Espace Go: la condition humaine- mordre dans la vie.

Catégories:

Depuis la salle de répétition, avait lieu le dévoilement de la programmation 2008-2009 de l’Espace Go. Une belle saison en perspective pour ce théâtre qui se donne le mandat de promouvoir la dramaturgie comme « passion pour le monde d’aujourd’hui ». On y portera toutefois à la scène un classiques revisité de Beckett et une adaptation d’un roman de Faulkner.

« Dans la continuité des partenariats » et avec sa raison d’être initiale qui associe l’Espace Go à une prise de parole qui a alimenté et s’est alimentée de la mouvance féministe, l’héritage aujourd’hui dans la diversité est resté le signe d’une fidélité écrite dès lors à plusieurs : au delà du premier et du seul féminisme. Aussi, les passions qui suivirent ne nous ont jamais questionnés après coup au détriment de l’urgence de la condition humaine qui les suscite.

Politique et créativité sont indissociables et nous font vite comprendre que tout est politique. L’art ne fait pas de programme. Bien que le sens que l’on accorde usuellement au mot « politique » ne puisse être vidé ou déplacé dans ses intentions que par l’art qu’on y met.

L’histoire à l’échelle d’une vie qui est la nôtre et qu’on se présente comme étant la fin de l’Histoire plus généralement fait en sorte qu’il nous est plus difficile- voire dorénavant contraire- de concevoir que les destins individuels et les troubles du désir dès lors infini puissent être assimilés à la seule réalité du discours social.

On assiste peut-être à un renversement où l’individu emporté par le révélateur de l’imaginaire intime et collectif revient toujours au monde à lui-même comme à un autre dans le voisinage de ses semblables pour « trouver une force à sa propre errance ». L’incise ici est de Claude Poissant qui a fait une intervention des plus justes, nous partageant l’intimité de cette idée parallèle propice à la découverte comme au dialogue.

Il ne faut pas s’étonner, les héroïnes de cette saison sont des rebelles, des résistantes. Il y a aussi des résistants… « À contre-courant de ce que l’on pourrait croire, que nous vivons dans un monde qui nous dépasse » nous dit Ginette Noiseux, directrice générale, la programmation de cette saison fera démentir l’adage.

Donc, pour commencer : « Oh les beau jours » de Beckett du 9 sept. Au 11 oct. André Brassard de retour à la mise en scène après maladie fera « travailler » Andrée Lachapelle la considérant à l’instar de Tremblay « comme un cadeau à l’humanité souffrante ». Roger Larue lui donnera la réplique. « Le complexe de Thénardier » de José Pliya du 20 jan. au 14 fév. avec Christiane Pasquier et Muriel Legrand. Mise en scène : Denis Marleau. « Les pieds des anges » d’Evelyne de la Chenelière du 31 mars au 25 avr. avec Sophie Cadieux, Enrica Boucher, Myreille Deyglun, Diane Lavallée, Hubert Proulx, André Robitaille, Isabelle Roy, Mani Soleymanlou, Erwin Weche. Mise en scène : Alice Ronfard.

Spectacles en accueil : « Ceux que l’on porte » d’Andrew Dainoff du 14 oct au 8 nov. Mise en scène : Vincent-Guillaume Otis. « Le bruit et la fureur » de William Faulkner du 28 oct. au 22 nov. Mise en scène : Luce Pelletier. « La complainte de Dulcinée » de Dulcinée Longfelder du 4 au 14 déc. Mise en scène : Alice Ronfard. « La grande machinerie du monde » de Patrice Dubois du 24 fév. au 21 mars. Mise en scène : Patrice Dubois. « Mycologie » de Stéphane Crête du 5 au 23 mai. Mise en scène : Stéphane Crête.

Accueil étranger : « Le petit chaperon rouge » de Joël Pommerat les 17 et 18 nov. Mise en scène : Joël Pommerat. « Cet enfant » de Joël Pommerat du 26 au 29 nov.

Événement-bénéfice : « Les vrais de vrais adieux de Clémence » de Clémence Desrochers en solo le 16 décembre.

Collaboration spéciale
J.-S.BOISVERT
jsboisvert@hotmail.com

Partager

Facebook icon
Twitter icon
Instagram icon