrai pas pour le monde chorégraphique qui sera influencé par ses principes de danse post-cunninghamienne.

Nearly 902 est une création qui ne conserve que la danse et les compositions musicales de la version originale, Nearly Ninety, présentée en avril 2009 à la Brooklyn Academy of Music. En tout, se sont 13 danseurs de la Merce Cunningham Dance Company qui interprètent cette chorégraphie ayant pour but de « laisser place aux agencements de l’imaginaire ». Malheureusement, ça n’a pas été le cas ce soir au Théâtre Maisonneuve.

Petite revue de Nearly 902

L’interprétation de Nearly 902 demande une concentration extrême. Fluidité des mouvements, équilibres précaires, chorégraphie technique et rythmée par des duos, trios et autres danses synchronisées, tous les facteurs sont présents pour demander aux danseurs une attention optimale. De même, le côté absent, voyageur et lointain des interprètes est une composante essentielle pour la réalisation de cette magnifique œuvre.

Pourtant, ces deux composantes n’étaient pas au rendez-vous! À un tel point d’ailleurs que je me suis demandé ce qui pouvait faire autant rire les danseurs…

Petite explication

La pièce commence avec beaucoup d’élégance. On se concentre sur les mouvements, on admire la technique et l’équilibre des danseurs. Tels de vrais acrobates, ils enchainent des mouvements défiant la gravité, parfois seuls, parfois à deux et parfois en groupes. On est subjugué par la dextérité de Rashaun Mitchell et par l’interprétation et la technique de Marcie Munnerlyn et de Melissa Toogood. À tel point que l’on se laisse embarquer dans un vaisseau bercé par la musique du duo John King - Takehisa Kosugi jouée en direct, l’éclairage monochrome de Christine Shallenberg et les costumes d’Anna Finke.

Puis tout à coup, la navette explose. Il suffit d’un moment d’inattention ou d’une gaffe derrière le décor pour que deux danseurs reviennent sur scène avec un sourire béat, une sorte de bonhommie qui laisse craindre le pire. Ce qui doit arriver arrive : le sourire se propage et seuls quelques interprètes concentrés nous raccrochent à leur monde imaginaire. Ce sentiment de malaise s’accentue au fil des minutes, faisant disparaitre les arabesques passées. Les gestes s’estompent, les sourires obnubilent. Une fois la pièce finie, une partie du Théâtre Maisonneuve est conquis, l’autre moins…

Peut-être suis-je le seul à avoir interprété ces sourires comme une erreur monumentale; peut-être que cela faisait partie d’une interprétation voulue (et dans ce cas, je fais mes plus profondes excuses). Mais la seule pensée concluante de cette pièce est : « j’espère que l’interprétation sera meilleure demain »… À vous de le dire si vous vous y rendez.

Pour plus de renseignements sur le FTA et sa programmation :
www.fta.qc.ca

Pour en apprendra davantage sur la Merce Cunningham Dance Company (New York) :
www.merce.org

Un texte de T.B., collaborateur de Patwhite.com

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