Éthiopiques : Les aficionados du genre auront été servis!

Catégories:

Le français Francis Falceto, spécialiste de la musique éthiopienne, a récemment produit sous l’étiquette française Buda une compilation d’albums en 23 volumes se voulant un hommage au jazz éthiopien, principalement de 1969 à 1978, son âge d’or. Le Festival d’été a profité du succès remporté par cette série d’albums pour nous proposer – à forte raison – deux de ses figures imposantes en Alèmayèh Eshèté (le James Brown de l’Éthiopie) et Mahmoud Ahmed, le chef de file de l’éthio-jazz avec Mulatu Astatke. Pour les mélomanes de Québec et d’ailleurs, le concert Éthiopiques forçait le détour. Le Badume’s Band, une formation bretonne composée de huit musiciens, était venue appuyer les deux légendes africaines pour ce concert donné à la Place d’Youville hier soir.

Si cette musique déchaine actuellement les passions dans le monde, décidément, à Québec, il en est tout autrement. En effet, c’est devant une foule clairsemée et circonspecte jusqu'à l’impassibilité que s’est présenté Alèmayèh Eshèté, vêtu d’un chic complet, sensiblement comme le faisait son défunt homologue américain. Le chanteur africain a livré une performance scénique tout en retenue, laissant la puissante section de cuivre nous abandonner aux rythmes dansants africains.

Lorsqu’au moment attendu Mahmoud Ahmed a fait son apparition sur scène nourri par un feu d’applaudissements venu de quelques milliers d’aficionados du genre, une bonne partie de l’assistance avait déjà quitté l’endroit. C’est bien dommage, car le génie de la musique africaine a offert une prestation fidèle à son habitude – nous l’avions également vu sur la même scène en 2007 – : puissante, chaleureuse, humble et magique.

La musique du monde gagne de plus en plus en popularité qu’on se le dise. Dans un contexte d’ouverture sur le monde que propose cette mondialisation des marchés, il est tout de même surprenant de constater à quel point, cette même ouverture n’a pas son pendant pour la musique world à Québec. Le groove de la Corne d’ Afrique, né dans les années 1960 dans les bars et hôtels d’Addis-Abeba, voit sa popularité grandissante envahir tous les genres musicaux qui se la réapproprient. Souhaitons qu’à Québec il en soit ainsi et que cette nostalgie presque pathologique pour le rock d'antan finisse un jour par mourir de sa belle mort…

Ce soir, nous irons…

...au Resto-club le Largo sur la rue Saint-Joseph pour découvrir le jazz du Trio Chet Doxas avec Benoît Charest dont on nous dit du grand bien.

Michaël Lachance, collaborateur à Québec pour patwhite.com (lachance.michael@videotron.ca)

Partager

Facebook icon
Twitter icon
Google icon