Expo sur Picasso au Musée national des beaux-arts du Québec

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Du 6 septembre 2007 au 6 janvier 2008, découvrez l’œuvre de l’une des figures centrales de l’histoire de l’art moderne du xxe siècle : l'Espagnol Pablo Picasso. Une exposition organisée par le musée Picasso d’Antibes et le Musée national des beaux-arts du Québec.

Le parcours artistique de Pablo Picasso est sans contredit l’un des plus riches et féconds de l’histoire de l’art du xxe siècle. Voilà pourquoi, après une présentation de son œuvre céramique en 2004 (Picasso et la céramique), le Musée national des beaux-arts du Québec récidive en présentant cette fois La Joie de vivre. Picasso au Château d’Antibes, une exposition qui regroupe 55 œuvres réalisées par l’artiste lors de son séjour en 1946 au Château d’Antibes (sud de la France). Picasso se plaisait à dire : « Si vous voulez voir les Picasso d’Antibes, il faut venir à Antibes. » Et bien voilà que Québec se donne des airs de Méditerranée en accueillant cet automne une sélection de ses œuvres qui ont été, pendant de nombreuses années, présentées exclusivement dans leur lieu d’origine. C’est d’ailleurs le musée Picasso d’Antibes, actuellement en rénovation, qui a accepté de mettre en circulation quelques-unes des plus belles œuvres de sa collection. Après avoir été présentée en Espagne, en Italie et en Allemagne, l’exposition s’arrête en exclusivité nord-américaine à Québec, du 6 septembre 2007 au 6 janvier 2008.

Une exposition unique en son genre!

Présentée par la Financière Sun Life, l’exposition regroupe 24 peintures et 26 dessins réalisés par Picasso lors de son passage au Château d’Antibes au lendemain de la Deuxième Guerre mondiale, de même que 5 céramiques, fruit de son travail à Vallauris à la même période. Alors établi à Golfe-Juan avec sa nouvelle égérie Françoise Gilot, Pablo Picasso est sollicité par Romuald Dor de la Souchère, le conservateur en chef de l’époque, afin de faire don au musée d’Antibes de dessins ou de tableaux. Le peintre aurait alors répondu : « Vous avez beaucoup de murs au Château Grimaldi… Il serait peut-être préférable que j’y peigne quelque chose. » C’est donc à l’invitation de M. Dor de la Souchère que Picasso installe son atelier au deuxième étage du musée antibois avec l’idée d’y peindre des fresques à même les murs du château. Travaillant tous les après-midi et parfois jusqu’à tard en soirée, il n’y peindra finalement qu’une seule fresque, Les Clefs d’Antibes, mais produira en revanche une quantité appréciable de dessins et de tableaux en réutilisant des vieilles toiles du musée ou encore des matériaux de construction disponibles sur place, comme par exemple des panneaux de fibrociment ou de contreplaqué. « J’ai fait ce que j’ai pu et je me suis mis à le faire avec plaisir parce que cette fois-ci au moins, je savais que je travaillais pour le peuple ». La nature des matériaux utilisés par l’artiste reflète bien la pénurie de l’après-guerre, mais aussi et surtout l’étonnant dépassement de l’artiste et sa propension à expérimenter de nouveaux matériaux. Prolifique, son séjour à Antibes lui permet de renouer avec les thèmes mythologiques, et ses œuvres, comme l’annonce son magistral tableau La Joie de vivre, célèbrent le bonheur retrouvé et la lumière méditerranéenne.

Témoin photographique

Vous serez ravis d’apprendre qu’en plus des 55 œuvres présentées, une vingtaine de photographies d’époque viennent témoigner du travail accompli par l’artiste pendant cette période faste et complètent admirablement la présentation. En effet, le photographe et sculpteur Michel Sima, de son vrai nom Michel Smajewski, a servi à l’époque d’intermédiaire entre Picasso et le conservateur du Château d’Antibes. Côtoyant déjà Picasso, Sima fut le témoin privilégié de son travail, photographiant ainsi les différents états d’un même tableau, montrant Picasso peignant ses tableaux à même le sol, le faisant poser avec des amis ou encore le révélant en présence de sa nouvelle compagne, Françoise Gilot. Picasso avait alors chargé Sima de lui procurer un éclairage d’appoint, puisque son travail s’étirait parfois tard en soirée. C’est donc à la lumière de projecteurs de cinéma qu’il peignit plusieurs de ses tableaux. « Mon éclairage nocturne est magnifique, je le préfère même à l’éclairage naturel », disait Picasso. Certains clichés de Sima doivent aussi leur effet contrasté et dramatique à cet éclairage improvisé.

Le Musée Picasso d'Antibes

Fondé sur l’ancienne acropole de la ville grecque d’Antipolis, le château Grimaldi fut habité à partir de 1385 par la famille monégasque qui lui donna son nom. Luc et Marc de Grimaldi, capitaines d’arbalétriers au service de la reine Jeanne, reçoivent en fief ce domaine en 1383 où ils font souche jusqu’en 1608. Devenu demeure du gouverneur du Roi, puis à partir de 1792, hôtel de ville, le bâtiment se transforme en caserne en 1820, marquant ainsi la prise de possession des lieux par le Génie militaire jusqu’en 1924. Le bâtiment sera peu à peu laissé à l’abandon.

