Entrevue avec Pierre Vallières (1990)

Entrevue avec Pierre Valières (1990)

PV Aujourd'hui, un événement identifiable, je ne pourrais pas le dire. Evidemment, si on regarde ce qui se passe présentement en Europe de l'Est, c'est un genre de révolution là-bas qui ressemble à la Révolution tranquille (RT). Par exemple, en Hongrie et en Pologne, le Parti Communiste disparait à la même vitesse que l'Eglise a disparu ici dans les années 1960, vraiment à une vitesse affolante. Parce que c'est mûr, les mentalités avaient déjà changé mais les institutions n'avaient pas avalisé ce changement là, n'avaient pas compris, n'avaient pas vu. Ce qui était devenu des institutions de carton-pâte: ça tombait, ça a tombé! Si on peut faire un parralèle contemporain, ce serait celui-là que je ferais. La RT a été étudiée dans beaucoup de régions du monde y compris par les Chinois qui ont fait beaucoup d'enquête sur le Qc. Parce que ça été une mutation socio-culturelle d'une ampleur considérable, qui a touché à tous les aspects de la société et de la vie des Québécois sans violence ou à peu près, sans bain de sang, sans coup de force. C'est assez unique dans l'histoire, c'était assez unique à ce moment là. Maintenant, ce qui se passe à l'Est démontre que ça peut se faire ailleurs aussi . C'est pour ça que c'est étudié et que ça va continuer d'être étudié.

Campagne électorale?

Non, parce que l'intérêt pour la RT a commencé avant la dernière campagne électorale. C'est une question d'anniversaire, par exemple ça été le cinquantennaire de la Deuxième Guerre Mondiale, tout le monde s'est intéressé à la deuxième Guerre. En Europe, il s'est publié je ne sais comment de douzaine de livres. C'est le 200 e anniversaire de la Révolution Française, la même chose. Quand ça va faire 50 ans que la RT va avoir eu lieu, les gens vont s'y intéresser encore. Les gens s'appercoivent aussi et je pense qu'ils prennent peut être cosncience pour la 1ère fois de la durée de certains des changements qui ont eu lieu, par exemple la Caisse de Dépôt: au plan économique, la formation de la Caisse il y a 25 ans cette année. On voyait pas à l'époque, l'ampleur que cette institution aurait dans le futur. Puis au jourd'hui, c'est le noyau dur de la nouvelle économie québécoise francophone. On commence à réaliser ça. On réalise aussi que dans le système de la santé, dont les premières réformes sont faites au début des années 60 (ça c'est échelonné au moins sur 10 ans les réformes). C'est quelque chose d'unique en Amérique, puis qu'on peut peut être perdre cet acquis là avec le rapprochement plus étroit avec les E-U. Les gens le voient plus. Il y a aussi chez les jeunes, qui sont nés après la RT, une espèce de volonté de comprendre d'ù ils viennent: eux ils viennent de la RT. Ma génération ne vient pas de la RT, on est venu avant. On l'a fait la RT. Vous, vous êtes un produit del a RT, c'est important pour vous de comprendre qu'est ce qu'était cette affaire là.

C'est un sujet qui a sa place parce que tout n'est pas fini, la RT n'est pas fini à mon point de vue. Elle n'est pas finie au chapitre de l'identité nationale; au chapitre économique par contre je pense que les artisans de la RT ont gagné leur pari qui était de créer une petite bourgeoisie capitaliste, avec un capital québécois autonome (pas dépendant de l'Ontario ou des E-U). C'est assez réussi si on regarde Bombardier, Québécor et tout ça. Mais au plan de l'identité nationale, au plan politique la RT n'a pas réussi. Il ne faut pas oublier que les revendications minimales de la RT au plan de la question nationale était les Etats associés. On est loin en tabarnak des Etats associés. On est loin de l'objectif de l'objectif minimal d'un Etat associé jusqu'à l'indépendance complète. A l'époque, il n'y avait personne que revendiquait le statu quo, ni le fédéralisme renouvelé: il y avait seulement quelques vieilles barbes dans les années 1960, qui revendiquaient ça. Ce qu'on a maintenant, c'est le statu quo renforcé, au plan constitutionnel, c'est pour ça que ça va peut être sauter, cette camisole de force là. Ce qui fait que cet aspect de la RT risque de se réaliser dans les années 1990.

