French Connection #5: Jeanne Cherhal

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Découverte en 2002 avec un six titres autoproduit, c’est avec Douze fois par an qu’elle obtient la reconnaissance du public français. Proclamée Artiste révélation du public aux Victoires de la musique en 2005, Jeanne Cherhal n’est pas du genre à se répéter musicalement. Depuis les piano-voix et les chansons réalistes de ses débuts, la Nantaise a exploré différents univers musicaux et revient aujourd’hui avec Charade, un excellent quatrième album sur lequel elle a joué elle-même tous les instruments. Quelques semaines avant qu’elle vienne nous rendre visite aux Francofolies de Montréal (le 15 juin), nous l’avons jointe par téléphone dans un train en panne quelque part entre la Suisse et la France.

Pourquoi avoir fait cet album sans musiciens ? Pour contrôler le processus musical à 100% ?
Non, même pas. Déjà je tiens à dire que l’album a été coréalisé, c’est un travail en binôme avec l’ingénieur du son Yann Arnaud ; et même s’il n’a pas joué une seule note, on a fait le travail ensemble. Ce qui s’est passé est que ma maison de disque m’a offert de travailler avec Yann mais sans enjeu, l’idée de départ était de faire une espèce de bloc-notes grandeur nature, de tester des choses en sachant que de vrais musiciens allaient enregistrer tout ça ensuite.

Mais ça n’a pas été le cas, pourquoi ?
Je me suis sentie très libre, je me suis amusée à jouer de tous les instruments, batterie guitare basse, synthés…je me suis prise au jeu et finalement on a gardé tout ça. J’étais contente du résultat et très fière d’avoir mené ce projet jusqu’au bout.

Benjamin Biolay est crédité sur l’album, comment il s’est retrouvé là ?
On s’était croisé pendant un festival et on avait décidé d’écrire des chansons ensemble. On s’est vu six ou sept soirs en studio et six titres sont nés. Il a notamment co-écrit les paroles de J’ai pas peur. Un autre titre s’est retrouvé sur son album, le duo Brandt Rapsodie.

C’est vrai que cette chanson a été écrite en une heure ?
Oui, c’est vrai. Parfois les choses les plus évidentes, les plus réussies ne sont pas forcément celles qui prennent le plus de temps. C’est injuste d’ailleurs, mais bon.

Vous venez de participer au spectacle des Françoises où pour partagiez l’affiche avec Rosemary Standley De Moriarty, Emily Loizeau, Camille, La Grande ­Sophie et Olivia Ruiz. Chacune reprenait les titres des autres chanteuses. C’est quoi le plus tripant, entendre une de ses chansons reprise par un autre artiste ou faire soi-même une reprise ?
Reprendre une chanson d’un autre artiste est un exercice que j’avais déjà fait plusieurs fois alors qu’entendre une de mes chansons réinterprétée par quelqu’un d’autre, non et c’est très agréable ! Ce qui a été tripant aussi, c’est de faire tout nous-mêmes, sans aucun musiciens.

Y a-t-il une de vos chansons dont la reprise vous a particulièrement plu ?
Oui, Emily Loizeau a repris Certains animaux, le titre qui ouvre mon album, et c’était très touchant. Je me suis dit qu’elle aurait très bien pu avoir écrit ce titre, ça sonnait très…Loizeau. Sur cette chanson j’étais à la batterie en plus, autant vous dire que je me suis bien éclatée !

Ces chanteuses représentent votre famille musicale ?
Oui, complètement. Déjà on est de la même génération, mais au-delà de ça, on envisage la musique d’une façon assez voisine et on a presque toutes démarré par la scène.

2010 sera occupée par d’autres projets que la musique ?
Non je vais me concentrer sur la tournée jusqu’au mois de décembre…au minimum.


Charade de Jeanne Cherhal (Barclay / Dep / Universal Music France)
Jeanne Cherhal se produira aux Francofolies de Montréal le mardi 15 juin 2010 à 20 h 30 à L'Astral (Maison du Festival Rio Tinto Alcan)
Vidéo de Mon corps est une cage: http://www.youtube.com/watch?v=3NyjbnX_b48

Texte: David Nathan (www.davidnathan.ca / www.twitter.com/davidnathan)

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