Festival de Lanaudière : Chants d'amour : Atmosphère recueillie et solennelle au jardin...

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Le 18 juillet dernier, le Festival de Lanaudière présentait le concert Chants d'amour, à l'Amphithéâtre Fernand-Lindsay, à Joliette. Ce concert, qui réunissait une vingtaine de chanteurs/chanteuses du choeur de l'OSM, se voulait une rétrospective de divers chants d'amour polyphoniques chantés au cours des siècles s'étendant du milieu du XV ème jusqu'au milieu du XX ème siècle.

Disons-le d'entrée de jeu : ce concert n'était pas du tout celui auquel je m'attendais et que j'attendais avec impatience... L'affiche que la PDA avait choisi d'accoler à ce concert pour l'illustrer n'était pas du tout conforme au concert présenté. Sur cette dernière, on voyait le choeur entier de l'OSM chanter, soit un choeur comprenant 150 personnes!... Dans la description, on parlait aussi de « chants d'amour ». Je m'attendais donc à voir et à entendre les 150 choristes de l'OSM réunis pour chanter les plus grands airs des chansons d'amour françaises... de notre époque!... J'imaginais donc une grande production, à la mesure des Carmina Burana ou des War Requiem, qui m'avaient laissé tant de souvenirs émus!... Bien entendu, j'avais oublié la réalité de la fin de pandémie... Toutefois, je continue de penser que cette affiche et la description qu'on en a faite ne décrivaient pas la réalité du concert présenté.

Sur scène, une vingtaine de chanteurs/chanteuses, disséminés çà et là, interprétaient a cappella des chants polyphoniques du Moyen-Age et de la Renaissance... Ce concert, d'une durée d'une heure trente minutes, était dirigé par le chef de choeur de l'OSM, Andrew Megill. Les chants polyphoniques étaient le plus souvent chantés a cappella, mais aussi parfois accompagnés au piano par l'excellent pianiste Pierre McLean. L'atmosphère était très recueillie, grave et solennelle. Tout au long du concert, l'un ou l'une des choristes venait dire solennellement au micro une phrase se rapportant à l'Amour. Cela me faisait penser aux oraisons que l'on disait lors des messes de mon enfance.

La première pièce, l'Hymne à la Vierge, était de Pierre Villette, un compositeur du XXème siècle, influencé par la musique médiévale et le chant grégorien. Le texte était du poète et essayiste Roland Bouhéret. Cette pièce constitue donc une combinaison du flot mélodique du chant grégorien et des harmonies incisives du XXème siècle. S'en sont suivies 6 chansons de l'époque de la Renaissance. Deux des chants présentés sont de Guillaume Dufay, l'un des maîtres de la Renaissance et ont pour thème L'Amour. La première est une célébration de la beauté d’une dame, et la deuxième, en dépit de son titre, décrit les adieux d’un amoureux à son amante. Parmi les compositeurs dont les chants ont été présentés, notons Roland de Lassus (1532-1594), Pierre Certon (1510-1572), Maurice Ravel (1875-1937), Lili Boulanger (1893-1918), Gabriel Fauré (1845-1924), Paul Hindemith (1895-1963), Camille Saint-Saëns (1835-1921).

Un beau concert, de facture sérieuse et solennelle, pour les amoureux du chant polyphonique grégorien et médiéval. Des voix claires et justes comme une eau de source en forêt...

Crédit photo: Annie Bigras

Pour voir toute la programmation du Festival de Lanaudière :

https://www.lanaudiere.org