Qualité vs quantité?

PV Du côté plus. Je pense que la mutation culturelle est quelque chose d'extraordinaire. Vraiment, la culture québécoise a pris naissance dans la RT, avant il n'y avait pas grand chose: il y avait seulement une petite avant garde. Comme phénomène collectif, ça a pris naissance et il s'est développé une espèce de convivialité québécoise. Les Québécois sont réputés pour être assez réceptifs aux autres aussi et assez acceuillant pour bien du monde. Ils aiment jaser, il y a une vie culturelle qui est très bonne au Qc et qui est exceptionnelle en Amérique du Nord. Montréal est une des villes nord-américaine les moins violente.

Par contre, l'enrichissement de la petite bourgeoisie s'est faite en coupure, en rupture avec les travailleurs ordinaires et es sans-emploi alors que dans les années 1960 on avait un discours social progressiste, parce que socialiste. Tout ce monde qui avait ce discours là se sont installés dans les nouvelles structures, les nouvelles institutions créées par l'Etat surtout et par l'entreprise privée aussi: ils se sont bien engraissés. Ils sont aller vivre en banlieue et ils ont laissé derrière eux tous les autres quise sont accrus entretemps. Il y a sûrement trois fois plus de pauvreté en 1990 qu'il en avait en 1960, quand a été déclenché la RT. Il y a beaucoup plus de chômage, ça les statistiques le montre et il y a beaucoup de misère sociale et la classe progressiste de la RT a développé depuis une quinzaine d'années un égocentrisme social à toute épreuve qui a même annexé le syndicalisme à ses revendications (dans la fonction publique). Je trouve que c'est le point noir de la RT, même que je trouve ça bien scandaleux. Par exemple, dans ma génération, les gens qui militent encore avec les groupes populaires, tu les comptes sur les doigts d'une seule main. Je trouve ça bien triste. C'est comme s'il y avait eu un lâchage. Les jeunes reprochent à leurs parents de les avoir lâchés mais ce n'est pas juste les jeunes que les parents ont lâché, ils ont lâché aussi les analphabètes, les femmes seules, les gens appauvris un peu partout.

Jeté le bébé avec l'eau du bain?

PV Non, quand on disait ça, on disait qu'en mettant l'Eglise dehors, on avait jetté le bébé avec l'eau du bain. Je veux dire que comme dans beaucoup de pays africains par exemple ou du Tiers-Monde qui ont fait leur indépendance, le changement politique et social a servi uniquement une minorité. Au Qc, ça s'est vérifié aussi: ça a servi à enrichir une minorité. Cette minorité là, au pouvoir maintenant, a mis de côté la masse des gens. Je pense que c'est ça d'ailleurs qui rend si volatile l'appui au PQ. C'est que les gens ne sont pas sûrs qu'ils ne se feront pas fourrés par le PQ, pas au plan politique, mais au plan social. Quand on sait que le PQ a initié la réforme de l'aide sociale, qui est dirigée contre les assistés sociaux, qui a voté aussi la loi 37 qui est presqu'une négation du droit de grève dans les faits. Les gens sont assez hésitants. J'ai toujours revendiqué le changement pour que ça libère les gens qui sont esclaves du système. Mais dans le mouvement indépendantiste, dans le mouvement de la RT, il y a beaucoup de gens qui ont parlé beaucoup plus de liberté personnelle, en terme de niveau de vie, de statut social, qu'en terme de libération collective. Je pense que la libération collective n'est pas faite et que même si le Qc se libérait politiquement, accédait à l'indépendance ou à une forme d'indépendance ou à une plus grande autonomie, la libération ne se ferait pas automatiquement. La RT n'a pas été un mouvement de libération dans ce sens là. Ca été juste un mouvement partiel de libération.

