The Flaming Lips au Métropolis : pyrotechnie du désir.

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The Flaming Lips… Voici un de ces groupes dont j’ai souvent entendu parler sans jamais avoir vraiment écouté. A l’époque de mon "addiction" pour Elliott Smith, j’avais entendu un témoignage de Wayne Coyne (leader du groupe), qui avait fréquenté le compositeur pendant sa déchéance sublime.

Si le meilleur compositeur de sa génération lui avait accordé son amitié, alors c’est que l’homme devait bien être digne d’intérêt, me dis-je alors.

D’où ma présence au Métropolis de Montréal mercredi soir. Et j’en témoigne, le show valait le déplacement. Non pas que je sois devenu fan, beaucoup trop pop à mon goût, mais les loustics sont bien armés pour conquérir les foules. Difficile de décrire en quelques mots les soins qu’ils apportent à faire de leurs concerts une expérience visuelle hallucinante. L’entrée en scène du groupe est à elle seule unique en son genre… De mémoire, je n’ai jamais assisté à pareil mise en scène de la part d’un groupe de pop. Un écran géant en arrière plan reflétait une femme toutes jambes écartées, le sexe entouré d’une auréole d’où surgirent par une porte insérée dans l’écran les membres du groupes. Rien que ça c’est quasiment indépassable. Coyne, qui fait son entrée en dernier, s’immerge dans sa désormais célèbre bulle d’air géante (tous le monde semble se souvenir d’une certaine performance du groupe au festival Osheaga en 2006) pour s’offrir une traversée de la foule qui laisse pantois le spectateur non averti. Le public est subjugué. Tout au long du concert d’énormes ballons gonflés à l’hélium seront projetés sur le public. Face à un pareil déploiement d’artifices, on en oublie presque leur musique.

Sur scène, le groupe, en formation rock classique (guitare, basse, batterie, claviers et autres joujoux électroniques), fait présider sur chaque côté des planches des danseurs et danseuses déguisés en on ne sait trop quoi. Coyne passe presque plus de temps à faire exploser des confettis qu’à jouer ses chansons qui pourtant ne manquent pas d’un certain charme. On pense parfois à Guided By Voices pour le songwriting, à Stereolab pour le son, même si le groupe possède une vraie identité, une sorte de loufoquerie bien particulière qui n’appartient qu’à eux.

Pendant presque deux heures le gang de l’Oklahoma aura offert aux gens un peu de rêve, un bulle bien chaleureuse d’où on n’avait pas vraiment envie de sortir.

Mathieu Germain

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