La French Connection #2 - Charlotte Gainsbourg

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Extrait audio: Heaven Can Wait

L'indispensable
Charlotte Gainsbourg, IRM (Warner)

Charlotte Gainsbourg dont le passage au Québec vient d’être reporté, a sorti fin 2009 un excellent album, produit et co-écrit par Beck, le sorcier génial. Trois ans après sa collaboration avec Air, la belle Charlotte revient donc en force et en douceur avec un deuxième album indispensable: IRM.

Ce disque est le fruit d’une véritable complicité entre les deux artistes qui ont passé un an et demi à l’écriture de cet album audacieux et sensible. «Je suis arrivé avec quelques morceaux puis j’en ai écrit d’autres, mais en passant du temps ensemble ils ont changé, car j’ai perçu plus précisément ce qu’elle avait en tête, raconte Beck. On est arrivé en studio et je voyais déjà toutes les directions possibles».

Initialement Beck ne devait s’occuper que de la production et du mixage de l’album, il s’impliquera finalement à 200% sur les musiques et signera ou co-signera tous les textes.

Les artistes nourrissent souvent leurs œuvres de leur propre vécu. Charlotte n’échappe pas à la règle. Pourquoi l’album s’appelle IRM ? La réponse arrive tout de suite après les deux points: «J'ai fait beaucoup d'IRM après un accident de ski nautique, et alors même que je passais les examens, je me disais qu'il fallait faire quelque chose de ces sons devenus familiers», a-t-elle confié aux Inrockuptibles. Les mauvaises langues affirment que si la chanteuse avait passé une prise de sang ce jour-là, l’album se serait appelé O Négatif ou Aïe ! Ça pique.

Inventif et protéiforme, IRM part dans toutes les directions sans jamais nous perdre en chemin. L’art du grand écart maitrisé. Rythmiques aux sonorités proches des styles africains sur Master Hands qui ouvre l’album, nuage acoustique apaisant avec In The End où le xylophone vient tapoter notre cervelet juste ce qu’il faut. Le duo avec Beck Heaven Can Wait se grave en douceur dans la tête pour ne plus en sortir et c’est le blues hypnotisant de Dandelion qui vient nous surprendre quelques chansons plus tard.

Il y a une reprise sur l’album et quelle reprise ! C’est Jean-Pierre Ferland (crédité Jean Ferland sur le livret) qui voit sa sublime chanson Le chat du café des artistes revisitée magnifiquement par Beck et Charlotte. Intense, dramatique, subtilement interprétée, cette chanson qui était sortie en 1970 sur l’album Jaune du chanteur québécois, a été choisie à l’initiative de Beck lui-même.

IRM est un bonbon sucré à déguster sans modération. Mais pour votre santé évitez quand même le grignotage entre les repas.

Notez que Patwhite fera gagner prochainement deux albums de Charlotte Gainsbourg.

Texte: David Nathan, journaliste indépendant.

david@davidnathan.ca
www.davidnathan.ca
www.twitter.com/davidnathan

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