Ton rôle à toi

PV Je l'ai vécu en me radicalisant pas mal vite, d'abord j'étais journaliste au début, à la fois collaborateur dans des revues politiques et aussi dans le journalisme professionnel, à La Presse. Puis dans les années 62à 65, là je me suis radicalisé à toute vitesse et puis comme j'étais plus révolutionnaire qu'autre chose, j'ai adhéré au FLQ dans une perspective tiers-mondiste, c-à-d en essayant de me solidariser à la lutte des gens d'ici, des gens les plus malpris, avec celle des peuples opprimés, puis avec celle des Noirs aux Etats-Unis, en espérant la formation d'un espèce de front commun des Nègres,blancs, jaunes ou noirs, des deux Amériques. Ca c'était mon espoir mais évidemmen il n'y avait pas grand monde qui partageait ce discours là et qui agissait dans cette ligne là. J'ai agi aussi pas mal par l'écriture, comme l'apparation de Nègres Blancs d'Amérique dans les années 1960 qui a fait quand même l'effet d'une petite bombe. Et ça a fait réfléchir beaucoup de monde et ça a fait prendre conscience à bien des gens. Mais la lutte pour la libération est souvent plus longue qu'on pense. Mon rôle dans les années 1960 était le même qu'aujourd'hui: mon rôle n'est pas changé puisque le changement n'est pas fait encore, le changement que moi j'espère n'est pas fait.

Au début, j'étais à Cité Libre, mais en me radicalisant, ils m'ont foutu dehors. J'étais directeur de Cité Libre, je travaillais au début avec Pelletier et Trudeau. Je les ai traités de "plorhènes". et puis après ça été Parti Pris et Révolution Québécoise, et après le FLQ. En 1970, les revues étaient toutes à terre, toutes fermées, toutes finies. Ce sont des revues qui n'ont pas duré longtemps parce que la majorité des animateurs des revues sont devenus professeurs d'université, haut-fonctionnaires, certains sont devenus députés ou ministres et ils n'avaient plus de temps à consacrer au militantisme. Le militantisme est resté un phénomène de jeunesse. Ils disent pas aujourd'hui une erreur de jeunesse. Peut être est-ce qu'ils sont devenus plus adultes et avec leurs charges de famille, ils ont abandonné. Il y a eu des alertes à la bombe dans le milieu social en rapport avec certaines grèves, à Dominion Textile, dans des usines de chaussures aussi. Puis j'ai été arrêté en 1966, alors j'ai fait de la prison jusqu'en 1970. Là, je me défendais moi-même, alors j'agissais et puis j'ai été libéré avant la crise d'octobre, réembarqué lors des mesures de guerre parce que j'étais sur la liste des 500, des 500 grands suspects et j'étais même le premier sur la liste. Là ils m'ont accusé avec Michel Chartrand et d'autres d'avoir comploté pour renverser le gouvernement canadien. Les accusations ont été ensuite retirées mais j'ai été quand même un prisonnier politique pendant près de 5 ans en tout et partout. Je trouve que j'ai agi pas mal: les procès avaient pas mal d'impact, je me suis battu peu importe le terrain. Après la crise d'octobre, là il était clair que le FLQ avait été infiltré d'une part, que d'autre part il était manipulé par des forces fédérales contre le Qc et contre les mouvements sociaux en particulier et contre les mouvements syndicaux. J'ai écrit un livre pour qu'on cesse l'action et l'agitation armée, ce que d'autres appellent le terrorisme parce que c'était nuisible à la cause qu'on défendait. Le livre s'appelait "L'urgence de choisir" paru en 1971. Après ça, il y a eu une forme de démobilisation sociale consécutive à la crise d'octobre, il y a eu les grèves de 1972. Comme c'était un mouvement syndical qui a été cassé, il y a eu démobilisation, dans les années 1970. Je me suis intéressé beaucoup à ce moment là aux nouveaux mouvements sociaux, en particulier les luttes des femmes et puis les luttes écologistes déjà à ce moment là. J'ai regradé aussi les nouvelles formes de militantisme. Jusqu'aux années 1970, être militant c'était comme entre en religion. Tu n'avais plus de vie privée, tu ne prenais pas soin du tout de la qualité de ta propre vie et de la qualité de la vie avec ceux et celles avec qui tu travaillais ou militais. Le mouvement féministe a introduit une nouvelle problématique dans le militantisme: c'est que selon les féministes on ne pouvait changer la société si on n'était pas capable de changer nos rapports interpersonnels entre gars, et entre gars et filles. C'était illusoire: la domination , on l'exercait nous-mêmes dans nos rapports quotidiens. Il fallait changer ça. Les années 1970 ont été dominé beaucoup pour moi par ce questionnement là. Dans les années 1980, je suis revenu à un militantisme plus terre à terre auprès des groupes populaires. J'étais impliqué dans des groupes de citoyens dans le centre-sud de Montréal, dans Hochelaga-Maisonneuve, Pointe Saint-Charles, des mouvements qui s'intéreressent aux personnes psychiatrisées. C'est qu'elle que chose qui m'interpelle beaucoup. Les mouvements de femmes, de libération sexuelle. Mon principal désir serait de faire partager cette idée là à d'autres, c'est la reconstitution je crois des comités de citoyens à partir desquels les gens apprennent à être autonomes économiquement, politiquement, socialement et avec un caractère non partisan. Ici, les comités de citoyens ont été récupérés par le RCM, le RCM se fout royalement des luttes populaires, il va arriver la même chose avec Jean-Paul L'Allier (rire) mais les groupes de citoyens ont tendance à se dissoudre.