Professeur de français, de grec et de latin au lycée Carnot à Cannes depuis 1921, Romuald Dor de la Souchère entreprend en 1923 des recherches archéologiques à Antibes. Il découvre alors l’importance des vestiges de l’occupation gréco-romaine dans la région et, parallèlement, s’intéresse à la mise en vente du château. En 1924, il crée la société des Amis du musée d’Antibes, sous le titre de « Groupe ligurien d’études historiques et archéologiques » qui a pour objet de fonder un musée historique et archéologique et de travailler à faire connaître le passé de la région.

En 1925, le château des Grimaldi est acheté par la ville d’Antibes avec le concours de soixante souscriptions lancées à l’initiative de la société des Amis. Le château devient alors officiellement le musée Grimaldi avec, pour premier conservateur, Romuald Dor de la Souchère. Trois ans plus tard, le bâtiment est classé monument historique. En septembre 1945, Pablo Picasso se rend au musée Grimaldi à l’occasion de l’exposition de peintures d’enfants anglais, organisée par le British Council, première exposition après les six années de fermeture due à la guerre. En août 1946, il s’y installe officiellement, soit dans la grande salle du second étage, dite salle des gardes de l’aile sud. À la fin des années 20, cette salle accueillait des œuvres d’artistes tels que Roger Bissière, Pierre Bonnard, Maurice Denis, Henri Lebasque, Paul Signac, Maurice Utrillo, Kees Van Dongen et Maurice de Vlaminck dans le cadre de l’exposition Maîtres et jeunes contemporains, la première exposition de peinture moderne organisée au musée.

À la suite de son séjour, Pablo Picasso laisse en dépôt à la Ville d’Antibes 23 peintures (ripolin, fusain, graphite sur fibrociment, bois ou toile réutilisée) et 44 dessins. Septembre 1947 marque l’inauguration officielle de la salle Picasso, au premier étage, accompagnée d’un premier accrochage des œuvres d’Antibes, dans les salles ouest. De nouveaux accrochages se succèdent pendant les années qui suivent et en 1966 le Château Grimaldi devient officiellement le musée Picasso, premier musée consacré à l’artiste. Aujourd’hui, le musée Picasso d’Antibes conserve environ 245 œuvres de l’artiste.

Les crédits

« La Joie de vivre, Picasso au Château d’Antibes » est organisée par le musée Picasso d’Antibes et le Musée national des beaux-arts du Québec. Une présentation de la Financière Sun Life, partenaire de l’automne 2007. L’exposition bénéficie également du soutien du Bureau de la Capitale-Nationale. Les partenaires médias sont la Société Radio-Canada et Le Soleil.

Direction du projet : Line Ouellet, directrice des expositions et des publications scientifiques au MNBAQ, et Jean-Louis Andral, directeur du musée Picasso d’Antibes. Commissariat : Paul Bourassa, conservateur aux expositions au MNBAQ. Coordination : André Sylvain. Design du mobilier : Guillaume Lord. Graphisme : Marie-France Grondin.

Visite commentée

Une visite commentée de l’exposition en compagnie de Jean-Louis Andral, directeur du musée Picasso d’Antibes, aura lieu le samedi 8 septembre à 14h. Gratuit avec le billet d’entrée à l’exposition.

Conférence : « Picasso classique ? »

Une conférence présentant plusieurs aspects du travail de Picasso en relation avec l’art classique et préclassique, de même que par rapport aux œuvres de ses contemporains, afin de mieux situer sa production antiboise de 1946. Par Paul Bourassa, conservateur aux expositions au MNBAQ.

Le mercredi 26 septembre, à 19 h 30. Gratuit

Ateliers pour la famille : « Satyre, faune et centaure »

À la façon de Picasso, créez des vases, des figurines ou des statuettes en argile inspirés de créatures mythologiques mi-hommes mi-animaux dotées de pouvoirs surnaturels. Du 1er au 23 septembre, tous les samedis et dimanches, à 13h, 14h15 et 15h30. Gratuit

Ateliers pour les adultes : « Picasso et le dessin »

Il y aura une série de sept ateliers de dessin pour approfondir les différentes facettes de la production artistique de Picasso et initier le participant aux techniques du dessin. Dirigés par un artiste professionnel, les ateliers se déroulent en salle d’exposition et en atelier.

Tous les mercredis, du 12 septembre au 24 octobre, de 18h30 à 21h, et tous les jeudis, du 13 septembre au 25 octobre, de 18h30 à 21h. Coût pour une série : 160 $ (Abonnés-Amis : 140 $), taxes et matériel inclus.

Catalogue

Los Picassos de Antibes / The Picassos from Antibes

Un catalogue espagnol et anglais accompagne l’exposition. On y retrouve, entre autres, des textes de Jean-Louis Andral, de Bernardo Laniado-Romero et de Maria Teresa Ocaña. Abondamment illustré, l’ouvrage compte plus de 241 pages et est disponible à la Boutique du Musée au coût de 59,95 $. Une brochure française, éditée par le Musée national des beaux-arts du Québec, est également en vente à la Boutique au coût de 9,95 $, ou offerte gratuitement à l’achat du livre d’art.

Renseignements et réservations

(418) 644-6460, poste 5547

Pour plus d’informations concernant la programmation culturelle, demandez la brochure des activités à la billetterie du Musée ou consultez le site Internet au www.mnba.qc.ca

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