FANTASIA: Marwencol ou Lorsque Barbie et G.I. Joe deviennent objets thérapeutiques

Début de l'événement: 

15 juillet 2010 - 12:10
Catégories:

C'est le genre d'histoire qui n'arrive que dans les films. Or, l'histoire de Mark Hogancamp est bien réelle. En avril 2000, il se fait sauvagement attaquer à la sortie d'un bar. À son réveil, après 9 jours passés dans le coma, il a complètement perdu la mémoire. Devant l'obligation de se forger une nouvelle identité et de nouveaux souvenirs, Mark crée de toutes pièces un petit village nommé Marwencol dans lequel habitent Barbies et G.I. Joes. Puis, le projet prend des proportions inusités...

À sa sortie de l'hôpital, Mark ne possédait que quelques photos de son passé, celles-ci le référant à un homme alcoolique qui lui semblait maintenant tout à fait étranger. Après avoir réappris à marcher et à écrire, l'homme s'est lancé dans la fabrication de son propre univers avec la candeur d'un enfant et la douleur d'un adulte.

À Marwencol, chaque personne que Mark connaît dans le monde réel y est représenté par un alter ego. De son médecin à sa mère en passant par sa voisine et les serveuses avec lesquelles il travaille, Mark manipule et anime le petit monde qu’il s’est créé. Cela lui permet de contrôler ce qui se passe, la réalité est trop imprévisible.

Grâce à son appareil photo, Mark immortalise sur pellicule avec patience et précision ses amis miniatures. En regardant les photographies, un sentiment étrange nous envahit. Le regard des poupées prend vie et il s'en dégage bizarrement une émotion bien réelle. Celle de Mark qui capture chaque image amoureusement, sous une lumière parfaite. À aucun moment Mark ne se considère comme un artiste ou un fantaisiste. Loin d’être une jeu, ses figurines sont sa planche de salut vers l’acceptation de soi, sa façon de se garder en vie.

Comme l’exprime Mark, «C'est le genre d’histoire qui pourrait sortir d’un roman de Stephen King.» En effet, l’homme est conscient qu’il vit sa catarsis à travers des Barbies et des figurines de guerre, qu’il les embrasse, les lave, leur dit des mots d’amour. Il saisit aussi l’incompréhension du monde extérieur.

Pour ne pas choquer les habitants du village miniature de Marwencol, l’alter ego de Mark n’ose pas encore avouer qu’il aime porter des bas de nylon et des chaussures à talons hauts. Après tout, l'alter ego de Mark est un fier Capitaine de l'Armée américaine. À cheval entre deux mondes, Mark possède 218 paires de souliers féminins qu'il n'ose porter dans le monde réel. À plusieurs reprises dans le film, les désirs de l'homme et de l'alter ego s'entrechoquent ainsi.

Loin d’être risible, on s’attache à l’homme avec lequel on partage les faiblesses, la quête d’identité et de bonheur. On admire sa force, sa détermination et son sens de l’humour.

En attendant de rencontrer une vraie femme comme la princesse Anna, l'alter ego de son ex-femme Anastasia, Mark est heureux à Marwencol. Grâce à l'appui de sa communauté, il combat ses démons intérieurs et travaille sa dextérité, son imagination et sa mémoire à long terme.

Entre la thérapie pour la survie et un projet artistique inusité, l'oeuvre de Mark Hogancamp nous rappelle que nous sommes tous à deux doigts de la folie, isolés dans notre propore solitude.

Ce documentaire captivant et profondément humain de Jeff Malmberg est à voir. Honnêtement, si vous le manquez vous vous en mordrez les doigts.

Il sera présenté pour la dernière fois dans le cadre du Festival Fantasia le mercredi 21 juillet, à 13h.

Entrez dans l’univers de Mark Hogancamp en visitant son site Internet.
http://www.marwencol.com

Pour tous les détails
http://www.fantasiafestival.com/2010/fr

Partager

Facebook icon
Twitter icon
Google icon