PV Dans le contexte de la crise économique, de la récession, donc de l'appauvrissement accrue et croissant. Il y avait beaucoup de gens autour de moi, moi-même j'ai un statut précaire depuis le début des années 1980. Je suis à la pige depuis 10 ans alors je sais ce qu'est la précarité et la morosité: il y a eu toute un vague de morosité politique qui a été assez pénible merci de 1981 jusqu'à tout récemment. Là c'est vraiment disparu la morosité. C'était de dur de vivre ça à Montréal puisque c'est une ville en plein déclin, tout le centre de la ville est une immense poche de pauvreté. Il n'y a plus d'industries et plus grand chose à part beaucoup de pauvres, d'itinérants, de malades et de personnes âgées. Ca a frappé de plein fouet avec la récession de 1981. Dès fois, dans la même semaine, il y aait 3 ou 4 personnes autour de toi qui perdaient leur emploi d'un coup sec. Je trouve ça plus dynamisant actuellement, je sens qu'il y a du mouvement, je ne sais pas où ça va aller mais il y a quelque chose qui s'est mis en mouvement.

Je n'ai aucun regret a avoir été radical. Pas du tout. Au contraire, je tiens à continuer à l'être avec la hache s'il faut, encore. Tant que je vais vivre, ça va être ça. Je suis vraiment convaincu de mon choix. Le même choix il y a 30 ans , qu'aujourd'hui.

Gouvernement actuel

PV Je trouve que l'accord du lac Meech est un leurre, je l'ai dénoncé une couple de fois par des petits textes. Ca n efait que reconnaître du bout des lèvres, que nous sommes une société différente. En même temps achète à peu de frais l'adhésion du Qc à la Consitution de 1981 (sic) et lui impose pratiquement le bilinguisme d'autorité. Ce qui est considéré comme fondamental dans l'accord du lac Meech, ce sont les deux langues officielles et le multiculturalisme et non pas l'article de la société distincte. Je trouve que Bourassa est déjà allé beaucoup trop loin en signant cet accord là, on ne peut pas se mettre plus à genou que ça, c'est vraiment être à genoux complètement. Je trouve ça un peu humiliantt qu'un gouvernement du Qc aille si loin pour réintégrer le Canada, pour un chiffon de papier en fait. La constitution canadienne ne convient en rien aux revendications des 30 dernières années au plan politique. Je suis bien content que le Canada anglais trouve que c'est trop. Je pense bien que ce ne sera pas ratifié. Par contre, je suis surpris de constater que les esprits n'ont pas changé au Canada anglais, je pensais jamais qu'il y avait un tel immobilisme culturel et politique. Ca me dépasse. Ca va peut être ça le déclencheur qui manquait aux Québécois parce que les gens bien ordinaires prennent conscience tout à coup d'être méprisé. Ils en prennent conscience via les médias. Ca va peut être enclencher un processus irréversible de séparation. Je pense que c'est dans l'ordre des probabilités. Par contre, comment "dealer" cette émancipation là , du système politique canadien , avec l'intégration aux E-U. Ca va être le vrai défi des années qui viennent. La souveraineté à la Parizeau, c'est un peu ça: s'émanciper d'Ottawa à travers l'intégration aux E-U . A l'intégration économique qui est de plus en plus grande va sûrement succéder une intégration politique. C'est dans l'ordre des choses. Il va faloir négocier l'autonomie culturelle du Qc avec les E-U éventuellement. Qu'on se sépare ou non du système fédéral canadien. Le défi majeur: Y a t-il un moyen en Amérique du Nord d'avoir une diversité linguistique et culturelle. Les Américains ont toujours pensé que la diversité linguistique était impossible. Là on va peut être avoir des alliés qu'on ne prévoyait pas, i.e. les hispanophones aux E-U qui commencent à revendiquer beaucoup au plan linguistique eux aussi. Les Noirs parlent anglais mais les hispanophones revendiquent de plus en plus l'égalité de la langue espagnole. Ca pourrait nous aider à revendiquer l'égalité du français par rapport à l'anglais.

