Expo de Yves Médam à la Galerie Bouffard dès le 8 avril 2009

Début de l'événement: 

08 avril 2009 - 00:00
Catégories:

C'est à partir de photographies prises d’un lieu, sous divers angles
et pendant un laps de temps plus ou moins long, je compose mes
photographies. En ce sens je ne fais pas des photographies, je les
construis.

http://www.galeriedominiquebouffard.com/index.php?section=1

Photographier, c’est saisir le temps en l’espace d’une
fraction de seconde, retenir cet instant qui déjà est passé,
l’immortaliser et pouvoir le revivre pour toujours grâce à cette
trace que nous laisse le tirage photographique. Moi ce que je tente
de faire, c’est réduire en une image le temps qui passe.. Je capte
tous ces instants et je les synthétise. C’est à partir de ces
fragments bruts que j’invente un moment et un espace, captant le
passage des gens, du temps qui passe, de la lumière changeante et
d’un décor mouvant, ce qui en fin de compte donnent à voir un temps
et un espace élastique.

Tout prend soudain une autre forme. La ville
est transfigurée et devient une invention d’elle-même. Tout devient
vrai et faux à la fois , possible et impossible, présent et en même
temps terriblement changeant et éphémère.
Mes photographies veulent donner à voir l’unité d’un lieu, d’un
espace urbain, formés de mouvements multiples. Ces unités en
équilibre instable, presque cristallisées, doivent continuer de
bouger sous notre regard.

Je veux montrer que ce qui est fluide,
passager, transitoire se cristallise soudain en une forme.
Est-ce une invention ou une interprétation du réel? La photographie
n’est elle pas un mensonge fait de vérités? Elle juxtapose le réel et
l’imaginaire. Elle confond ces deux perspectives comme si elles
étaient fondues l’une dans l’autre. “L’art est un mensonge qui nous
permet de dévoiler la vérité“ a dit Picasso.

Cette démarche particulière ne cherche pas à représenter ou restituer
un moment ou un lieu précis, mais donne à voir une interprétation
faite de vérités. Elle en invente d’autres, questionne le vrai et le
faux, le fixe et le mouvant, le permanent et l’impermanent, le
changement et l‘identité et nous amène à faire un va et vient entre
ces perspectives.

J‘aimerais donner à voir des climats, des tonalités de lieux, de
durées. Car il est question de temps ici encore, mais au sens du
temps qu’il fait. Est ce un temps d’angoisse, de rêve? De nostalgie
ou de mélancolie? Est il possible d’opérer tous ces bouleversements
plastiques en débouchant cependant sur une certaine beauté, une
poésie?

Ces questions font également partie de ma recherche. Ce
serait alors comme si l’on se trouvait dans la beauté d’un monde
autre, en un voyage ou un ailleurs N’est-ce pas ainsi que les
paysages de nos rêves se présentent? Cela est possible, croyons-nous,
mais en même temps cela n’est pas réel. Ceci est là, présent mais
pourrait disparaître, nous fuit- reste insaisissable- et nous étreint.

Partager

Facebook icon
Twitter icon
Google icon