FTA - More more more… future, le diable dans la peau

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02 juin 2010 - 19:40
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Le danseur et chorégraphe congolais Faustin Linyekula présentait hier soir à l’Usine C sa création More more more… future. Un mélange hétéroclite de danse contemporaine, ndombolo et chant divers qui nous transporte dans les profondeurs de l’Afrique!

Qui connait le ndombolo? Cette musique prend ses sources en Afrique, plus particulièrement au Congo. Savant mélange de rumba, pop et funk, son style enragé a fait bouger hier soir les spectateurs présents pour la première de More more more… future à l’Usine C.

Faustin Linyekula, chorégraphe congolais, est un être engagé. Cofondateur en 1997 de la première compagnie de danse contemporaine Gàara au Kenya, il poursuit sa route en revenant dans son pays natal pour constituer les Studios Kabako (Kinshasa) qui se spécialisent dans la danse et le théâtre visuel. Les différentes créations faites à partir de ce studio lui permettent de voyager et faire découvrir ses talents en Europe, aux États-Unis, mais aussi en Afrique.

Cette année, il présente au FTA une création pour le moins étonnante. Violente critique des abus congolais établis par ses dirigeants, il décide d’utiliser l’art pour combattre le pouvoir en place. Pour ce faire, il danse en compagnie de deux interprètes et de cinq chanteurs et instrumentalistes dans un mélange artiste atypique.

La danse est certainement l’élément le plus marquant de cette pièce. Tout d’abord semi-dénudés, les danseurs effectuent avec précision des mouvements contemporains qui tentent de reproduire la simplicité et l’innocence des débuts. Puis arrive un élément de taille : des carapaces de cabas cousus qui enveloppent étrangement les artistes. Symbole de richesse et de puissance, les danseurs se pavoisent avec prestance jusqu’à s’écrouler. C’est alors qu’un changement s’opère, une sorte d’illumination qui dénude à nouveau les danseurs. Retour aux sources, retour à l’art, ils s’adonnent à un spectacle de danse traditionnelle mêlée au break et à la danse contemporaine. Les mouvements sont là, les yeux s’agrandissent, les corps se déplacent avec une aisance à couper le souffle. La simplicité est ce qui leur va le mieux…

Pendant ce temps, le reste du groupe conjugue ses talents pour donner un étrange mélange de musique traditionnelle et de musique pop, ceci entrecoupé de slam et rimes réalisées en grande partie par le chanteur Pasnas. Une partie plutôt sombre, souvent combinée avec des sons de Flamme Kapaya. On comprend avec force la critique d’un monde où le droit s’achète plus que ne se mérite. Pourtant, ce mélange me semble lourd et long, parfois même inapproprié quand il en vient aux passages vulgarisateurs de Flamme Kapaya.

Ces moments sont bien vite effacés par le coup de cœur de la soirée : une ronde formée par les danseurs, chanteurs et instrumentalistes du groupe. On se retrouve en Afrique, on vibre avec ces voix traditionnelles et on n’attend qu’une seule chose : se joindre à ces hommes de cœur.

More more more… future, une création présentée à l’Usine C le 2 et 3 juin à 21 h.

Pour plus de renseignements : www.fta.qc.ca/en/2010/more-more-more-future

Crédit photo : Agathe Poupeney

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