Un gouvernement qui ne fait que gérer est un gouvernement qui n'a aucun leadership, ni à Qc ni à Ottawa. Ils gèrent mal en plus de ça: ils ne savent où ils s'en vont. Il n'y a aucune planification. C'est vraiment aberant. Je pense qu'on serait mieux géré par des dirigeants d'entreprises. Je pense que la machine bureaucratique aussi, fédérale et provinciale, est devenue aussi paralysante que celle des pays de l'Est. Ce qui frappe beaucoup de fonctionnaires c'est que si dans un ministère quelqu'un prenait une décision, c'était annulé par un autre fonctionnnaire dans un autre ministère qui n'était pas d'accord avec cette décision là parce que ça ne venait pas de lui. Et ainsi de suite dans des divisions de ministère. Le processus de décision est infiniment long, indépendemment de l'urgence des situations. Dans le cas de St-Basile le Grand. C'était effrayant, c'était le télescopage permanent entre fonctionnaires. C'est devenu une machine complètement inefficace, qui coûte énormément cher, qui avale tout parce que c'est son déficit qu'on fait payer aux gens les plus pauvres dans la réforme de l'aide sociale et celle de l'assurance-chômage. Siphonnage d ela richesse nationale au profit d'une petite classe comme dans les pays de l'ESt. Il va falloir casser cette machine là pour avoir une gestion politique qui ait du sens, pour avoir un projet de société. On ne peut plus avoir de projet de société.

Un gouvernement, pour être utile, doit exercer un leadership social et devrait gérer dans l'intérêt public et non pas dans l'intérèt de certaines entreprises et des milieux de la finance et dans l'intérêt de sa fonction publique et aussi en privilégiant les gens les plus malpris et non pas leur taper dessus comme il fait maintenant, c'est un gouvernement anti-social qu'on a maintenant. Les deux sont aussi conservateurs l'un que l'autre. Ils se font concurrence, le projet de réforme fédéral de l'ass. chômage est calqué sur le projet provincial d'aide sociale. Tous ces beaux projets de loi sont contactés par des fonctionnaires issus de la RT , qui ont profité en tabarnak de la richesse collective, et qui se l'accapare dans leur seul intérêt et pour le seul plaisir de gouvener. On multiplie les réglements à tel point qu'il n'y a plus un avocat sensé qui peut savoir ce qui existe comme réglement. C'est hyper réglementé comme société, ce n'est pas une société démocratique, j'appelle ça une société bureaucratique qui se dirige vers une forme de totalitarisme, non militaire tout aussi efficae qu'une dictature militaire. Nos ministres sont aussi cons que les colonels du Chili ou de Grèce: faut pas se faire d'illusions. Les dirigeants ne sont pas les gens les plus compétents qui existent dans la société actuellement. C'est à peu près les plus imbéciles. Là on a mis un dénommé Côté en charge du ministère des Affaires sociales et de la Santé . Je te dis que ça donne une idée de l'importance que Bourassa accorde à la santé publique. Mettre un con comme ça porte-parole d'un ministère. Paradis à l'Environnement, lui-même qui a subventionné dan son propre comté des opérations purement anti-écologiques comme des drainages illégaux. Ca n'a pas de sens. Cette génération là qui est au pouvoir a fait son temps comme Léonid Brejnev vait fait son temps aussi en URSS. Je pense que dans la population ,il commence à y avoir un ras le bol important qui se manifeste de plusieurs façons (mécontement, Québécois francophones qui partent aux E-U, en Amérique du Sud, dans les Antilles ou en Europe, beaucoup de chercheurs et de spécialistes qui s'en vont). Les infirmières est un autre cas invivable de profession, le système de santé est intenable pour eux de la manière dont il est opéré. Ils sont bien mieux traités en Suisse, ou dans un hôpital américain, ou à Vancouver qu'ici. Je souhaite que ce mécontentement s'exprime politiquement.

Horizon nouveau

Je ne vois pas de forces politiques nouvelles parce qu'il n'y a rien à la base: les comités de citoyens sont démembrés, le mouvement populaire est émietté. Il n'y a pas de mouvement social, en n'ayant pas de mouvement social, il ne peut pas y avoir de force politique. Ca ne naît pas d'en haut, ça naît d'en bas. La RT, c'était une société qui bouge, comme la Hongrie qui actuellement est une société qui bouge, tout comme la Pologne, la Roumanie. Le Québec ne bouge pas actuellement, s'il se met à bouger, il va engendrer des forces politiques nouvelles . La tentation des gens de gauche, des gens qui veulent changer des choses c'est de créer des chapeaux , mais il n'y a rien en dessous. Dans les années 1950, il y avait le PLQ qui était très à gauche mais il n'y avait pas de mouvement social.: il n'a jamais pu s'imposer. Quand le mouvement social s'est enclenché, il est arrivé au pouvoir en formant une nouvelle coalition d'ailleurs, comme le PQ aussi. C'est une société qui est peut être en attente ou en transition ou en vieillisement.

Avenir

Je sens que le creux achève. Je pense que ça va se remettre en mouvement. Combien de temps ça va prendre pour susciter des forces politiques nouvelles, je ne pourrais pas te le dire. Mais il y a trop d'urgence pour qu'il n' y ait pas de mouvement social

1)urgence de la pauvreté face à l'économie
2)l'urgence écologique: on ne peut pas bâtir une société, une vie sur un dépotoir bourré de produits toxiques. Montréal est batti là-dessus. et la plupart des villes aussi.

L'écosystème a atteint certaines limites d'endurance. Ces deux urgences vont faire bouger le Qc mais il y a une troisième urgence que j'identifierais: c'est la montée au Nord , du Sud. Les gens du Tiers Monde qui envahissent le Nord et qui vont continuer à l'envahir de plus en plus nombreux. Ils vont chambranler beaucoup de certitudes et vont en faire tomber pas mal d'autres. On ne pourra plus définir l'avenir du Qc entre francophones de souche française uniquement, et de tradition catholique. Ca va être des Québécois de tous horizons, de beaucoup d'horizons différents qui vont être apeller à définir un type de société. Donc le nationalisme lui-même va changer de couleur, ce ne sera plus la même chose: on ne vivra plus la RT. Ca c'est beau, on peut l'étudier maintenant car on ne revivra plus ça. On va vivre le passage à une société plus adulte et ausi qui fait face à des défis pas mal plus considérables, des défis qu'on partage avec toutes les autes sociétés. La solidarité internationale va gagner en importance pour tout le monde. La dépollution du saint-Laurent,ça ne peut pas se solutionnner à Québec. Les pluies acides non plus, les nuages radioactifs non plus. Si il y a une bome qui explose à Plattsburgh, la frontière n'a plus de sens dans une question écologique de cette urgence, de cette ampleur là.

Message

PV La vie pour moi est une libération, c'est un processus de libération. Mais on ne se libère pas soi-même, seul, tant que quelqu'un dans son entourage est pas libre. La classe dirigeante au Québec et la classe moyenne aussi ne se libérera pas en laissant derrière elle la masse des pauvres. On ne se libère pas sur le dos de quelqu'un. On se libère avec tout le monde ou bien on ne se libère pas du tout. La priorité (renversée): il faut aller vers les personnes qui sont à terre présentement et non aux entreprises. Par exemple, les finances publiques via la Caisse de dépôt encourage surtout la pénétration de certains entrepreneurs québécois sur le marché nord-américain. Il y en a beaucoup de richesse qui passe par là et une autre bonne partie qui sert à financer une bureaucratie étatique inefficace socialement et politiquement.

@ copyright. Patrick White

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